Les femmes du bus 678 - Mohamed Diab

Publié le par Papillon

 

les-femmes-du-busTous les matins, pour aller au bureau, Faïza doit prendre le bus et, comme tous les bus du Caire, le bus 678 est bondé. Les hommes en profitent pour la coller et la tripoter. Elle a beau s'habiller comme un sac, porter un voile, rien n'y fait. Tous les jours, elle y a droit. Prendre le bus est devenu un tel cauchemar qu'elle ferait tout pour l'éviter : prendre un taxi (mais c'est cher), aller au travail à pieds (mais elle arrive en retard). Elle a tellement honte qu'elle n'ose en parler à personne, surtout pas à son mari. Seba, elle, a été sexuellement agressée lors d'une manifestation de rue, après un match de foot, sous les yeux de son mari, qui depuis la fuit, parce qu' elle le dégoûte, dit-il. Nelly est agressée par un automobiliste en pleine de rue, fait un scandale et traîne son agresseur au commissariat. Confrontée au même problème et à la même incompréhension de leur entourage, toutes les trois vont adopter une solution différente face au machisme généralisé de la société égyptienne. Seba divorce et crée un cours d'autodéfense pour femmes, Nelly décide porter l'affaire en justice, Faïza va adopter un moyen encore plus radical qui va mettre la police à ses trousses.

 

Devant ce film, on se félicite encore une fois de vivre en France (surtout quand on prend le métro tous les matins) et on constate à quel point la condition de la femme en Egypte est en mal en point. L'homme détient le pouvoir dans tous les domaines : à la maison, bien sûr, dans la rue, au bureau, à l'école et au commissariat. Quoiqu'elle fasse, la femme est coupable : d'être trop jolie, ou trop sexy ou trop aguichante. Aucun homme n'est choqué qu'une femme se fasse agresser dès qu'elle sort dans la rue, comme si les femmes étaient là pour ça, en somme, à la disposition de tous. Les mêmes ne supportent pourtant pas que l'on touche à leur femme, leur soeur ou leur fille. Etrange contradiction d'une société égyptienne qui se révèle bien malade, où dans des villes surpeuplées règnent promiscuité, pauvreté, chômage et frustration sexuelle, une société où les rapports entre hommes et femmes sont tout sauf simples.

 

Mais ces trois femmes, qui viennent pourtant de milieux différents et ont des histoires différentes, vont faire un peu bouger les lignes et commencer à faire comprendre aux égyptiens que l'on ne peut pas, sans impunité, toucher une femme sans son consentement.

 


Film égyptien (2012) avec Nahed El Sebaï, Bushra Rozza, Nelly Karim, Omar El Saeed.

Genre : drame ; durée : 1h40.


Publié dans Cinéma

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anjelica 20/06/2012 13:16


s'il passe encore par chez moi, je vais y aller même si je sais que je vais ressortir avec les nerfs à fleur de peau !

gambadou 12/06/2012 21:02


j'ai très envie de le voir, mais il faut que je me dépêche, j'ai peur qu'il ne reste pas longtemps à l'affiche

Papillon 12/06/2012 21:58



Comme toujours, malheureusement, avec ces petits films étrangers ; dur de lutter contre tous ces blockbusters amériacins...



Annie 10/06/2012 09:36


J'avais déjà envie de voir ce film et ton article me conforte dans cette idée ! Merci !

Papillon 10/06/2012 20:23



j'espère qu'il passera vers chez toi !



cathulu 10/06/2012 06:52


Aifellle en avait, brièvement, parlé. tu enfonces le clou, ilfaut absolument que mon ciné-club le passe! Et dès qu'il sera en DVD, je le passerai à mes élèves.

Papillon 10/06/2012 20:23



C'est d'ailleurs Aifelle qui m'avait convaincue d'aller le voir. Et ce qui me tue, c'est qu'un film comme celui-là aura une audience confidentielle, alors que les Mens in black et autres Avengers
sont sur tous les écrans : c'est pas juste !