La grâce des brigands - Véronique Ovaldé

Publié le par Papillon

 

ovalde4.jpg

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'enfance de Maria Cristina ne fut pas très riante. Elle a grandi quelque part au Canada, dans le terne village de Laperouse, dont le nom sonne pourtant comme une promesse de balade exotique. Hélas, rien de bien exotique dans la famille Vaatonen. Les parents se sont rencontrés par erreur et par accident, et mariés par ennui. La mère tombe très vite dans un excès de religion sinistre et sectaire, qui bannit toute idée de plaisir. Par faiblesse, le père s'enferme dans le mutisme, et préfère discrètement sa fille aînée, rendant jalouse la cadette. Rien d'étonnant, donc, à ce que Maria Cristina saute sur le premier prétexte venu, en l'occurrence une bourse d'études en Californie, pour prendre la tangeante. A Los Angeles, elle tombe sous la coupe d'un écrivain mégalomane en mal de Nobel, avant de devenir elle-même écrivain, transformant son histoire en matériau littéraire.

 

Voilà un roman qui se lit sans déplaisir. Le plume de Véronique Ovaldé est fluide et j'aime beaucoup son univers totalement baroque. Malheureusement, je n'ai jamais réellement réussi à m'intéresser à cette pauvre Maria Cristina, que j'ai trouvé terne et falote, alors qu'elle est supposée incarner la femme libre et indépendante. Je suppose que l'auteur a voulu nous dire qu'il n'est pas facile d'avoir une vie équilibrée quand on a eu une enfance sans joie, ce dont on se doutait un peu. Pour moi, le moment le plus plaisant du roman se situe cinquante pages avant la fin quand un petit graçon surgit dans la vie de l'héroïne. C'est un peu tard. Et ça a l'air de vouloir dire que, finalement, ce n'est point le roman mais l'enfant qui fait la femme.


Editions de l'Olivier, 2013. - 284 p.


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C

J'avais déjà ressenti ça avec "Des vies d'oiseaux", une belle écriture, poétique, mais il manquait le petit quelque chose qui prend aux tripes (que j'avais par contre trouvé dans Véra Candida...)
Répondre
P


Je n'ai pas lu "Des vies d'oiseau" mais du coup tu ne me donnes pas envie



S

Je suis totalement en phase avec toi. Joli style mais histoire sans intérêt.
Répondre
P


Dommage, d'ailleurs, parce que j'aime bien cette auteure.



C

Pas lu (et même pas acheté), j'avais écouté cet été l'émission d'Augustin Trappenard sur France Culture qui présentait les romans à paraître avec le début et un extrait lus par l'auteur, puis
discussion (le nom m'échappe) et ce roman ne m'avait pas donné envie. Depuis les avis ici ou là, les passages de l'auteur dans diverses émissions n'ont rien fait pour me motiver. Ceci dit je
finirai bien par le lire (bibliothèque) mais sans urgence, vraiment.


 
Répondre
P


Je me demandais, justement (foullé ton blog, rien trouvé) Je l'ai également pris à la biblio mais je prends tout à la
biblio en ce moment et là, franchement, je n'ai pas regretté !



K

Ma seule tentative avec l'auteur n'a pas été une réussite (c'était Et mon coeur transparent), je ne suis pas très chaude pour réessayer...
Répondre
P


J'avais beaucoup aimé "Ce que je sais de Vera Candida", mais là je n'ai rien ressenti du tout



S

Un peu le même ressenti que toi. Il faut que j'écrive mon billet d'ailleurs
Répondre
P


Pourtant j'aime bien cette auteure, mais cette histoire n'a en fait aucun intérêt...



K

Finalement j'ai pu écouter Le masque et La plume. Pas sûr que j'aie envie de le lire, finalement...
Répondre
P


Cela dit, ils n'étaient d'accord sur rien dimance ! (sauf sur Kasischke qui est pourtant bien décevant, allez comprendre !



C

un coup de coeur pour moi !
Répondre
P


Tu n'es pas la seule mais ça n'a pas vraiment fonctionné pour moi...