La Comtesse - Julie Delpy

Publié le par Papillon

 

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"L'amour est la dague qui m'a frappée dans le dos."


Soyons clairs : si Erzebeth n'existait pas, je ne serais sans doute jamais allée voir ce film, l'histoire de celle que l'on surnomma "La comtesse sanglante" n'étant pas spécialement pour me tenter, mais ma curiosité fut la plus forte...

 

La véritable Comtesse Erzsebet Bathory naît au seizième siècle en Hongrie. Héritière d'un riche et puissante famille, elle reçoit d'une mère froide et dure une éducation qui doit faire d'elle une autre femme froide et dure. Et c'est ce qu'elle devient : belle et insensible, intelligente et curieuse, mais cruelle. A quinze ans, on la marie avec un homme beaucoup plus âgé, guerrier sans peur et sans pitié. A eux deux, ils vont devenir l'une des familles les plus riches et les plus puissantes de Hongrie. Pendant que son mari guerroie contre les turcs, Erzsebet fait fructifier son héritage, devenant même la créancière du Roi. Devenue veuve, elle se rend à la Cour, d'abord pour y mettre ses enfants à l'abri de la guerre, mais surtout pour montrer au Roi que la perte de son mari ne l'a en rien affaiblie. Au cours de ce séjour, elle tombe follement amoureuse d'un très beau jeune homme, beaucoup plus jeune qu'elle. Pour elle,  c'est une révélation. Commence une liaison passionnée, mais brève. Erzsebet doit rentrer dans son domaine. Mais Istvan lui promet des lettres. Elle va attendre en vain. Persuadée d'avoir été abandonnée à cause de son âge, Erzsebet dépérit, languit, se meurt d'amour. Un jour, éclaboussée par le sang d'une jeune servante qu'elle a frappée, elle croit retrouver l'illusion de la jeunesse.  Elle se met dès lors en quête de sang pour y trouver une cure de jouvence et de beauté. Toujours plus de sang,  toujours plus de jeunes filles, toujours plus de cadavres…


En dehors de l'histoire sanglante, sur laquelle Julie Delpy ne s'appesantit pas trop, mais qui n'est cependant pas un détail de l'histoire, ce film dresse le portrait d'une femme très ambigüe. Comment une femme si insensible a-t-elle pu tomber dans le piège de la passion mortifère, comment une femme si intelligente et spirituelle a-t-elle pu succomber au mirage de la beauté éternelle ? En plus d'être une fable tragique sur la "vanité des vanités", le film s'interroge sur la vraie personnalité d'Erzsebet Bathory : folle sanguinaire ou femme libre, dangereuse et gênante pour le pouvoir en place, qui s'est chargé de la réduire au silence ?


Julie Delpy a conçu une histoire bien plus complexe que ce que la légende populaire a retenu d'Erzsebet Bathory, et son film  est bien plus qu'un ultime avatar du mythe du vampire. Une très bonne surprise, même s'il y a quelques scènes un peu difficiles à supporter.


Film français (2010) de Julie Delpy,
Avec Julie Delpy, Anamaria Marinca, Daniel Brühl.
Genre : drame historique ; durée : 1h34.


Publié dans Cinéma

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uncoindeblog 02/06/2010 17:43



Un film intéressant. En tout cas, le public était au rendez-vous lorsque j'y suis allée (c'était une petite salle mais bien remplie). Cocnernant l'hospice, je me suis demandée si c'était un
indice, mais après tout vu la période, et les conditions d'hygiène cela n'avait rien de très surprenant.Est-ce une référence à son amie "sorcière" ? Bref beaucoup d'éléments mais guère de clés de
réponse. Peut être qu'un spécialiste (et encore) pourrait nous les donner.



Papillon 02/06/2010 20:57



En tout cas, on sort de ce film avec de gros doutes...



Isleene 17/05/2010 14:58



Je n'ai pas encore vu le film, mais il me tentait vraiment. Surtout sur l'histoire de la comtesse est fascinante



Papillon 18/05/2010 21:44



Et le personnage est très complexe, donc très intéressant...



Marc Lefrançois 04/05/2010 10:13



Je sais déjà qu'il y a déjà un ou deux livres sur elle, mais je crois que ce sont des bios...



Marc Lefrançois 27/04/2010 13:43



ça alors... c'est marrant car j'avais envisagé un moment d'écrire un roman autour de ce personnage...



Papillon 27/04/2010 20:40



Il n'est pas trop tard , c'est vraiment un personnage de roman !



Lilly 27/04/2010 10:08



Ou alors ça peut-être vu comme d'autres crimes cachés...


Sinon, je pense que quelqu'un dans la position d'Erzébeth n'était pas brûlé sur simple dénonciation. D'ailleurs, on voit bien tout le manège mis en place pour la faire tomber, c'est du complot de
haut vol.



Lilly 26/04/2010 23:06



Ce que je veux dire, c'est qu'à part les paroles de l'amant aux deux extrémités du film, il n'y a pas d'indices que ce qu'a fait Erzébeth est peut-être inventé (et comme avocat, il n'est pas
super bien placé en qualité d'amant malheureux). Certes, elle est manipulée, mais elle n'en commet pas moins des crimes terrrifiants. Que ceux-ci n'ont peut-être pas eu lieu n'est pas assez
développé à mon goût. Il est possible que ça m'ait échappé, mais je n'ai pas vu d'indices qui auraient permis au spectateur de se dire en sortant de la salle : "ah mais oui ! Maintenant que
j'y pense..."


Cela dit, j'ai apprécié le côté portrait de femme. Ca manque juste d'un peu de subtilité à mon goût (ou alors c'est moi qui en manque ;o)) 



Papillon 26/04/2010 23:22



Il y a un petit indice, au début : on évoque le fait qu'elle avait créé un hospice et "qu'on y mourrait beaucoup", je crois me souvenir qu'on y refait allusion à la fin. C'est surtout au moment
du "procès" que j'ai pensé qu'il eut été facile d'inventer tout ça ou de déformer des faits. A l'époque on te brulait pour sorcellerie sur une simple dénonciation...



erzébeth 26/04/2010 20:38



Cuné, t'as pas bientôt fini d'écrire des bêtises ? :-)


Ce qui me chagrine dans ce film (que je n'ai pas encore vu, mais ce sera chose faite, sinon ce serait quand même bien honteux), c'est cette histoire d'amour dont je n'avais strictement jamais
entendu parler. Certes, j'ai abandonné la lecture d'une biographie d'Erzébeth quasiment dès le début, mais c'est pas une raison pour ne pas me mettre au courant. J'ai peur que J. Delpy ait
enjolivé la réalité pour donner un côté à cette femme qui n'était rien d'autre qu'un monstre.


Ce qui me fait rire, en revanche, c'est que Mlle Delpy me doit donc deux spectatrices, entre Lilly et toi, la réalisatrice pourra me remercier de mon incroyable influence ! ;-)



Papillon 26/04/2010 22:50



Disons que Julie Delpy n'en fait pas un personnage totalement antipathique, elle sème le doute sur sa vraie personnalité et montre une autre face de l'histoire. Mais je ne sais pas du tout
surquelles sources elle s'appuie.


D'ailleurs c'est cet aspect du film qui m'a le plus plu : cette femme libre et indépendante et je me suis dit : voilà pourquoi Erzie a choisi ce pseudo. En fait, non, tu préfères le monstre, si
je comprends bien ?!



Emily 26/04/2010 12:45



Effectivement, quand j'ai fait mon TPE sur les vampires en première, on s'y était intéressée brièvement, certes, mais tout de même !



Papillon 26/04/2010 22:46



On l'a quand même qualifiée de "Dracula femelle" ou quelque chose du même genre....



Joelle 26/04/2010 10:51



Je viens d'acheter, samedi, une BD sur ce personnage !!! Mais je ne savais pas que ce film venait de sortir !



Papillon 26/04/2010 22:44



Et je ne savais pas qu'il existait une BD : dis m'en plus !



Aifelle 26/04/2010 06:57



Le thème de ce film ne m'attire pas du tout, par contre Julie Delpy si  Je ne sais pas encore ce que je vais
faire.



Papillon 26/04/2010 22:43



Cruel dilemne !