Monsieur Kraus et la politique - Gonçalo M. Tavares

Publié le par Papillon


tavares.jpg"Un politicien ne lit pas les livres, dans le meilleur des cas il lit les titres. Avec les gens, il fait pareil."

Tout ce que vous toujours voulu savoir sur les dessous de la politique (sans oser le demander), Monsieur Kraus vous le révèle dans ses chroniques complètement surréalistes. Il y met en scène un dirigeant, le Chef, inculte, prétentieux, égocentrique et arrogant (toute resssemblance avec des personnages existants n'est peut-être pas totalement fortuite...), et ses deux Assesseurs, aussi obséquieux que serviles. Le principal talent du Chef est de violer le langage pour plier la réalité à sa volonté. On découvre ainsi comment écrire une loi qui ne sert à rien, manipuler l'opinion, faire en sorte que les sondages soient toujours favorables, faire mentir les chiffres, créer sans cesse de l'agitation pour donner l'illusion de l'action...

" - Mon concept de frontières, répéta le Chef, se définit par les lignes qui délimitent l'écran de la télévision. Tout ce qui apparaît en dehors de l'écran ne reléve pas de notre pays, c'est déjà au-delà de la frontière."

Le monde de Tavarès, c'est le règne de l'absurde et du nonsense, lieu d'une satire acide et comique du monde politique. C'est à la fois savoureux, et un peu effrayant de justesse.

" - Qui dort et qui court ? Pas toujours facile de faire la distinction, dit Monsieur Kraus.
Mettre des pantoufles ou des chaussures d'athlétisme. Telles sont les deux options. Les politiciens les plus habiles sont ceux qui, même lorsqu'ils enfilent des pantoufles, donnent l'impression de se préparer intensivement à une éprteuve d'athlétisme.
 - On pourra considérer, murmura Kraus, qu'une telle illusion d'optique résulte soit de la propagande, soit de la myopie de l'observateur."

Ce volume est le troisième d'une série, O Bairro ("Le quartier"), dont chaque héros est le double d'un écrivain
célébre. Karl Kraus était un satiriste autrichien contemporain de Zweig.

L'avis de Lignes de fuite

Traduit du portugais par Dominique Nédellec, postface d'Alberto Menguel.
Viviane Hamy, 2009. - 138 p.

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Caro[line] 11/02/2010 15:35


Tu sais, ce n'est pas parce que tu mets Zweig dans ce billet que je vais lire ce roman. Quoique... ;-)


Papillon 11/02/2010 20:57


Je ne crois pas que ce roman soit pour toi, en fait, mais ça me fait toujours plaisir de citer Stefan, tu sais bien ! (oui, moi je l'appelle par son petit nom, c'est comme ça !)


Artémis 10/02/2010 18:57


Un livre qui n'est pas très éloigné de la réalité actuelle alors?  Je le note pour les vacances qui approchent!
Merci!


Papillon 10/02/2010 21:02


Un livre intemporel, en fait, qui pourrait s'adapter à pas mal d'époques et de lieux.


dissertation 10/02/2010 10:08


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Pickwick 10/02/2010 00:07


Merci pour les infos Papillon c'est très sympa d'avoir fait la recherche !
D'un coté, j'aime les séries (donc je vais aller voir les titres que tu indiques!), de l'autre, ma PAL me répète "1 ça va, 3, bjr les dégats"... je vais certainement rester sur celui-ci, et
prolongerai le plaisir en cas de gros coup de coeur !


Tamara 09/02/2010 13:06


AHHH ! Un  billet où Zweig est cité ! C'est Caroline qui va être contente !! :-)


Papillon 09/02/2010 20:54


Je ne te cacherai pas que j'ai justement pensé à Caro en écrivant cette phrase !!!!


Pickwick 09/02/2010 12:19


Voilà un livre qui, à la lecture de ton billet, a tout pour me plaire.

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur les 2 premiers de la série (notamment si tu les as commenté pour que je retrouve les billets) ? Tant qu'à faire, autant que je commence par le commencement
;)


Papillon 09/02/2010 20:52


Non j'ai découvert cet auteur avec ce roman. Les deux précédents s'appellent "Monsieur Calvino et la promenade" et "Monsieur Valéry et la logique".  Je pense que l'on peut les lire
indépendamment les uns des autres.


choco 09/02/2010 11:42


Ys m'enlève les mots de la bouche ! :D


Papillon 09/02/2010 20:48





Ys 09/02/2010 11:28


La première citation est excellente !


Papillon 09/02/2010 20:47


Tout le bouquin est un peu dans la même veine.