Habemus papam - Nanni Moretti

Publié le par Papillon

 

habemuspapam.jpg"Le pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner", comme disait le poète.

 

Dans une ambiance de rentrée des classes, les cardinaux se réunissent en conclave, chacun priant en son for intérieur de ne pas être l'élu. Une coupure de courant prémonitaire jette ce petit monde dans le désarroi, avec cette question, déjà : "Est-ce que ça va se voir, dehors ?" Nous sommes dans le monde de l'apparence, de la mise en scène et de l'illusion. Pendant ce temps, fidèles et media se pressent sur la place Saint-Pierre dans l'attente de l'annonce officilelle. Enfin, une fumée blanche s'elève dans le ciel et au balcon de la basilique la fenêtre s'ouvre : "Habemus papam !"

 

Las ! Au moment de se présenter à la foule, l'élu, le Cardinal Melville, est pris d'une crise d'angoisse et refuse d'apparaître. Consternation au Vatican. Le porte-parole (qui a la tête d'un officier du KGB) invente une fable pour les média pour gagner du temps. Un médecin est appelé au chevet du nouveau pape et le déclare bon pour le service. En désespoir de cause, la Curie fait appel (à son corps défendant) à un psychanalyste réputé, qui ne peut pas soigner puisqu'on ne l'autorise à poser aucune question personnelle. Une situation ubuesque, dont le pape se sort en prenant la poudre d'escampette pendant que cardinaux et psychanalyste sont consignés au Vatican...

 

Dans cette fable grinçante, où il n'est absolument pas question de religion, l'excellent Nanni Moretti met en scène la solitude absolue du pouvoir tout en se livrant à un brillant exercice de mise en abyme de la théâtralité. Tout est illusion. Un figurant est engagé pour occuper les appartements pontificaux pendant que l'authentique pape hante les théâtres et se mêle aux comédiens. Parce que c'est aussi l'histoire d'un vieil homme (merveilleux Michel Piccoli) qui au seuil de la dernière étape de sa vie se penche sur son passé et ses rêves de jeunesse jamais réalisés.

 

Nanni Moretti imagine un monde où le pouvoir est devenu le fardeau absolu, un monde en carton pâte où des marionnettes angoissées s'agitent en vain.

 


Film italien (2011) de Nanni Moretti,

avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr.

Genre : comédie dramatique ; durée : 1h42.


Publié dans Cinéma

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choupynette 13/09/2011 17:17



Vu... et avis très mitigé pour moi. Un film très inégal, avec des moments d'ennui, et d'autres où Moretti use d'ironie, de sarcasme pour dénoncer le pouvoir, la solitude qu'il engendre.



Papillon 18/09/2011 10:21


Ah ! je suis déçue que tu ne l'aies pas plus aimé ! Je ne me suis pas ennuyée une minute pour ma part.


Annie 13/09/2011 16:39



Après  avoir lu cet article j'ai bien envie de voir ce film. Merci !



Papillon 18/09/2011 10:20


J'espère qu'il te plaira !


Mascha 12/09/2011 15:44



Je ne pensais pas qu'un film de ce genre puisse m'intéresser, et poutant, c'est bel et bien le cas ici. Merci pour cette belle découverte! Si je le croise sur mon chemin, un jour, j'y jetterai un
petit coup d'oeil. ;)



Papillon 12/09/2011 22:56



J'espère vraiment que tu auras l'occasion de le voir !



choupynette 12/09/2011 13:40



le prochain film que j'irai voir je pense!



Papillon 12/09/2011 22:56



Régale-toi !



Aifelle 12/09/2011 07:15



J'ai beaucoup aimé ce film, Piccoli est extraordinaire, ah, ce qu'il fait passer dans un seul regard  La fin est
régalante, on devrait montrer ce film à tous nos jeunes et vieux loups politiques dont les dents rayent le parquet à la recherche de la moindre parcelle de pouvoir.



Papillon 12/09/2011 22:55



L'humilité : voilà bien ce qui manque cruellement à tous nos politiques !