Qui suis-je ?

Citation du jour :


«  Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.  » 

 

Jack Kerouac, Sur la route.

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 00:01

 

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Romancier britannique,Tim Parks vit en Italie où il consacre sa vie à l'écriture, la traduction et l'enseignement. Vers la cinquantaine, il commence à souffrir de violentes douleurs dans le bas-ventre. Prostatite, prognostiquent les médecins. Commence alors le chemin de croix des analyses et examens plus ou moins humiliants, des hypothèses et diagnostics plus ou moins angoissants. Jusqu'à cette déclaration : "Si le Signor Tim n'avait pas de symptômes, je dirais à la lecture de ces radios, qu'il est en parfaite santé." Le problème est donc psychosomatique. C'est généralement ce qu'annonce la médecine quand votre cas dépasse ses compétences.

 

Voilà donc Tim Parks, qui a consacré sa vie au monde de l'esprit et à l'univers des mots, obligé de s'intéresser un peu à son corps, en le considérant autrement qu'un simple outil à maintenir en bon état de fonctionnement.

 

"Il est vrai que mon corps et moi n'étions pas les meilleurs amis du monde, ces temps-ci ; nous communiquions à peine, sinon par le biais de la souffrance."

 

Ce chemin, long et difficile va le mener à la guérison par la voie de la relaxation et de la méditation.

 

La première qualité de ce livre, c'est son humour, car l'auteur ne se départit jamais de son sens de l'autodérision, ni de son esprit critique, que ce soit pour évoquer ses souffrances ou ses pratiques méditatives, et les questions qu'elles suscitent. Mais ce qui m'a le plus plu dans ce récit, c'est la précision analytique avec laquelle Tim Parks étudie son propre cas, en tentant de le relier à son histoire personnelle et familiale autant qu'à ses références littéraire et historiques, de Thomas Hardy à Mussolini, en passant par Coleridge, Beckett ou Melville.

 

Alors, oui, il va retrouver la santé et la paix de l'esprit, par une voie qu'il était loin d'imaginer, mais il va aussi mener toute une réflexion sur le poids de la littérature et des mots dans sa vie, jusqu'à envisager de cesser d'écrire.

 

"Le fait est que, plus que toute autre chose, les mots semblent me détourner du moment présent. Je ne suis jamais vraiment là. Toujours à faire du boniment. J'ai le sentiment que beaucoup de ce qui ne va pas dans ma vie vient des mots."

 

Un récit d'une grande humilité et d'une belle lucidité, qui se lit comme un roman à suspense et nous révèle, de l'intérieur, ce qu'est la pratique de la méditation.

 

"Je n'avais pas conscience qu'il pouvait exister un travail mental difficile qui ne nécessite pas de mots, un travail pour lequel, au contraire, les mots pourraient se révéler un obstacle. Et cette histoire de relaxation - mais le terme paraissait plutôt inadapté à présent - était clairement un travail, en quelque sorte. Je devais peiner dessus. J'allais par gros temps. Sous ce ciel intérieur bas. Cela demandait des efforts, du savoir-faire, de la détermination."

 

 

Déjà lu par Cuné et Cathulu.


 

Traduit de l'anglais par Isabelle Reinharez.

Actes Sud, 2012. - 324 p.

Par Papillon - Publié dans : Essais / Documents - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
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Commentaires

Alors voilà, je l'ai précommandé. Vous avez la façon de le présenter qui m'incite à commander sur le champ! Votre blogue est certes pas très bon pour mon porte-feuilles! 

Commentaire n°1 posté par chantal b le 30/01/2012 à 01h34

Désolée pour votre portefeuille... J'espère vraiment que cette histoisre vous plaira !

Réponse de Papillon le 30/01/2012 à 21h23

Repéré chez Cuné, ce sera mon prochain achat

Commentaire n°2 posté par Aifelle le 30/01/2012 à 06h58

Je suis sûre qu'il va te plaire.

Réponse de Papillon le 30/01/2012 à 21h23

Aaaah je n'avais même pas réalisé avant ton billet qu'il ne s'agissait pas d'un roman... Tiens, cela m'intéresserait, finalement...

Commentaire n°3 posté par keisha le 30/01/2012 à 08h16

Franchement, ça se lit comme un roman, très bien écrit, très drôle et avec une forme de suspense qui m'a tenue en haleine jusqu'à la fin !

Réponse de Papillon le 30/01/2012 à 21h26

Une lecture pour moi !!!!!

Commentaire n°4 posté par clara le 30/01/2012 à 08h41

Je crois en effet qu'il faut que tu le lises !

Réponse de Papillon le 30/01/2012 à 21h26

je ne l'avais pas noté jusqu'ici... tu es très convaincante !

Commentaire n°5 posté par Theoma le 30/01/2012 à 13h15

J'ai beaucoup aimé !

Réponse de Papillon le 30/01/2012 à 21h26

ok je note, je vais commencer par le livre de Christophe andré et j'acheterai celui là aussi. Merci pour ces conseils sur la méditation, cela fait longtemps que j'ai envie de me lancer sans savoir par quel bout attraper les choses.

Commentaire n°6 posté par lucie le 31/01/2012 à 10h11

Celui de Christophe André est vraiment parfait pour débuter, surtout si tu écoutes le CD. Le celui-ci est plus un témoignage.

Réponse de Papillon le 31/01/2012 à 21h08

J'aime beaucoup cette réflexion sur les mots  ! Je trouve parfois que même écrire un blog nuit au bonheur de lire... Il va falloir faire l'intéressante en quelque sorte. Retrouver la simplicité du "juste écrit comme je le sens" devient un véritble travail sur soi-même tant il faut se dépouiller des tics et autres expresions toutes faites qui nous inondent.  

Commentaire n°7 posté par Annie le 06/02/2012 à 21h21

Moi qui suis incapable de méditer, ce devrait être une lecture qui me me serait utile :) Et puis, peut-être que je vais avoir l'occasion de voir l'auteur lors d'un salon début juin !

Commentaire n°8 posté par Joelle le 21/02/2012 à 14h31

Quoi de neuf ?

 

 

 

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