Citation du jour :
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
Ferdinando Camon est un écrivain italien qui se définit lui-même comme un "écrivain du prolétariat". Il se
propose ici de faire le récit de son analyse qui a duré sept ans. Mais il ne s'agit pas vraiment de son analyse, mais d' une analyse. Le récit
n'est pas vraiment linéaire mais découpé en séquences : la souffrance ou plus exactement les symptômes physiques qui révèlent une maladie psychique, les premières tentatives de thérapie avec des
psy aux méthodes parfois complètement surréalistes, le choix enfin d'un analyste, celui avec lequel va se nouer cette relation très particulière qui est la trame
essentielle de l'analyse, celle qui va porter tous les motifs du travail analytique. Début
d'analyse, analyse de rêves, fin d'analyse, séparation d'avec le psy, guérison ?Histoires de psychothérapie.
Décidément, je n’arrive plus à me passer de ce bon
Docteur Yalom, dont j’aime vraiment l’écriture, qui rend accessible à tous le concept de psychothérapie, ce qui nous change agréablement du jargon habituel des psy. Après avoir lu deux de ses romans, je me suis attaquée cette fois-ci à un ouvrage d’un autre genre puisqu’il
s’agit de récits de psychothérapies.
Irvin Yalom présente ici dix patients qu’il a eu à traiter. Mais bien au-delà de cas pathologiques, ces dix récits racontent dix histoires d’êtres humains qui
souffrent, qui ont à affronter un deuil, un échec, une maladie, une angoisse, un vide existentiel. Donc chacun d’entre nous peut s’y reconnaître et y découvrir une clé pour comprendre pourquoi
les relations humaines sont parfois si compliquées, pourquoi nos réactions sont parfois si irrationnelles, comment ce que nous taisons nous empoisonne souvent la vie…
Il nous montre aussi que le psychothérapeute ne sait pas tout, n’est pas tout puissant, n’est pas infaillible et que son métier est un perpétuel apprentissage, un
thème qui était déjà très marqué dans ses deux romans. J’ai beaucoup aimé la façon dont il montre que chaque patient aide le psychothérapeute à apprendre quelque chose sur lui-même, de même que
nous grandissons à travers les liens que nous nouons avec autrui.
Il y a beaucoup d’espoir dans ce livre parce ces dix personnes finissent toujours par trouver la clé pour sortir de leur mal-être, et dans certains cas le changement
paraît presque miraculeux…
Je l’ai lu comme un roman parce que ce livre contient tous les ingrédients d’une bonne histoire : émotion, suspense, aventure (intérieure mais aventure quand
même) et amour. Je le conseille à tous ceux qui veulent savoir à quoi sert une psychothérapie.
Traduit de l’américain par Anne Damour.
Galaade Editions, 2005. – 300 p.
Edouard Zarifian, psychanalyste, professeur émérite de psychiatrie et de psychologie médicale à l’université de Caen, vient de mourir à l'âge de soixante-cinq ans. Il avait notamment publié Les jardiniers de la folie, Des paradis plein la tête et La force de guérir. C'est l'occasion pour moi de vous parler de son dernier ouvrage.
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