Une séparation - Asqhar Farhadi

Publié le par Papillon

 

separation.jpgTéhéran, de nos jours. Nader et Simri forment un couple moderne, aisé, cultivé, qui vit à l'occidentale. Elle est enseignante et lui travaille dans une banque. Mais Simri ne supporte plus la vie en Iran et veut émigrer. Son mari n'est pas d'accord, il ne peut pas quitter le pays, parce qu'il doit veiller sur son père qui souffre de la maladie d'Alzheimer. Alors, elle demande le divorce. Mais, on le lui refuse, pour manque de raison valable. Elle quitte quand même le domicile conjugual pour s'installer chez sa mère. Nader est obligé de trouver quelqu'un pour s'occuper de son père. Il embauche Razieh, une jeune femme d'un milieu modeste et traditionnel qui vient travailler en tchador. Malgré sa piété, Razieh n'a pas prévenu son mari qu'elle travaillait dans la maison d'un homme divorcé. Un incident survient : un soir, Nader retrouve son père inconscient sur le sol. L'employée explique juste qu'elle a dû sortir un moment. Furieux, Nader la met à la porte brutalement. Le lendemain, il apprend qu'elle est à l'hôpital parce qu'elle a fait une fausse-couche. Son mari réclame réparation.

 

A travers l'affrontement de deux hommes, Asqhar Farhadi montre l'opposition de la tradition et de la modernité. Nader veut prouver son innocence par le raisonnement, la vérité, la parole. Hodjat ne se refère qu'au Coran. N'ayant pas la même aisance avec les mots, il revendique avec sa force et sa colère, d'autant qu'il est au chomâge depuis des mois, criblé de dettes, et a accumulé pas mal de frustrations. Les deux hommes sont aussi intransigeants l'un que l'autre. Je dois dire que j'ai été particulièrement touchée par cet homme qui prend soin de son vieux père avec une infinie patience et beaucoup de tendresse. Il a la même patience avec sa fille de onze ans, à laquelle il explique qu'il vaut mieux résister que fuir, que seule la vérité est importante, d'où qu'elle vienne. Mais peu à peu, on découvre que la situation est plus complexe qu'elle ne paraît : il y a des mensonges et des non-dits des deux côtés. Et personne ne sortira indemne de cette histoire.

 

C'est un cinéma de l'économie qui filme au plus près des visages. Tous les personnages sont formidables et ont une densité incroyable, depuis le vieil homme impotent jusqu'à la petite fille de Razieh, qui observe ce combat d'adultes avec des yeux interrogatifs. Tout repose d'ailleurs sur des regards, de petis gestes et d'abondants dialogues. La dispute semble être au coeur de la vie iranienne, emblême d'une sociétré déchirée et en panne, où chacun essaie d'imposer sa loi par le mensonge et la manipulation. Une film bouleversant et d'une grande humanité.


Film iranien (2011) d'Asqhar Farhadi,

avec Peyman Moadi, Leila Hatami, Sareh Bayat et Shabab Hosseini.

Genre : drame ; durée : 2h03.


Publié dans Cinéma

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Titevie 15/07/2011 12:07



J'ai seulement vu un film iranien mais il était bien, il y avait aussi des hommes qui se battaient et j'avais fini par demander pourquoi ils se battaient tout le temps.



emeraude 19/06/2011 22:27



j'ai effectivement entendu dire que c'était excellent ! J'espère bien ne pas le rater celui là !



Manu 18/06/2011 09:51



Une société qui m'intéresse par ses contradictions. Je note ce film.



Papillon 19/06/2011 09:25



A voir, absolument ! C'est très instructif de voir l'Iran "de l'intérieur".



clara 17/06/2011 06:32



Un film dont je n'avais pas entendu parler jusqu'à présent. Ca sent le ciné ce WE... 



Papillon 19/06/2011 09:25



J'espère que tu pourras le voir parce qu'il est vraiment bien !



choupynette 16/06/2011 15:01



j'avais déjà très envie d'aller le voir, tu enfonces le clou!!!



Papillon 19/06/2011 09:24



N'hésite pas c'est un film magnifique.



keisha 16/06/2011 08:42



j'ai bien envie de le voir, mais ça n'a pas l'air de tout repos, ce film!



Papillon 19/06/2011 09:24



Il faut le voir !