Transatlantic - Colum McCann

Publié le par Papillon

 

« Nos vies sont des tunnels qui parfois se connectent, laissant entrer le jour à des moments inattendus, puis elles nous replongent dans le noir. »

 

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1845, Frederick Douglass, esclave américain affranchi, débarque à Dublin pour trouver des soutiens à la cause de l'anti-esclavagisme.

1919, Alcock et Brown, deux aviateurs rescapés de la guerre de 14, transforment un bombardier en "avion de paix" et effectuent la première traversée de l'Atlantique, de Terre-Neuve à l'Irlande.

1978, le Sénateur américain Mitchell est mandaté par Clinton pour diriger les négociations de paix en Irlande du Nord.

Trois épisodes historiques, trois instantanés qui évoquent les liens tissés entre l'Irlande et les Etats-Unis, depuis près de deux siècles. Trois épisodes qui offrent aussi un raccourci saisissant de l'histoire récente de l'Irlande, depuis la grande famine de la pomme de terre (conséquence du pillage systématique de la production agricole irlandaise par les anglais pour approvisionner leurs colonies), jusqu'à la paix signée entre les deux frères ennemis.

 

Derrière ces trois épidodes, se dessinent en creux des destins individuels plus modestes et plus rudes, ceux d'une lignée de femmes courageuses et indépendantes, qui se sont débrouillées comme elles ont pu avec l'exil et la guerre, l'amour et la mort, la solitude et la pauvreté. De Lily, qui émigre d'Irlande (du Sud) après avoir entendu Frederick Douglass parler de liberté, à Lottie que l'amour ramène en Irlande (du Nord), la boucle se referme sur cette île irlandaise sauvage et lumineuse.

 

Si le début du roman m'a donné un peu de mal avec son style heurté : phrases courtes, sèches, elliptiques, à la fois poétiques et impressionnistes, qui peignent un tableau à trois volets plus qu'elles ne racontent une histoire, la seconde partie m'a enchantée par sa construction intelligente et subtile, et les portraits de ces femmes fières et intrépides. Il m'a juste manqué un je-ne-sais-quoi, peut-être d'en savoir un tout petit peu plus sur ces héroïnes fascinantes, pour que ce roman soit un total coup de coeur. 


 

Traduit de l'anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre.

Belfond, 2013. - 375 p.


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cathe 20/10/2013 19:14


Je suis en train de le lire donc je lis ton billet en diagonale

Papillon 20/10/2013 20:12



Je vais attendre ton billet avec impatience !



kathel 19/10/2013 21:49


A l'occasion, j'essayerai : un presque coup de coeur, ce n'est pas mal, tout de même ! 

Papillon 20/10/2013 20:11



J'ai tendance à comparer tous ses romans à "Les saisons de nuit", d'où ma (très relative) déception ;-)



clara 19/10/2013 08:10


Il m'attend!

Papillon 20/10/2013 20:09



Je vais guetter ton billet !