The slap - Christos Tsiolkas

Publié le par Papillon

 

tsiolkas

 

Par une belle journée d'été, Hector et Aisha reçoivent famille, collègues et amis autour de l'un de ces barbecues chers aux Australiens, une réunion à l'image du pays : décontractée, multiculturelle et multiethnique. Mais un incident désagréable se produit : un enfant de trois ans, très indisciplinée, à l'origine d'un incident violent, est giflé par un adulte. Cet incident va prendre des proportions complètement démesurées : les parents portent plainte et assignent le coupable en justice. Famille et amis se divisent en deux camps : ceux qui soutiennent celui qui est devenu "l'agresseur" et ceux qui défendent "la victime".

 

Deux choses m'ont dérangée dans ce roman. D'abord, la vulgarité du texte. Pas besoin de statistiques élaborées pour vous dire que le mot le plus employé est "fuck", conjugué à tous les temps. D'autre part, j'ai eu du mal à adhérer au postulat de départ : qu'un incident aussi banal qu'une gifle puisse avoir de telles conséquences. J'ai d'ailleurs été très amusée de constater qu'Anouk, la working girl sans enfant avait exactement la même opinion que moi sur la question...

 

Il y a quand même des élèments intéressants dans ce bouquin, ne serait-ce que la construction, puisque l'auteur fait raconter l'histoire successivement par plusieurs des participants à ce funeste barbecue : mères et pères de famille, adolescents et vieillard. Et on découvre que chacun réagit à l'incident en fonction de son propre vécu. Certes, l'auteur ne nous épargne aucune des poncifs sur les crises qui jalonnent nos vies : crise d'adolescence, crise de la maternité, crise du couple, crise de la quarantaine, crise de la vieillesse. Mais il nous dévoile aussi, et très crûment, la crise de la société australienne, société surprotégée qui s'étourdit dans l'alcool, la drogue ou devant la télé, une société dont le melting pot se révèle contenir un bouillon amer de racisme, de sexisme et de frustrations diverses. Car le noeud de l'affaire, au fond, n'est rien d'autre que la rancoeur du pauvre raté envers le nouveau riche arrogant.


Tuskar Rock Press, 2010. 483 p.


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chiffonnette 24/05/2011 19:51



Et il est problable que ce qui va pour l'Australie va pour ailleurs... Hop, surligné!



Papillon 24/05/2011 21:16



J'ai été très surprise par la présence de la drogue partout dans ce roman, mais on me dit que c'est pareil ici (je ne suis jamais au courant de rien, moi !)



keisha 07/05/2011 07:01



A feuilleter, ça a l'air assez cru ou vulgaire, eh bien l'original aussi bien sûr. Bah, on peut s'en passer, et puis je crainsd'avoir du mal avec les sales gosses mal élevés (non qu'on soit
austorisé à leur donner des gifles, mais les parents ne devraient-ils pas éduquer leurs chers petits?)(comme je n'ai pas lu le livre, je suis sans doute hors sujet)(je pars)



Papillon 07/05/2011 14:42



Le gosse est mal élevé, mais innocent, mais les parents sont vraiment à baffer ! Je suis sûre que ceroman te ferait bouillir !!!



zarline 06/05/2011 12:49



Le battage médiatique m'avait intriguée mais plus je lis d'avis, plus je sens que ce livre n'est pas fait pour moi. Tu viens d'en remettre une couche.



Papillon 07/05/2011 14:41



Pas un indispensable, à mon avis !



clara 06/05/2011 08:35



Un abandon pour moi...



Papillon 07/05/2011 14:41



Oui, j'ai vu ton billet, ça m'a réconforté, j'avais l'impression que tout le monde avait adoré...



Joelle 06/05/2011 08:30



C'est un livre qui a souvent agacé quand on lit certains billets mais il me tente quand même vraiment beaucoup ! J'aime l'idée de voir comment un évènement peut être perçu et influer sur diverses
personnes et puis, voir une critique de la société australienne n'est pas si courant que ça ;) 



Papillon 07/05/2011 14:40



C'est le point le plus intéressant : le point de vue de tous les participants, ça oblige le lecteur à réfléchir et à revoir son propre avis.



Leiloona 06/05/2011 07:35



J'ai la traduction, et je me doutais bien que le texte original était plus salé que la verison française. Pas trop mon genre de livre d'habitude, et pourtant je l'ai terminé. 



Papillon 07/05/2011 14:38



J'ai eu beaucoup de mal à le finir pour ma part...



cathulu 06/05/2011 06:25



En français, la crudité ressort aussi mais la répétition dont tu parles ne m'a pas sauté aux yeux! par contre j'ai été très surprise quand a été mentionné lâge de la mère du slae gamin, je
croyais que c'était une gamine et elle est proche de la quarantaine!



Papillon 07/05/2011 14:38



Le français est peut-être plus riche en vocabulaire ?


Moi aussi, j'ai été très surprise par l'âge de la mère, une tête à claques de toute façon !