Qui suis-je ?

Citation du jour :


«  Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.  » 

 

Jack Kerouac, Sur la route.

Samedi 14 mai 2011 6 14 /05 /Mai /2011 20:31

 

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Que restera-t-il de nous après notre mort ? C'est l'un des thèmes de ce roman, et c'est la question qui agite Georges Crosby qui meurt, lentement mais sûrement, d'insuffisance rénale. Installé dans son salon, sous les yeux de sa famille réunie au grand complet, et entouré des horloges qu'il aimait collectionner, Georges est hanté par des cauchemars où il imagine que tout ce qu'il a bâti pendant sa vie s'effondrera après son départ. Alors il convoque ses souvenirs d'enfance et en particulier l'image de son père. Howard Crosby, poète fantasque et bucolique, était colpoteur et sillonnait les routes du Maine pour vendre savon, chaussettes et casseroles pour quelques sous. Lui-même fils d'un pasteur illuminé, il était régulièrement frappé de crises d'épilepsie et, tout aussi régulièrement, froudroyé par la sublime beauté de la nature.

 

Dans ce roman étrange et beau, Paul Harding remonte le temps et les générations jusqu'aux origines de l'Amérique. C'est le roman impressionniste d'un styliste dont les phrases interminables envoutent le lecteur. Paul Harding y tisse un lien entre les vivants et les morts, réunis par delà les vicissitudes du temps, malgré la nature labile du vivant. Sans le savoir, nous laissons tous une trace : des fleurs dans un jardin ou le tic-tac d'une horloge.

 

« Quand vint l’heure de mourir, nous le sûmes et allâmes nous enfoncer dans de profonds jardins, où nous nous allongeâmes et nos os se changèrent en laiton. Nous fûmes ramassés. Nous fûmes utilisés pour réparer des horloges, des boîtes à musique cassées ; nos pelvis furent fixés à des pignons, nos échines soudées en de vastes assemblages. Nos côtes servirent de dents de crénelage, battant et cliquetant comme des défenses. C'est ainsi, enfin, que nous fûmes réunis. »

 

Un roman par lequel il faut se laisser porter et bouleverser.


 

Traduit de l'américain par Pierre Demarty.

Le Cherche Midi, 2011. - 186 p


Par Papillon - Publié dans : Littérature anglo-saxonne - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
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Commentaires

Keisha a déjà été très convaincante sur ce coup-là, je n'ai pas besoin de noter  (interview cet après-midi sur France-Inter dans l'émission Cosmopolitaine).

Commentaire n°1 posté par Aifelle le 15/05/2011 à 06h44

Raté l'interview pour cause de déjeuner en famille, mais j'espère que tu ne rateras pas le bouquin qui est vraiment très spécial.

Réponse de Papillon le 15/05/2011 à 17h43

Commencé puis abandonné mais si vous vous y mettez à deux!:)

Commentaire n°2 posté par cathulu le 15/05/2011 à 07h42

C'est le genre de bouquin par lequel il faut se laisser porter sans chercher à tout comprendre, les choses obscures s'expliquent d'elles-mêmes au fur  et à mesure...

Réponse de Papillon le 15/05/2011 à 17h45

Dans mes bras! je desespérais de trouver une autre lectrice enthousiaste (et même une lectrice tout court, d'ailleurs)

"Etrange et beau, se laisser porter et bouleverser ": tout à fait ça!

Commentaire n°3 posté par keisha le 15/05/2011 à 08h29

On en a pas mal parlé dans la presse mais peu sur les blogs, en effet. Dommage c'est un roman qui vaut vraiment le coup.

Réponse de Papillon le 15/05/2011 à 17h45

Tu m'intrigues, mais j'hésite encore... et j'ai du temps pour hésiter, avec tout ce que j'ai à lire !

Commentaire n°4 posté par kathel le 15/05/2011 à 11h45

C'est un roman étrange, mais avec un très grand style, court mais dense. A tester.

Réponse de Papillon le 15/05/2011 à 17h47

le titre, ton billet, le sujet, tout m'attire !

Commentaire n°5 posté par Theoma le 15/05/2011 à 18h39

"étrange et beau", c'est exactement les termes qui conviennent je trouve ! Tout en ayant été envoûtée par la lecture, par la beauté des phrases, j'en suis ressorti en me disant ce simple mot : "c'est étrange quand meme". Je le conseille vivement cependant, parce que c'est tellement beau !

Commentaire n°6 posté par emeraude le 15/05/2011 à 19h05

est-ce que mon commentaire est bien passé ? Je disais que j'étais tout à fait d'accord avec toi ! (je n'ai pas fait de billets, mais j'ai vraiment beaucoup aimé) C'est vrai que je n'avais pas encore vu de billets, mais il faut dire que ce n'est pas non plus un livre hyper accessible, justement par cette étrangeté...

Commentaire n°7 posté par emeraude le 15/05/2011 à 19h06

'C'est tellement beau " : tout est dit ! Oui, ce texte est magnifique, du coup je ùe suis pas posée de questions, mais dans les passages un peu obscurs. En plus, le thème m'a vraiment beaucoup, beaucoup touchée.

Réponse de Papillon le 17/05/2011 à 21h06

J'aurais été terriblement tentée par l'histoire mais à la lecture de l'extrait, ce n'est vraiment ps un style pour moi ... je ne suis pas très fan des longues phrases (elles ne m'envoutent pas  ... elles m'endorment ! mdr !)

Commentaire n°8 posté par Joelle le 16/05/2011 à 09h54

Moi non plus en principe je n'aime pas les longues phrases, mais là la magie a vraiment fonctionné !

Réponse de Papillon le 17/05/2011 à 21h08

Hé bien, hum, j'attendrai la sortie en poche, ou l'emprunterai à la bibliothèque car je ne suis pas bien sûre qu'il me plaise

Commentaire n°9 posté par Nymphette le 27/05/2011 à 10h57

Parfaitement daccord ! Lire mon avis dans le blog http://magpresse.blogspot.com

Commentaire n°10 posté par magpresse le 12/11/2011 à 18h24

Quoi de neuf ?

 

 

 

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