Les reflets d'argent - Susan Fletcher

Publié le par Papillon

 

" J'ai aimé les histoires toute ma vie. Au début, je les ai choisies parce que je les préférais - elles valaient mieux, bien mieux, que la réalité. Je n'avais pas de famille et j'emplissais ce retentissant vide intérieur d'une succession de contes étranges. Je me servais de mon imagination pour faire comme si j'avais des amis."

 

fletcher2.jpg

 

C'est une petite île, battue par les vents et protégée par un phare bienveillant, si petite que tous se connaissent, sont presque cousins. Si bien que lorque l'un d'entre eux disparaît, tous sont blessés. C'est ce que raconte cette histoire : l'absence, la douleur de la perte, le deuil impossible à faire. Mais sur cette île, on aime beaucoup les histoires, les mythes et légendes, les contes qui rassurent, les fables qui embellissent la vie. Comme celle de l'Homme-Poisson, créature hybride qui abnadonne parfois ses nageoires pour faire un petit tour sur la terre ferme, apportant toujours "espoir et enchantement". Aussi quand Sam Lovegrove découvre sur la plage un homme échoué, les habitants de Parla ne sont pas loin de penser que l'Homme-Poisson est de retour. Cet homme, grand et barbu, est amnésique. Nul ne sait d'où il vient, mais on l'apprivoise avec espoir, curiosité ou méfiance, selon les cas. Il ne restera pas longtemps sur l'île de Parla, mais en quelques semaines bien des choses auront changé.

 

Susan Fletcher écrit des histoires à la manière d'un peintre, avec une infinité de légers coups de pinceau très délicats, et une attention extrême portée aux détails les plus infimes. De sa plume impressionniste, elle dessine un paysage, suggère des odeurs, des sons et des couleurs. Et peu à peu le lecteur devient un habitant de l'île de Parla, découvrant l'histoire de la famille Bundy, riche en secrets, en drames et en non-dits, une famille qui pleure depuis quatre ans le meilleur de ses fils. Tristesse de la veuve, colère de la mère, culpabilité du grand frère, désespoir de la nièce : l'auteur décortique avec justesse et bienveillance tous ces sentiments qui agitent ceux qui restent. Et l'étranger que la mer a apporté et qui semble sortir d'un conte, va cristalliser tout ça et les aider à tourner la page.

 

L'histoire peut paraître improbable, mais elle est si joliment racontée, si pleine de sensiblité, de vagues, de cris de mouette et d'amour, que l'on s'en voudrait de gâcher son plaisir.

 

"Qui peut expliquer cette histoire ? Ou toute autre histoire humaine ? C'est un monde extraordinaire - plein d'amour, de chagrin, de coïncidences - et nous ne le comprendrons jamais. Nous ne devrions jamais essayer. Nous devrions nous contenter de lui être reconnaissant. Oui, nous ferions mieux d'aimer, de respirer, de dire tout ira bien et d'y croire. Et nous ferions mieux de partager nos meilleures histoires, aussi souvent que possible."


 

Traduit de l'anglais par Stéphane Roques.

Plon, 2013. - 450 p.


Commenter cet article

Karine:) 06/10/2013 18:58


Il semble tres très beau, celui-là... je n'ai aucun problème avec l'improbabilité!

Céline 02/10/2013 16:34


C'est vrai, les histoires vraiment belles peuvent se passer d'être crédibles... Note tentante !

Dominique 21/09/2013 09:37


je l'ai noté car ton avis est bon et puis j'avais bien aimé un des romans précédents

Papillon 21/09/2013 19:31



Mon préféré reste "Un bûcher sous la neige", mais j'aime tout ce qu'elle fait, elle a un univers vraiment très presonnel et ne refait jamais le même livre.



Theoma 21/09/2013 08:20


comme Clara, immense coup de coeur :)

Papillon 21/09/2013 19:29



Très bon roman, très belle plume !



clara 21/09/2013 07:15


Un gros coup de coeur pour moi ! 

Papillon 21/09/2013 19:29



M'étonne pas



cuné 21/09/2013 05:29


Jolies citations en plus ! :)

Papillon 21/09/2013 19:28



C'est un roman qui exalte vraiment la magie des histoires.