Citation du jour :
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
Depuis quelques semaines, Amazon se livre à une grande opération publicitaire pour promouvoir sa liseuse électronique, le Kindle, vendu au prix de 99
€. Tentant, non ? 99 €, ça représente 4 ou 5 livres brochés (ou une dizaine de poches), ce qui, pour un gros lecteur, n'est pas un budget énorme. Et le livre électronique, c'est la possibilité de
transporter sa bibliothèque dans son sac et de se lancer dans la lecture des classiques sans dépenser un centime et sans encombrer ses étagères de livres que l'on ne lira jamais. Donc, je suis
allée faire un tour chez Amazon (dont je ne suis d'ailleurs pas cliente pour mes achats de livres), frétillant déjà de l'impatience de découvrir cet objet plein de promesses.
Et là, stupeur ! J'ai découvert qu'acheter un Kindle allait m'obliger à acheter tous mes livres numériques chez Amazon (dont je ne suis pas cliente, donc). Avec son Kindle à 99 €, Amazon va donc faire de moi ce que l'on appelle un "client captif", tout ce que je déteste, par définition. Et surtout, ce qui représente à mon avis la disparition à plus ou moins long terme des libraires, des librairies, et d'une certaine forme de littérature.
Laissez-moi vous raconter une petite histoire.
Quand j'étais ado (dans les années soixante-dix) et que j'avais envie d'acheter un disque, j'allais chez le disquaire, où je trouvais toujours de bons conseils. Puis les disquaires de quartier ont complètement disparu. Pourquoi ? Parce que c'est dans les années soixante-dix que la grande distribution a explosé, et elle n'a pas tardé à se jeter sur le marché du disque comme un requin sur un surfer bien gras, en proposant des disques à des prix défiant toute concurrence. Résultat : les magasins de disques ont tous disparu en quelques années. Si les librairies ont survécu c'est grâce au Prix Unique du livre (Merci, Jack !) qui fait que le livre est, certes, un peu plus cher en France qu'ailleurs (que dans les pays anglo-saxons, par exemple), mais que l'offre éditoriale y est aussi riche et variée. Nous autres, blogueurs, nous nous plaignons parfois qu'il y a trop de livres à lire. Prenons garde de ne pas avoir à déplorer l'inverse dans quelques années.
Parce que voici ce qui risque d'arriver : quand Amazon, gràce à son Kindle et à ses clients captifs, pourra se targuer de suffisamment de parts du marché du livre, il ne va pas tarder à réclamer la suppression de la loi Lang (mondialisation, libre concurrence, etc...), une brèche dans laquelle il s'est d'ailleurs dejà largement infiltré en supprimant les frais de port. Et là, ce sera la fin de la librairie, des libraires, des conseils de lecture et d'une certaine littérature. Car le but de la grande distribution, comme son nom l'indique, c'est de vendre en masse (fromages, chaussures ou bouquins, peu importe) pour faire un maximum de profits. C'est pourquoi sur Amazon les conseils de lecture se limitent aux avis des lecteurs et aux listes de livres les plus lus : on vous dirige vers ce qui se vend bien et pas forcément vers ce que vous aimeriez lire ou découvrir. Dans un tel contexte économique, quel éditeur prendra le risque d'éditer un Kobe Abe, un Edgar Hilsenrath ou un Coetzee, alors qu'il est si facile de vendre du Lévy, du Musso ou du JK Rowlings ?
Depuis trente ans, la grande distribution a réussi à remplir nos assiettes de merde, elle en fera autant avec nos bibliothèques, si nous n'y prenons garde ! Amis des livres, qui voulez promouvoir la lecture et les bons romans, vous possédez deux pouvoirs : un pouvoir de citoyen avec votre bulletin de vote, et un pouvoir de consommateur avec votre carte bleue. Les récents évènements économiques vous ont montré à quel point le premier se dévalue pendant que la seconde prend du poids. Si vous voulez choisir le monde dans lequel vous voulez vivre, et les livres que vous voulez lire, faîtes bon usage de votre carte bleue. Et donc, en ce qui me concerne, le choix est vite fait :
le Kindle ne passera pas par moi !
JE LIS :
J'applaudis des deux mains
Et puis autre problème, on ne pose pas la question de la multiplication des engins
qui se rechargent. Quid des économies d'énergie qu'il nous faut faire à tout prix
Les discours d'un côté, la
frénésie de vendre de l'autre, reste le consommateur qui aurait un pouvoir énorme s'il le voulait bien.
Je suis atterrée de constater qu'en matière économique la plupart des gens n'y voient pas veaucoup plus loind que le bout de leur nez. Tous ces gadgets technologiques (inutiles pour la plupart) nous rendent complètement d'une énergie qui s'épuise ! le livre est quand même une invention formidable de ce point de vue, non ?
J'applaudis aussi, car tu sais, l'envie m'avait titillée : quand même, les classiques à portée de mains!
Mais dans mon trou perdu, pas moyen de mettre la main dessus et d'essayer avant l'achat, et je suis méfiante, ne sachant pas trop comment ça marche; de plus ces 99 euros ne comprennent pas le chargeur de la "bête" ce qui est idiot comme technique de vente. Ajoutons qu'on charge les bouquins d'un clic "avec wi fi" et que la wi fi chez moi , y'a pas à tous les coins de rue...
j'ai donc (provisoirement? on ne sait jamais) décidé de continuer à emprunter les livres en bibli, d'en acheter des vrais avec du papier et de déplorer que de toute façon je n'aurai pas le temsp de tout lire.
Quand au poids des livres, bah, il suffit de réserver les poches pour les déplacements, et quand on voyage longtemps, de privilégier les poches et d'enlever une ou deux paires de chaussures de la valise. Chacun ses priorités, n'est ce pas?
Le poids ne m'a jamais non plus empéchée d'emporter des livres en voyage. Et quand on sait que la majorité des gens ne lisent pas plus de 4 ou 5 livres par an, on se demande où est l'intéret d'en avoir 200 ou 2000 dans un e-book ( à part la course aux chiffres que le monde moderne adore !)
Bravo pour ton billet fort bien argumenté. Ta démonstration est accablante pour le Kindle dont je n'ai absolument pas envie !
Pour ce qui est des classiques, je lis audio (sites gratuits comme Audiolivres.com) via mon lecteur MP3. Je trouve cela formidable !
Je n'ai encore jamais testé les livres audio parce que pour moi "écouter un livre" est un concept bizarre
mais je note
quand même parce que je connais quelques vieilles dames que l'idée va intéresser !
Bonjour,
Cet article est passionné, mais se base sur un constat erroné. En effet, je suis utilisateur d'un Kindle DX, et je peux y mettre des livres électroniques autres que ceux d'Amazon très facilement, grace au logiciel Calibre, qui assure à la fois la gestion de ma bibliothèque sur PC et la conversion vers le format mobi du Kindle.
Le vrai frein ne réside pas dans le format de fichier du Kindle, vers lequel on convertit très facilement, mais dans les DRM qu'imposent les e-libraires et qui sont évidemment incompatibles entre eux, obligeant ainsi les lecteurs à des contorsions complexes et illégales pour les retirer et utiliser leur appareil de lecture.
Très cordialement, François
Merci de cette précision mais le Kindle DX coute 4 fois plus cher. L'idée d'un e-book à moins de 100 euros est bel et bien de piéger le client. quant aux DRM, elles sont conçues non par les e-libraires qui ne sont que des distributeurs mais les éditeurs qui essaient de protéger la création littéraire.
Bonjour,
Je lis depuis longtemps mais ne suis jamais intervenue. ( quand je n'ai rien à rajouter je trouve ça inutile ... parler pour ne rien dire etc )
Mais là, parce que je prends souvent le train pour de longs trajets et que les bouquins, c'est lourd ) attirée par le concept je suis passée par la même démarche et en approfondissant, car je n'achète jamais à la légère, les mêmes constatations. Ils se gardent bien d'en parler dans leur pub. Format propriétaire, ça s'appelle ...30 000 livres en français, c'est à la fois beaucoup et peu ( tout dépend des livres en plus ) Même s'ils viennent de conclure un accord avec Virgin et je sais plus quelle autre enseigne pour la distribution du lecteur et ... des livres ?
Alors je me suis tournée vers le kobo, le nouveau e-lecteur de la fnac. A priori, le panel est plus large 200 000 livres et surtout on a plus le choix pour le téléchargement. ( a priori, ce n'est que du texte donc même avec ma liaison internet pourrie ça doit fonctionne ) La seule chose qui me gêne encore c'est le prix qui diffère à peine du format papier ( faut pas abuser non plus ) et le fait de ne pas pouvoir le prêter ( loi hadopi, format drm ) . J'ai acheté la bête pour voir, j'ai dix jours pour tester, je verrai mais mon usage se limitera certainement à ce pour quoi je l'ai pris ( voyages et vacances pour emporter autant de livres que je veux, sans le poids )
Pour autant d'après ce que j'ai lu à droite et à gauche, le livre a encore de beaux jours devant lui, les gens ne sont finalement pas si idiots que ça. Il y a encore trop de choix et de variété dans un livre pour que ça soit rendu par un e-book, quelqu'il soit. Enfin, c'est mon avis !
Merci de ce long commentaire. Je pense aussi que le livre a encore de beaux jours devant lui parce que c'est un objet formidable. Mon billet avait surtout pour but d'alerter les lecteurs que le Kindle est un piège qui peut se révéler très dangereux à long terme. Comme tu le dis, le prix du livre numérique est encore très cher, et on ne peut pas le préter en plus donc je n'y vois pour l'instant aucun avantage.
Papillon,
Je n'ai pas le dernier Kindle, mais il a vraisemblablement les mêmes possibilités que le "vieux" DX (plus cher car l'écran est plus grand), donc le transfert d'un livre à un autre format que mobi, par exemple le très répandu ePub, doit être aussi simple via le logiciel gratuit Calibre.
Quant aux DRM, si on peut comprendre leur motivation, le résultat est qu'ils sont une plaie pour les lecteurs, qui justement ne veulent pas être prisonniers d'une plateforme de lecture propriétaire. Ils aboutissent au contraire de leur objectif, c'est à dire transformer le lecteur honnête en "pirate", simplement pour pouvoir profiter de son achat sur son matériel.
Très cordialement, François
Il semble en effet que le nouveau Kindle ait aussi cette fonctionnalité, ce qui ne change pas fondamentalement mon opinion sur l'objet : je refuse d'acheter une liseuse liée de si près à la grande distribution (qui en plus traite très mal ses employés)
Quant aux DRM je suppose que les éditeurs finiront par se mettre d'accord sur un format commun, mais reconnaissez qu'avec le livre papier on ne rencontre pas de telles difficultés techniques
juste une petite précision technique : le format propriétaire d'amazon est effectivement contournable via le logiciel gratuit Calibre, et ce quel que soit le modèle de Kindle, même celui à 99 €.
(pour le reste c'est un long débat passionné dont les arguments sont déjà largement donnés. Les deux devraient cohabiter un bon moment, et le livre n'est pas encore complètement mort. Reste que dans bcp de foyers, les enfants ne connaissent aujourd'hui que la télé et l'ordi, et ne voient un objet livre qu'à l'école ou en visite à la bibli avec la classe, c'est le constat que je fais de plus en plus au travail. Et c'est davantage cela qui tuera le métier de libraire et de bibliothécaire si on ne trouve pas une reconversion vers le numérique ou le service offert)
A court terme je suis bien plus inquiète pour les librairies que pour les bibliothèques et ça m'emm... vraiment de penser que dans quelques années je serai obligée de passer par les grandes enseignes pour accèder aux livres, comme c'est déjà le cas pour la musique ou les films. Quant aux bibliothécaires, ils feront comme nous autres, documentalistes, ils s'adapteront et survivront
. Et tu as raison il faut faire un vrai travail pour les plus jeunes pour les attirer vers la lecture,
surtout dans les classes les plus populaires. C'est peut-être le seul avantage que je vois au livre numérique qui séduira plus facilement ces "digital natives".
Vous pouvez obtenir les livrels en .mobi chez Smashwords, souvent libre et toujours moins cher que chez Amazon.fr. On peut les transferer sur le Kindle par courriel ou cable.
Cordialement, Stephanie
Merci pour l'info ! Mais je viens d'y faire un tour et on y trouve essentiellement des livres en anglais, ce qui est quand même très rédhibitoire !!!
Ce qui se passe actuellement avec Amazon et le Kindle me paraît presque grave - et leur stratégie commerciale fait qu'ils vont vendre beaucoup, beaucoup de reader d'ici Noël... Je trouve ça inquiétant pour la suite de la production numérique. On ne peut pas nier cette dernière, éditeurs, libraires, bibliothécaires (et lecteurs) doivent sérieusement prendre en compte cette nouvelle façon de lire (de s'informer, se cultiver, se divertir, etc) mais il faut faire très attention à la mise en place de ce nouveau versant culturel.
Amazon offre une prison dorée pour 99€, c'est effrayant. Après, je suis d'accord avec François, le Kindle n'est pas le seul problème (pour moi, il y a un vrai combat à mener contre les DRM aussi) mais en s'implantant partout (sur le web, chez Virgin (et Carrefour, il me semble)), le Kindle va toucher un public extrêmement large et peu sensibilisé aux enjeux numériques... Quel triste constat !
Le numérique peut avoir de bons côtés, j'en sais quelque chose avec ma liseuse Sony, mais pas à n'importe quel prix, n'importe comment...
Merci pour ce billet, Papillon ! :)
Si je devais achetre une liseuse (ce qui n'est plus à l'ordre du jour du coup) je ferai comme toi : je choisirai un modèle qui n'est pas lié à la grande distribution et me permet d'acheter mes livres chez qui je veux !
Un article interessant sur le sujet : http://www.cnetfrance.fr/blog/e-readers-pourquoi-ca-va-marcher-39765765.htm#xtor=RSS-2
Merci ! Je vais aller voir ça.
Je me suis adaptée à une vitesse incroyable au livre audio, qui repose mes yeux fatigués par l'ordinateur et je t'assure qu'il n'y a pas que les vieilles dames qui peuvent l'apprécier !
Je note donc doublement, même si je doute de pouvoir me concentrer assez longtemps pour écouter sans rien faire d'autre...
J'ai un ipad, mais je n'ai pas encore lu de livre !
mais pour internet et jouer , un ipad c'est super
pour la lecture je reste attaché au papier
L'Ipade est un très bel objet, mais pour moi ça reste un gadget. Et le livre en papier, 'est encore ce que l'on fait de mieux.
Propriétaire d'un Kindle 2e génération, je peux te dire que je peux mettre dessus des e-books qui ne proviennent pas d'Amazon. Ca demande juste le passage par une petite moulette, mais très instinctive.
J'en suis ravie, mais au final d'où proviennent tes livres numériques ?
sur la mort des librairies, un article très intéressant ici : http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/11/18/la-fin-de-la-librairie-2e-partie-pourquoi-nous-sommes-nous-detournes-des-librairies/
Excellent article très bien documenté mais qui me fait froid dans le dos. Je constate quand même avec stupeur que les "gros lecteurs" représentent 60% des ventes : ils ont donc un vrai pouvoir. A eux de savoir l'utiliser !
Je comprends complètement... Je me suis demandé ce que c'était (ça a duré 2 secondes) mais n'étant absolument pas attiré par ce concept de tablette-écran se substituant à l'objet livre, je ne me suis même pas penchée sur la question. C'est déjà pas agréable de lire sur un écran d'ordinateur alors une tablette... quelle différence??? Où est le plaisir de tourner physiquement la page, d'humer la (parfois) vieille odeur de papier tout sec ou tout humide ou tout poussiéreux, d'y annoter quelque chose, de râler qu'on a perdu son marque-page (qu'on collectionne autant que les bouquins)? Depuis 2 ans, j'ai décidé d'acheter tous mes livres français chez un petit libraire. Je n'aime pas qu'on me conseille pour la lecture, mais j'aime bien tomber au hasard sur un bouquin qui va parfois se révéler être un bijou (le cas de Entre ciel et terre de Jon Kalman Stefansson) ou quelque chose d'utilie (les Cartoville pour voyager), pouvoir feuilleter à loisir et choisir en connaissance de cause. Il faut reconnaître cependant une chose à Amazon: on peut y acquérir des livres en langue étrangère, ce qui est absolument impossible chez mon libraire... Pour ce qui est des prix, ils sont rigoureusement les mêmes, ils sont justes répercutés différemment via carte de fidélité en librairie. Merci pour votre blog qui a déjà beaucoup contribué à allonger ma liste de lecture! ;))
C'est depuis que j'ai un blog que je me suis vraiment penchée sur la question du marché du livre et que je n'achète mes livres que dans des librairies indépendantes (surtout que je vis à Paris où nous avons encore la chance d'avoir plein de très chouettes librairies). Et je suis comme toi : le passage à la librairie est un vrai plaisir.
A ce propos, une vidéo espagnole (sous-titres en français) complètement dans le vrai et pleine d'ironie: http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk
Excellent !
Bravo pour ce billet ! Je suis tout à fait d'accord. Et j'aime trop l'objet livre pour céder aux chants de la sirène liseuse pour lire des romans.
Je crois que l'objet livre a encore de beaux jours devant lui. Quant aux librairies, c'est autre chose....
Ton article est très intéressant bien complété par les commentaires.
Je passe toute la journée devant un écran pour le travail et de plus en plus le soir pour faire le tour des blogs ou alimenter le mien... Je préfère donc rester au livre papier (malgré son poids, puisque je lis beaucoup dans le train) d'autant plus que je lis beaucoup de livres de la Bibliothèque.
J'emprunte aussi à la blio. Et puis j'aime préter mes livres, sans que ça tourne au casse-tête technologique !
Bonjour à tous. Je suis allée visiter le Salon du livre de Montréal (Place Bonaventure) il y a peu de temps. C'était génial. J'y ai fait des découvertes sensationnelles.
Pour en revenir au web.
J'ai lu quelque part : "Vous êtes une personne suffisamment équilibrée et solide pour vous adapter à l’autre dans le but de le mettre à l’aise, le temps d’une conversation."
En fait, je trouve que cette affirmation correspond aussi à l'écrivain. Ce dernier doit avoir, lui aussi, la faculté de s'adapter à ses lecteurs sans risquer de tomber dans l'hypocrisie littéraire. Il y a tellement de beaux livres à découvrir. Le Temps des Fêtes approche rapidement. J’en profite pour choisir les cadeaux que je vais offrir. Vous avez lu dans mes pensées... cette année j’offre des livres à ma famille et mes amis.
J’ai réfléchi à ceci : offrir des BD aux adultes et de petits romans légers au plus jeunes. Bien entendu, c’est une période de détente et je désire ouvrir l’imaginaire de ceux que j’aime. Qu’en pensez-vous ?
Merci pour votre blog.
Je trouve génial d'offrir des livres, je le fais souvent, c'est un moyen de faire partager les livres que j'ai aimés.
Le simple fait qu'une liseuse puisse tomber en panne devrait dissuader tout lecteur sensé de s'en acheter une. Le livre sur papier est toujours fidèle au poste, lui; il n'a jamais de batteries faibles au moment fatidique, lui; et l'écrivain peut le dédicacer... Cela, sans compter la mort, peut-être, des libraires sous leur forme actuelle.
Donc pour mes activités de lecteur, ni Kindle, ni quelque liseuse que ce soit.
Le fait d'être dépendant de l'électricité est en effet un gros handicap pour moi. Je me rends compte à quel point l'objet-livre est pour beaucoup dans mon plaisir de lire.
Moi aussi, j'adore le papier ! Rien d'électronique ne peut remplacer un livre que l'on caresse jalousement en le lisant.
Je suis bien d'accord ! Feuilleter des livres en librairie, c'est jouissif, non ?
"l'offre éditoriale y est aussi riche et variée"
J'ai un Kindle et j'en suis très contente (pour lire des articles scientifiques en PDF, c'est tellement plus agréable et commode qu'un ordinateur), mais c'est la phrase citée qui m'a fait bondir.
Pour avoir échangé avec de nombreux lecteurs bilingues anglais-français (qui peuvent donc comparer équitablement l'offre en anglais et en français), il me paraissait faire consensus au contraire que la littérature en France était moribonde et n'intéressait plus grand monde... On publie des traductions de l'anglais (et d'autres langues) à tour de bras, c'est ce qui se vend le mieux. Où sont les auteurs français? Pourquoi les éditeurs ont-ils si peur de miser sur de nouveaux auteurs, d'introduire de nouveaux genres à leur catalogue?
C'est simple, pour ma part je lis à 90% en anglais, et ce n'est pas faute de ne pas aimer notre belle langue française. Il n'y a juste plus d'offre, plus de choix, plus rien. Il faut dire que 90% de ce que je lis est de la romance, un genre qui bizarrement se vend bien au Québec et en France, mais ce ne sont QUE des traductions de l'anglais! Qu'attendent les éditeurs francophones pour accepter l'existence de ce genre incroyablement riche et intéressant? Et cela vaut pour d'autres genres aussi... (La fantasy, la SF, par exemple, qui sont beaucoup mieux loties dans le monde anglo-saxon que francophone.)
D'abord il est difficile de comparer le marché de l'édition en anglais à celui en français. L'un est immense l'autre pas. Je note quand même qu'il y a 6 ou 700 romans nouveaux à chaque rentrée. On peut ne pas aimer la littérature française, mais on ne peut pas dire qu'elle est moribonde. Et en France on peut lire des romans en traduction de toutes les cultures, ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis où la plupart des librairies ne présentent que des livres en VO, c'est à dire de culture anglo-saxonne. C'est ça que j'appelle "une offre éditoriale riche et variée".
Il faut dire que je ne lis ni romance ni fantasy ni science fiction...
Ma vision est à la fois proche et différente : http://icezine.wordpress.com/2011/11/29/le-kindle-vrai-danger-pour-la-culture/
Plus que la Kindle, c'est les éditeurs qu'il faut surveiller.
J'ai lu votre billet (très bien argumenté) et vous arrivez à la même conclusion que moi : le culture est en danger. Le livre est de moins en moins le support d'une oeuvre d'art et de plus en plus un produit de grande consommation. Il y a donc effectivement pas mal de marchands de soupe qui ont compris comment faire de l'argent facile avec de la sous-littérature populaire. Et Amazon est leur meilleur allié puisqu'il poursuit le même but : faire de l'argent.
Sans savoir que tu avais traité ce sujet j'ai aujourd'hui publié un billet sur les "liseuses". Même si la teneur est un peu différente, la conclusion est similaire: l'e-book ne passera pas par moi non plus!
Je ne suis pas contre les liseuses, je suis contre les liseuse vendues par la grande distribution pour faire de nous des clients captifs qui vont faire mourir les petites librairies. Et de toute façon je préfère encore le papier !
Bonjour,
Votre post m'interpelle, je lorgnais moi même sur le kindle, et je n'ai pas envie de passer uniquement par amazon pour lire des documents.
Quelles sont les raisons qui vous font affirmer que l'on ait obligé d'acheter chez amazon?
En effet quand je lis la description pour ajouter du contenu manuellement, je ne vois rien qui empêche d'acheter ailleurs que chez amazon (ou presque) :
On peut connecter le kindle en usb, il apparait comme un disque dur, et on peut déposer des documents dans le répertoire Documents. Ce document sera lisible si le type du fichier est reconnu et si le fichier n'a pas de drm.
Ce serait je pense la seule obligation de passer par amazon, liée aux drm.
Comme je n'ai pas l'intention d'acheter des fichiers avec drm, ça ne me gêne pas excessivement.
Est-ce que je comprends mal la doc amazon, et avait vous rencontré des problèmes précis?
Un lien vers la doc : http://www.amazon.fr/gp/help/customer/display.html?ie=UTF8&nodeId=200713900#usb
Cordialement.
C'est une question de format. Le kindle ne peut 'lire" que les livres électroniques vendus par Amazon.
Je trouve votre texte sur le Kindle plutôt passéiste. J'en possède un et j'en suis ravi. Pourquoi ? Déjà parce technologiquement parlant, l'engin est bluffant. Le confort de lecture est identique, voire meilleur que pour un livre papier (car avec le Kindle, c'est vous qui choissisez la taille de vos lettres).
Par ailleurs, je ne vois pas ce qu'il y a de gênant à acheter TOUS ses livres chez Amazon. La rémunération de l'éditeur est la même, non ? Ah oui, les éditeurs, parlons-en. À force de pratiquer des prix bien trop élevés, ils ont contribué à tuer leur poule aux oeufs d'or. Quant aux libraires, seuls les spécialisés et les vrais connaisseurs resteront. Cela vous gêne ? Pas moi.
C'est votre opinion et je la respecte, mais permettez moi de ne pas y adhérer. En ce qui me concerne, j'aime flaner dans les librairies, humer et feuilleter des livres, lire ou entendre les conseils des libraires, rencontrer des auteurs et des lecteurs, découvrir des livres dont je n'ai jamais entendu parler. Il se trouve que mes gouts ne me portent pas vers les livres dont tout le monde parle et que tout le monde lit. Par ailleurs je n'aprouve pas la politique commerciale et sociale d'Amazon. Il existe par ailleurs bien d'autres modeles modeles de liseuses.
La politique sociale d'Amazon ? Diantre ! Elle vous gêne à ce point ? Où sont vos écrits concernant la FNAC ou Virgin qui ont, eux, contribué à ruiner les petits libraires en France ?
Et j'en reviens aux éditeurs. Vous ne dites rien sur les prix (scandaleux) pratiqués par ces derniers pendant des années et qui permettent justement au livre électronique de se faire une place au soleil aujourd'hui. Le phénomène fut le même dans le domaine de la musique. Et vous avez vu le résultat... La faute à qui ? A Apple ou à Universal ?
A votre place, je ne ferai pas de procès d'intention à Amazon. Ce n'est qu'un libraire en ligne qui a mis au point le livre à encre électronique. Je me répète mais c'est tout simplement bluffant.
Bonne soirée à vous avec un bon livre (électronique ou pas).