Promenons-nous dans les bois - Bill Bryson

Publié le par Papillon

 

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Ecrivain américain, Bill Bryson a vécu vingt-cinq ans en Angleterre. Quand il revient aux Etats-Unis, il s’installe dans une petite ville du New Hampshire, et découvre par hasard que l’un des plus fameux chemins de randonnée passe tout près de chez lui. L’Appalachian Trail est l’un des plus anciens sentiers de randonnée des Etats-Unis. Long de 3500 km, il traverse 14 états du Nord au Sud, reliant le Maine à la Géorgie, en longeant la chaîne des Appalaches. Bill Bryson, qui pratique un peu la randonnée, décide de se lancer dans l’aventure de l’Appalachian Trail.

 

La particularité de ce sentier est qu’il serpente presque entièrement dans les bois et nécessite donc de vivre en autonomie, c’est donc davantage du trekking que de la randonnée, et les randonneurs doivent transporter matériel de camping et provisions. Par ailleurs, les bois aux Etats-Unis sont des lieux dangereux, qui fourmillent d’animaux sauvages, notamment des ours.

 

Notre héros va donc lourdement s’équiper et soigneusement s’informer en lisant tous les ouvrages écrits sur le mythique Appalachian Trail (AT pour les intimes). Il retrouve même un vieux camarade de jeunesse tout prêt à l’accompagner dans son périple. L’AT étant situé en zone de moyenne montagne, il est impraticable en hiver. Il faut donc le parcourir en été, tout en partant assez tôt pour avoir terminé avant l’automne. Les deux compères partent donc de Géorgie le 8 mars pour remonter le chemin dans le sens Sud-Nord.

 

Et c’est le début de quatre mois d’aventures désopilantes qui m’ont fait hurler de rire. Si Bill Bryson a l’habitude de marcher, ce n’est pas le cas de son copain Katz qui a davantage l’habitude des soirées télé que des séances de sport. Les débuts vont être difficiles, Bryson passant son temps à attendre Katz.

 

« Katz ne développera jamais vraiment de goût pour la randonnée, et pourtant Dieu sait qu’il s’est donné à fond ! De temps en temps, je crois qu’il a entrevu qu’il y avait quelque chose – quelque chose d’insaisissable, de profond – qui rendait l’expérience d’aller se perdre en pleine forêt presque gratifiante. Parfois, il s’extasiait sur un paysage ou considérait avec admiration une merveille de la nature que nous croisions sur notre passage, mais, généralement, marcher était pour lui une sale corvée, un inconvénient regrettable entre deux zones de confort situées à intervalles distants. J’étais en revanche totalement, stupidement, béatement absorbé par le simple fait d’avancer. »

 

Mais surtout il y a tous ces incidents et toutes ces mésaventures que l’on est susceptible de rencontrer quand on part pour quatre mois de randonnée loin de tout. Les deux hommes doivent généralement marcher huit à quinze jours avant de croiser la moindre route et d’atteindre la moindre ville, leur permettant de se réapprovisionner, se laver, laver leur linge, faire un vrai repas au restaurant et dormir dans un vrai lit. Jour après jour, les deux amis deviennent de plus en plus sales et hirsutes. Et il y a tous les aléas d’une marche au long cours : intempéries, moustiques, rencontres plus ou moins agréables, refuges surpeuplés et crasseux.

 

Bill Bryson ne se contente pas de nous raconter « son » chemin. Il se prend vraiment de passion pour l’histoire de l’AT, ceux qui l’ont créé, ceux qui l’ont parcouru, ceux qui y ont perdu la vie. Il s’intéresse aussi beaucoup à la faune et à la flore et aux questions écologiques. Toute cette zone des Etats-Unis a subi une très forte déforestation, qui a complètement perturbé les écosystèmes et entraîné la disparition de dizaines d’espèces végétales et animales. Et ce, sous l’égide de la Direction des Parcs Nationaux, dont Bill Bryson pense le plus grand mal. Car l’AT traverse plusieurs parcs nationaux, et Bill Bryon constate (comme l’avait fait Edward Abbey avant lui) que, paradoxalement, les parcs nationaux, contribuent davantage à la destruction des espèces qu’à leur conservation. Les parcs nationaux, aux Etats-Unis, sont davantage conçus comme des parcs d’attraction permettant au plus grand nombre de goûter à la vie sauvage que comme des lieux de préservation de cette vie sauvage.


Bref, Bill Bryon parvient à nous faire mourir de rire avec des histoires d’ours et de chaussettes sales, tout en exaltant le goût de la marche et de la nature sauvage. Et on essaiera d’oublier la hideuse couverture qui ne rend pas hommage à ce génial bouquin

 

 


Titre original : A walk in the woods

Traduit de l’américain par Karine Chaunac.

Payot, 2012. – 347 p.

Publié dans Essais - Documents

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Commenter cet article

Flo 25/06/2012 20:58


Je vote pour Katz ! ;) Mais j'aime beaucoup l'humour de Bill Bryson, son sens de l'auto-dérision.


La couv' ? Oui, bon, ce n'est pas le plus beau graphisme de l'année mais c'est la même que celle de l'édition originale alors en matière de mauvais goût, on n'a pas fait pire que les Amerloques
(on se console comme on peut et puis de toute façon c'est le contenu qui compte !).


J'ai "Motel Blues" en priorité parce qu'il pourrit dans ma LAL mais ce livre-là devrait passer à la trappe en suivant.

Papillon 02/07/2012 21:07



C'était la première fois que je le lisais, et sur un thème qui m'est cher en plus, et ce ne sera pas la dernière. Qu'est-ce que j'ai ri !



Syl. 25/06/2012 16:11


Bonjour,
C'est un peu comme les nouvelles de Cook en Australie. Je note !

Papillon 02/07/2012 21:07



il faut que je note Cook, alors !



Loo 11/06/2012 17:13


Rien que la couverture est accrocheuse. Je me suis demandée si je devais en rire ou plutôt avoir peur de cette tête d'ours. Avec ton commentaire je vais me mettre le titre sous le coude. Aucune
raison de passer à côté.

Papillon 12/06/2012 21:57



Je le trouve plutôt sympa l'ours de la couverture, mais il ne faut pas s'y fier : l'ours est un animal redoutable !



Hélène Choco 06/06/2012 12:09


Une histoire à mourir de rire? Adoptée!

Papillon 07/06/2012 22:00



Bill Bryson est vraiment un auteur très drôle.



Annie 03/06/2012 16:06


Que de bonnes choses ! Une piste et mieux "une trail" et des ours ! J'ai eu la chance d'en faire quelques unes et d'en rencontrer de plus ou moins loin quelques uns.  Dans les ridicules de
l'exercice : devoir toujours chanter, parler, crier pour éloigner (soi-disant) les grosses bêtes sans parler des conseils en cas de rencontres fortuites : ne pas avoir peur (!),ne pas courir, ne
pas grimper aux arbres, juste reculer en parlant doucement.... J'adore !

Papillon 05/06/2012 22:11



Ah ! Le chapitre sur l'ours dans ce bouquin est un morceau d'anthologie : tordant !



Aifelle 02/06/2012 22:19


Merci, mais je crains qu'il soit un peu tard, je pars vendredi

Aifelle 02/06/2012 13:46


Flûte ! pourquoi il n'est pas en poche, je l'aurais emmené en vacances

Papillon 02/06/2012 16:59



Il n'est pas en poche, mais il peut voyager jusqu'à toi, si ça te tente (il vient de passer une semaine sur les chemins avec moi, et il en est plutôt content )



Brize 02/06/2012 13:25


De Bryson, "American Rigolos" m'a plus que convaincue ! Le même en version Nature Writing : tout pour me plaire .

Papillon 02/06/2012 16:58



Je me suis bien promis de lire d'autres livres de cet auteur tellement je me suis amusée.



Manu 02/06/2012 13:16


Il faut que je le lise celui-ci ! J'aime bien la couverture moi 

Papillon 02/06/2012 16:56



De l'Amérique et des ours, ça devrait te plaire !



Theoma 02/06/2012 11:29


oui oui oui ! Bryson a un humour décapant !!

Papillon 02/06/2012 16:56



J'adore ces types qui font des trucs de fous tout en se moquant tout le temps d'eux mêmes.