Terre des affranchis - Liliana Lazar

Publié le par Papillon


Rentrée littéraire 2009

Victor a grandi à Slobozia, petit village isolé de la Moldavie roumaine. Sa vie n'est pas très gaie, entre une mère pieuse et un père violent. Mais il s'est trouvé un refuge au fond de la forêt, sur les bords de la Fosse aux Lions, un lac sombre à la réputation sulfureuse : abri des fantômes et autres créatures de l'au-delà. Non seulement Victor n'en a pas peur, mais il a le sentiment d'être protégé par ce lieu mystérieux, ce qui va se vérifier lorsqu'il commet son premier crime. Victor va devenir un solide et solitaire gaillard surnommé le "boeuf muet" par les villageois. Il va alors commettre un second crime qui va le contraindre à vivre caché pendant vingt ans...

Ce premier roman avait tout pour me plaire : une atmosphère vaguement fantastique qui n'est pas sans rappeler Le Chateau des Carpathes de Jules Verne, une histoire qui hésite entre conte populaire et polar rural, un récit qui mélange les superstitions païennes et les rites chrétiens. Sans parler du sujet puisque Liliana Lazar met en scène la Roumanie de Ceaucescu étouffant sous la cloche de verre du communisme. Et pourtant je l'ai détesté ! J'en ai trouvé le style trop appliqué et les personnages trop stylisés. Mais surtout j'ai détesté cet anti-héros qui commet tous les crimes et s'exlame d'un air penaud: "je ne voulais pas lui faire de mal !", ce lâche meurtrier qui se cache sous les jupes de sa mère pour échapper à la justice, ce veinard qui trouve toujours quelqu'un ou quelque chose pour couvrir ses crimes. J'ai bien compris qu'à travers Victor, Liliana Lazar avait imaginé une allégorie de la période communiste, riche en crimes en tous genres, effacés dès la chute de Ceaucescu, mais pendant tout le roman j'ai attendu une rédemption qui n'est pas venue. Au contraire, une vie de rechange est offerte à Victor sur un plateau, et là j'ai bien failli hurler à la mort, comme un vulgaire loup des steppes !

Et en plus, je me sens bien seule parce que tout le monde semble avoir aimé : Laël, Lilly, Anne-Sophie, Kathel, Cathulu, Esmeraldae et Béné.

Gaïa éditions, 2009. - 198 p.

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L

Finalement je me joins à tes hurlements ...


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P




M

Ah ! C'est un roman qui risque effectivement de ne pas me plaire ! Pourtant, j'aimerais bien le lire pour découvrir cet auteur...


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P

Rien ne t'empêche d'essayer esaie de le trouver en bibliothèque.


F

Il est sur ma LAL, je pense que je le lirais, mais pas dans l'immédiat !


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E

y en aura bien qui n'aimeront pas non plus pour te tenir compagnie!  on aime ou on aime pas ce style!


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P

Et tant pis si je suis la seule !


E

En rapport avec ton blog-it je dirai même : est-ce que quelqu'un sait qui c'est ? ;-) (pour l'instant je n'ai trouvé personne qui connaissait ce nom!)


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P

Je vais voir à la biblio s'ils ont ses livres...


A

J'aurais bien aimé t'entendre hurler...


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P

La prochaine fois je branche le micro


L

Mince, j'avais vraiment envie de le découvrir, mais ton billet me refroidit ! Bon, je le lirai tout de même, histoire de me faire mon propre avis.


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P

Désolée de t'avoir refroidie ! Tu feras peut-être partie de tous ceux qui ont aimé !


K

j'étais déjà super tentée... mais on dirait que quand un avis très contrasté paraît, je suis encore pluuuuus curieuse!!! L'attrait de se faire son propre avis!!


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P

D'autant que je suis vraiment minoritaire sur ce coup là !


K

Je ne l'ai pas du tout lu comme toi, ce livre... C'est étonnant parfois comme on peut ressentir différement un même texte !
Mais ce serait tellement monotone si nous étions tous du même avis !


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P

C'est pour ça que j'insiste sur le "je", mon avis n'engage que moi et n'est pas un jugement sur le roman. Et c'est bien rare un livre qui plaît à tout le monde.


M

"Journal d'un écrivain" à "Journal d'une lectrice": Je vois qu'on partage le même amour de la lecture et des livres... Je découvre votre blog avec plaisir!
Marc


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P

Merci marc, revenez quand vous voulez !