Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre - Brock Clarke

Publié le par Papillon


Rentrée littéraire 2009

Entre un père éditeur et une mère professeur de lettres, Sam Pulsifer a eu une enfance baignée de littérature. Et à dix-huit ans il met le feu à la maison d’Emilie Dickinson, entraînant la mort de deux personnes. C’est un accident, selon lui, mais « les accidents, ça n’existe pas. »

« Il suffira sans doute de dire qu'au panthéon des grandes et sinistres tragédies qui ont frappé le Massachusetts, il y a les Kennedy, les sorcières de Salem, et puis il y a moi. »

Sam est condamné à dix ans de prison. A sa sortie, il se rend vite compte que la vie dans sa ville natale n’est plus possible. Il quitte la ville, tournant le dos au passé et à ses parents. Il renonce à la littérature pour devenir un spécialiste du packaging, se marie, a des enfants et s’installe dans un pavillon de banlieue. Une vie morne et tranquille, mais un remords l’empêche d’être heureux : il n’a jamais parlé de son passé à sa femme, allant même jusqu’à prétendre que ses parents sont morts. Il sent que le moment est venu de dire enfin la vérité. Il n’en aura pas le loisir. Le fils de ses victimes débarque un beau matin, avec l’intention annoncée de lui pourrir la vie. Il va réussir au-delà de toute espérance…

Jamais héros de roman n’aura mérité autant que Sam Pulsifer (notez le clin d’œil au Prince des ténèbres…) la qualificatif d’anti-héros. Sa principale caractéristique est la passivité face aux évènements. C’est un être qui cherche vainement sa place dans le monde, sans jamais la trouver. Il donne l’impression d’être un acteur qui joue dans une pièce dont il ne connaît ni l’intrigue, ni les répliques. Il se trouve donc systématiquement au mauvais endroit au mauvais moment. Sam se qualifie lui-même de « cafouilleur » : il multiplie les erreurs, les bévues, les bêtises et les bourdes. On découvre peu à peu qu’il a grandi au milieu des mensonges, au rang desquels il faut compter toutes les histoires dont les livres sont remplis. Et la vraie question que pose ce roman est : quel est le rôle que les histoires jouent dans nos vies ? La réponse est aussi ambivalente que cruelle : les histoires nous sont indispensables et fatales.

Brock Clarke pratique une poétique de l’absurde et interroge sur le mode burlesque le rôle de la littérature. Son monde, peuplé de personnages fantaisistes, est tout à fait réjouissant.

Déjà lu par : CunéMa tasse de thé - Emeraude

Traduit de l’américain par Renaud Morin.
Albin Michel, 2009. – 429 p.
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Commenter cet article

Yv 06/01/2010 17:18


Pas autant d'enthousiasme de ma part : c'est alléchant, certes, mais décevant


Karine:) 06/12/2009 23:26


Ravie que tu aies aimé, vu qu'il est dans ma pile! ;)


Papillon 07/12/2009 21:08


Je suis sûre que tu vas aimer : un roman drôle et original !


choco 27/11/2009 18:02


tu m'as convaincue ! :)


Papillon 29/11/2009 10:47


Chouette, alors !


Gaelle Nohant 27/11/2009 17:27


Bravo pour ce beau billet que je viens de lire avec plaisir, il y a longtemps que ce titre de roman m'intriguait, grâce à toi je sens qu'il va me plaire et je vais me le procurer très vite !


Papillon 29/11/2009 10:47


Bon retour sur la blogosphère !


Austengirl 27/11/2009 01:39


Je viens de découvrir ce livre au hasard de mes recherches en librairie... Je l'ai ajouté à ma liste pour le Père Noël, qui sait dans un mois je le lirai peut-être ! ;)


Papillon 29/11/2009 10:46


Je te le souhaite !


Cricri S. 26/11/2009 20:16


Très chouette ton blog, très intéressant. Merci pour ces idées de bouquins, je n'avais justement plus rien à lire pour le moment. A bientôt


Papillon 29/11/2009 10:45


Merci cricri et bienvenue !


keisha 25/11/2009 15:15


Déjà repéré ailleurs. Et quel titre!!!


Papillon 25/11/2009 21:12


Le reste est dans la même veine ! Et on découvre qu'il y a un paquet de maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre, en fait !


amanda 25/11/2009 13:19


c'est marrant cette phrase "le role que les histoires jouent dans notte vie"... me donne envie de m'y plonger, là, maintenant... (c'est l'effet O'Connell, sans doute :))


Papillon 25/11/2009 21:11


Tout tourne autour de ça, en effet et ça soulève pas mal de questions à tous les lecteurs !


dsaola 25/11/2009 10:20


Bonjour Papillon, moi aussi j'ai aimé ce roman (billet du 11/09/09). J'ai surtout attiré par le titre: une vraie intrigue policière. Sinon, je suis contente (même si je ne la connais pas) que la
maison d'Emily Dickinson existe encore bel et bien. Bonne journée.


Papillon 25/11/2009 21:09


Moi aussi, au départ, c'est le titre qui m' a plu. Et j'ai bien aimé la présence des livres dans cette histoire.


Ys 25/11/2009 09:09


Dans ma PAL depuis la rentrée, il s'est fait dépassé par d'autres : pas assez vindicatif ce Pulsifer !


Papillon 25/11/2009 21:08


ça c'est le moins que l'on puisse dire, en effet !