Qui suis-je ?

Citation du jour :


«  Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.  » 

 

Jack Kerouac, Sur la route.

Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 00:01

 

gaiman

 

Richard Mayhew est un garçon banal qui mène une vie ordinaire dans la belle ville de Londres. Richard n’a qu’un défaut : il est excessivement gentil (et un rien naïf, aussi). Aussi, quand il trouve au coin de sa rue une jeune homeless gravement blessée, il renonce au dîner important auquel il devait assister en compagnie de sa fiancée, pour prendre soin d’elle. Sans le savoir, Richard vient de mettre le pied dans un autre monde. Deux jours plus tard, il n’a plus ni fiancée, ni job, ni appart’. Et il découvre qu’il existe, sous la ville de Londres, une autre ville, Londres-d’en-bas, dont les habitants sont invisibles à ceux « d’en haut » :

 

“If you are part of London Below,’ said Door to Richard, in a conversational voice, as they walked, side by side, into the next hall, ‘they normally don’t even notice you exist unless you stop and talk to them. And even then, they forget you pretty quickly.”

 

Cette ville d’en bas a ses propres codes, ses baronnies et ses tribus, sa géographie et ses lois. C’est un monde sombre et violent qui s’étale dans les égouts, les couloirs de métro désaffectés, les souterrains perdus et tous les lieux oubliés de la ville. Door vient de ce monde d’en bas, l’Underside, elle est la fille d’un homme important qui vient d’être assassiné. Elle veut comprendre pourquoi et obtenir vengeance. Door et Richard se lancent donc dans une quête en forme de jeu de piste : il y aura des épreuves à passer, des indices à trouver, des combats à mener. Et ils sont pourchassés par un duo d’assassins baroques et cocasses, mais sans pitié.

 

“You know, Mister Vandemar,‘ he was saying, ‘I am currently too overjoyed, too delighted, not to mention too utterly and inimitably ecstatic, to grouse, gripe or grumble – having finally been permitted to do what we do best –‘
Mr Vandemar negotiated a particularly awkward corner. ‘Kill someone, you mean?’ he asked.
Mr Croup beamed. ‘Kill someone I mean indeed, Mister Vandemar.”

 

Ce roman est formidable, parce que Neil Gaiman a créé un autre monde, qui est le reflet de notre monde mais possède ses règles, sa fantaisie et sa magie. Il redessine la carte de Londres en convoquant tous les classiques anglais, de Shakespeare à Lewis Carroll, en passant par Charles Dickens et Jane Austen (et probablement d’autres que je n’ai pas su reconnaître). Il détourne le plan du métro anglais : Knightsbridge devient Night’s bridge, à Earl's Court on trouve un vrai comte, et de vrais moines à Blackfriars. Neverwhere est à la fois un roman d’aventures, une histoire d’amitié et un parcours initiatique. On y rencontre une multitude de personnages secondaires plus étonnants et plus réjouissants les uns que les autre. Non seulement ce roman est extrêmement inventif, palpitant, émouvant, mais il est écrit dans un style à la fois drôle et poétique, un style si riche que je l’ai lu dictionnaire en main :

 

“Slugs sprawled indolently under the springs of the burnt mattresses; snails left slime trails across the broken glass. Large black beetles scuttled industriously over the smashed grey plastic telephones and mysteriously mutilated Barbie dolls.”

 

 Neverwhere est une métaphore de l’univers des exclus, des homeless et de tous ceux qui « fall through the cracks », et ce n’est pas le moindre des talents de Neil Gaiman que de parvenir à nous parler, sous couvert d’urban fantaisy, de ceux que nous feignons de ne jamais voir.

 

Headline Review, 2005. – 388 p.


Par Papillon - Publié dans : Fantasy / SF - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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Commentaires

Je crois bien qu'il est dans ma PAL :) Et j'adore ta nouvelle bannière !!!

Commentaire n°1 posté par Joelle le 13/04/2011 à 09h19

A lire absolument !

La photo de ma bannière a été prise en Bretagne il y a 2 ans :-))

Réponse de Papillon le 14/04/2011 à 19h21

Je l'ai dans ma bibli depuis plusieurs années. Je n'ai jamais entendu d'avis négatif sur ce livre. Et pourtant, il est là, à prendre la poussière. Tsss

Commentaire n°2 posté par Leiloona le 13/04/2011 à 14h44

Quel dommage pour un roman aussi jouissif !

Réponse de Papillon le 14/04/2011 à 19h22

Ton billet donne envie, pourtant je n'avais pas tellement aimé l'un de ses livres précédents (American gods je crois), mais je n'aime pas rester sur une mauvaise impression alors pourquoi pas... 

Commentaire n°3 posté par Ikebukuro le 13/04/2011 à 18h48

Je n'ai pas lu American Gods (mais j'en ai l'intention maintenant) donc difficile de comparer mais Neverwhere m'a complètement subjuguée (alors que je ne suis pas spécialement fan de fantasy)

Réponse de Papillon le 14/04/2011 à 19h23

J'ai lu ce roman il y a très longtemps, mais j'avais beaucoup aimé. Il faudrait que je le relise car je commence à l'oublier...

Commentaire n°4 posté par Céline le 14/04/2011 à 20h47

J'adore, j'adore, j'adore.  Pour Londres, les références... et Gaiman, quoi!

Commentaire n°5 posté par Karine:) le 15/04/2011 à 02h49

Ah oui, je veux tout lire de Gaiman !

Réponse de Papillon le 18/04/2011 à 21h12

Quoi de neuf ?

 

 

 

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