Le Printemps des Poètes 2016 /2

Publié le par Papillon

Aujourd'hui, un peu de Paul Eluard pour célébrer le 50e anniversaire de la collection Poésie de Gallimard.

 

La Parole

J'ai la beauté facile et c'est heureux.

Je glisse sur le toit des vents

Je glisse sur le toit des mers

Je suis devenue sentimentale

Je ne connais plus le conducteur

Je ne bouge plus soie sur les glaces

Je suis malade fleurs et cailloux

J'aime le plus chinois aux nues

J'aime la plus nue aux écarts d'oiseau

Je suis vieille mais ici je suis belle

Et l'ombre qui descend des fenêtres profondes

Épargne chaque soir le cœur noir de mes yeux

 

          

Bercée de chair frémissante pâture

Sur les rives du sang qui déchirent le jour

Le sang nocturne l'a chassée

Échevelée la gorge prise aux abus de l'orage

Victime abandonnée des ombres

Et des pas les plus doux et des désirs limpides

Son front ne sera plus le repos assuré

Ni ses yeux la faveur de rêver de sa voix

Ni ses mains les libératrices. 

Criblée de feux criblée d'amour n'aimant personne

Elle se forge des douleurs démesurées

Et toutes ses raisons de souffrir disparaissent.

 

 

Poèmes extraits de Capitale de la douleur,

Poésie/Gallimard, 1966. - 256 p.

 

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Dominique 18/03/2016 10:37

j'aime bien que ce printemps nous permette de lire un peu de poésie ce qui est trop rare sur les blogs

Papillon 18/03/2016 11:10

C'est ce que je me suis dit aussi : qu'il faudrait que je continue à lire de la poésie toute l'année !

hélène 13/03/2016 11:45

Un de mes auteurs fétiches !

Papillon 13/03/2016 16:04

Tout pareil :-)

Aifelle 12/03/2016 12:55

J'ai déjà croisé Paul Eluard aujourd'hui sur un autre blog, mais je ne m'en lasse pas ..

Papillon 13/03/2016 16:04

Moi non plus je ne m'en lasse pas, c'est vraiment l'un de mes poètes favoris.