Qui suis-je ?

Citation du jour :


«  Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.  » 

 

Jack Kerouac, Sur la route.

Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 17:39

follett.jpg En 1989, Ken Follett publiait Les Piliers de la terre, grande fresque historique autour de la construction d’une cathédrale dans la ville anglaise de Kingsbridge. Vingt après, voici la suite.

Deux siècles ont passé et Kingsbridge est devenue une ville prospère, qui vit à l’ombre de sa cathédrale et de son prieuré. Ce 1er novembre 1327 toute la ville se réunit pour fêter la Toussaint. Quatre enfants assistent à une scène tragique dans les bois : un chevalier tue deux soldats de la reine et enterre une lettre. Ils jurent de ne jamais rien révéler de ce qu’ils ont vu. On les retrouve dix ans plus tard et ils sont devenus ce qu’ils promettaient d’être : Merthin, le génial architecte, Ralph, le guerrier ambitieux et brutal, Gwenda la paysanne obstinée et Caris, la femme libre. Cette année-là, la ville va connaître un drame : le jour de la foire à la laine, le pont de la ville s’effondre, provoquant la mort de deux cents personnes. Au-delà du drame humain, c’est une catastrophe pour la ville qui vit essentiellement du commerce. Plus de pont, plus de commerce. Le pont doit être reconstruit, il appartient au prieuré, comme le reste de la ville, mais le maître prieur a trouvé la mort dans l’accident. L’élection du nouveau prieur va donner lieu à une série d’intrigues…

Ce roman souffre, selon moi, des mêmes défauts que le précédent : l’indigence de son style et le manque d’épaisseur psychologique des personnages. Ce qui ne l’empêche pas d’être un roman captivant qui se laisse dévorer. C’est un roman très documenté (même si j’y ai relevé une erreur historique avec la mention d’un violon, instrument qui ne fut inventé qu’au seizième siècle), qui nous plonge directement dans ce Moyen-âge finissant. C’est une époque de transition : l’art roman fait place au gothique, la chevalerie s’essouffle, les métayers remplacent progressivement les serfs, les techniques évoluent et l’on assiste à l’avènement de la bourgeoisie. Nos quatre héros nous permettent de connaître les différentes facettes de cette société encore féodale : le monastère et les religieux, le seigneur et ses serfs, la ville et ses marchands. Et l’auteur ne nous épargne aucun rebondissement : complots, intrigues et procès, rivalités et querelles de pouvoir, guerres et épidémies. Et surtout le roman est dominé par un couple lumineux : Merthin et Caris, qui incarnent à la fois le progrès, la solidarité et l’inventivité. Avant d’être réunis, ils devront, bien sûr, surmonter les épreuves, déjouer les ruses de leurs ennemis et vaincre l’adversité. Et j’ai vraiment adoré leurs aventures, même si le rythme s'essouffle un peu vers la fin.

Un gros roman qui réjouira les amateurs du genre.

D'autres avis : Bernard - Kalistina - Mango - Delphine - Freude - Chaplum - Argantel

Traduit de l’anglais par Viviane Mikhalkov, Leslie Boitelle et Hannah Pascal.
Le Livre de poche, 2010 (1ère édition Robert Laffont, 2009). – 1337 p.


Par Papillon - Publié dans : Littérature anglo-saxonne - Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires
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