Neverwhere - Neil Gaiman

Publié le par Papillon

 

gaiman

 

Richard Mayhew est un garçon banal qui mène une vie ordinaire dans la belle ville de Londres. Richard n’a qu’un défaut : il est excessivement gentil (et un rien naïf, aussi). Aussi, quand il trouve au coin de sa rue une jeune homeless gravement blessée, il renonce au dîner important auquel il devait assister en compagnie de sa fiancée, pour prendre soin d’elle. Sans le savoir, Richard vient de mettre le pied dans un autre monde. Deux jours plus tard, il n’a plus ni fiancée, ni job, ni appart’. Et il découvre qu’il existe, sous la ville de Londres, une autre ville, Londres-d’en-bas, dont les habitants sont invisibles à ceux « d’en haut » :

 

“If you are part of London Below,’ said Door to Richard, in a conversational voice, as they walked, side by side, into the next hall, ‘they normally don’t even notice you exist unless you stop and talk to them. And even then, they forget you pretty quickly.”

 

Cette ville d’en bas a ses propres codes, ses baronnies et ses tribus, sa géographie et ses lois. C’est un monde sombre et violent qui s’étale dans les égouts, les couloirs de métro désaffectés, les souterrains perdus et tous les lieux oubliés de la ville. Door vient de ce monde d’en bas, l’Underside, elle est la fille d’un homme important qui vient d’être assassiné. Elle veut comprendre pourquoi et obtenir vengeance. Door et Richard se lancent donc dans une quête en forme de jeu de piste : il y aura des épreuves à passer, des indices à trouver, des combats à mener. Et ils sont pourchassés par un duo d’assassins baroques et cocasses, mais sans pitié.

 

“You know, Mister Vandemar,‘ he was saying, ‘I am currently too overjoyed, too delighted, not to mention too utterly and inimitably ecstatic, to grouse, gripe or grumble – having finally been permitted to do what we do best –‘
Mr Vandemar negotiated a particularly awkward corner. ‘Kill someone, you mean?’ he asked.
Mr Croup beamed. ‘Kill someone I mean indeed, Mister Vandemar.”

 

Ce roman est formidable, parce que Neil Gaiman a créé un autre monde, qui est le reflet de notre monde mais possède ses règles, sa fantaisie et sa magie. Il redessine la carte de Londres en convoquant tous les classiques anglais, de Shakespeare à Lewis Carroll, en passant par Charles Dickens et Jane Austen (et probablement d’autres que je n’ai pas su reconnaître). Il détourne le plan du métro anglais : Knightsbridge devient Night’s bridge, à Earl's Court on trouve un vrai comte, et de vrais moines à Blackfriars. Neverwhere est à la fois un roman d’aventures, une histoire d’amitié et un parcours initiatique. On y rencontre une multitude de personnages secondaires plus étonnants et plus réjouissants les uns que les autre. Non seulement ce roman est extrêmement inventif, palpitant, émouvant, mais il est écrit dans un style à la fois drôle et poétique, un style si riche que je l’ai lu dictionnaire en main :

 

“Slugs sprawled indolently under the springs of the burnt mattresses; snails left slime trails across the broken glass. Large black beetles scuttled industriously over the smashed grey plastic telephones and mysteriously mutilated Barbie dolls.”

 

 Neverwhere est une métaphore de l’univers des exclus, des homeless et de tous ceux qui « fall through the cracks », et ce n’est pas le moindre des talents de Neil Gaiman que de parvenir à nous parler, sous couvert d’urban fantaisy, de ceux que nous feignons de ne jamais voir.

 

Headline Review, 2005. – 388 p.


Publié dans Fantasy - SF

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Marie Jo 19/07/2015 21:10

Votre blogue est vraiment intéressant et je me décide enfin à vous écrire un petit mot afin de souligner la publication d’un premier roman : Nauranéüs, le messager des Ancêtres. J'essayai de trouver un bon livre à lire dans le style fantastique et je suis tombée sur ce roman de plus de 440 pages. La couverture m’a intriguée et le résumé de l’histoire encore plus.

« Jennifer Saint-Cleerc reçoit un petit sac en toile bleue en héritage. Son contenu — deux clés anciennes — la propulse dans une aventure au cours de laquelle d’étranges coïncidences se succèdent et bouleversent son existence. Les découvertes historiques de la jeune femme viendront-elles remettre en question l’Histoire officielle? Jennifer prendra-t-elle conscience à temps de sa véritable identité? Que contient cette sagesse? »

Je considère important de faire connaitre le travail des nouveaux auteurs qui ne sont pas nécessairement passés par la grande roue des éditeurs en place depuis la nuit des temps. Parmi les derniers livres parus en 2015, j’ai adoré ce roman. J’ai passé un excellent moment en compagnie de personnages détestables, sympathiques, étranges, aux émotions instables, enfin, il y a pour tous les gouts. L’écriture est fluide et de qualité. C’est un bon livre à lire pendant les vacances et je vous conseille fortement (que vous ayez lu le roman ou non) à oser vous inscrire (gratuitement) aux secrets de l’auteure (http://www.lagriffont.com/7secrets/). Elle y dévoile quelques secrets de la conception de son roman, des confidences sur le travail de romancier, et aussi des anecdotes et des photos.

Encore bravo pour la qualité de votre blogue et bonne continuation.

Karine:) 15/04/2011 02:49



J'adore, j'adore, j'adore.  Pour Londres, les références... et Gaiman, quoi!



Papillon 18/04/2011 21:12



Ah oui, je veux tout lire de Gaiman !



Céline 14/04/2011 20:47



J'ai lu ce roman il y a très longtemps, mais j'avais beaucoup aimé. Il faudrait que je le relise car je commence à l'oublier...



Ikebukuro 13/04/2011 18:48



Ton billet donne envie, pourtant je n'avais pas tellement aimé l'un de ses livres précédents (American gods je crois), mais je n'aime pas rester sur une mauvaise impression alors pourquoi
pas... 



Papillon 14/04/2011 19:23



Je n'ai pas lu American Gods (mais j'en ai l'intention maintenant) donc difficile de comparer mais Neverwhere m'a complètement subjuguée (alors que je ne suis pas spécialement fan de fantasy)



Leiloona 13/04/2011 14:44



Je l'ai dans ma bibli depuis plusieurs années. Je n'ai jamais entendu d'avis négatif sur ce livre. Et pourtant, il est là, à prendre la poussière. Tsss



Papillon 14/04/2011 19:22



Quel dommage pour un roman aussi jouissif !



Joelle 13/04/2011 09:19



Je crois bien qu'il est dans ma PAL :) Et j'adore ta nouvelle bannière !!!



Papillon 14/04/2011 19:21



A lire absolument !


La photo de ma bannière a été prise en Bretagne il y a 2 ans :-))