The uninvited guests - Sadie Jones

Publié le par Papillon

 

jones

 

Depuis une vingtaine d'années, la peu conventionnelle famille Torrington vit à Sterne, grand domaine situé quelque part au Nord de l'Angleterre. Mais une menace pèse sur la demeure car la mort du père, trois ans plus tôt, a révélé la précarité financière de la famille. Entretemps, la mère, délicieuse coquette frivole, s'est remariée à un avocat manchot que ses enfants abhorrent. C'est pourtant lui qui est envoyé au charbon, en l'occurrence à Manchester, dans le but d'obtenir l'emprunt de la dernière chance.

 

En son absence, Emerald, la fille aînée a invité quelques amis pour fêter son vingtième anniversaire. Mais, alors que les invités commencent à arriver et que la cuisinière prépare un repas d'anniversaire gargantuesque, une affreuse nouvelle parvient à la maisonnée : un terrible accident de train vient de se produire dans le voisinage et les Torrington sont sollicités pour accueillir quelques rescapés. Arrivent, en effet, une vingtaine de voyageurs hagards, aussitôt installés dans un salon et abreuvés de thé. Ce sont tous des voyageurs de troisième classe, sauf un gentleman très élégant qui, lui, est invité à partager le dîner d'anniversaire, dans lequel il va semer le bazar.

 

Ce délicieux roman so british et très "début de siècle" commence comme une gentille comédie (dans le style de PG Wodehouse) et tourne très vite au drame surnaturel (dans le style de Sarah Waters). Au cours de la soirée, les voyageurs indésirables semblent se multiplier comme par magie, réclamant qu'on les nourrisse et, surtout, qu'on les ramène chez eux. L'atmosphère devient peu à peu angoissante, oppressante, menaçante. Rien n'y manque : ni le tonnerre qui claque, ni la pluie qui frappe les carreaux, ni les domestiques bizarrement absents, ni le téléphone défaillant. Le dîner tourne au cauchemar, où chacun dévoile ce qu'il a de pire et où quelques secrets de famille sont révélés. Sans oublier que la charmante petite dernière de la famille a justement choisi ce soir-là pour réaliser sa Grande Entreprise, qui se révèle à la fois comique et périlleuse. L'auteur, en effet, ne se départit jamais de son humour, mélangeant allègrement les genres, dans une histoire condensée sur vingt-quatre heures, vingt-quatre heures après lesquelles les convives de cet étrange dîner ne seront plus jamais les mêmes.

 

Un roman qui n'est, hélas, pas encore traduit en français.

 

(Emprunté à la bibliothèque)

 

Chatto & Windus, 2012. - 262 p.


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keisha 03/01/2013 13:50


OK pour le very british, l'humour et Wodehouse, mais moins pour Sarah Waters. Reste à voir le dosage, quoi , entre ces éléments.

Papillon 03/01/2013 20:55



C'est moins drôle que Wodehouse mais moins angoissant que Sarah Waters, un vrai mélange quoi, j'ai bien aimé.