Citation du jour :
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
Un cours de "création documentaire" à Chicago. Le professeur, Russell Stone, est là presque par hasard. Ce dépressif blême et pessimiste, qui traverse la vie en rasant les murs et en évitant toute forme d'émotion, remarque d'emblée la jolie Thassa Amzwar, qui rayonne de joie et de bienveillance. Un état d'autant plus surprenant, aux yeux de Russell, que la demoiselle sort de l'enfer. Kabyle d'Algérie, Thassa a traversé la guerre civile, qui a englouti son père, sa mère et une bonne partie de sa famille, l'obligeant à émigrer au Québec. Russell s'inquiète : la jeune fille souffrirait-elle d'une maladie rare ? Il en parle à la psychologue de la fac. De fil en aiguille, Thassa se retrouve sous les feux de la rampe, bien malgré elle. Un généticien s'intéresse à son cas et se propose d'analyser son ADN. Thassa porterait-elle le gène du bonheur ? Le bonheur est-il génétique ? Une journaliste veut en faire le sujet de son émission.
« Un homme s’enfuit avec une femme ambigüe : c’est la plus vieille histoire du livre. Je l’ai écrite moi-même des centaines de fois, dans mon sommeil. Et chaque fois, l’histoire voulait prendre le large, se perdre, échapper à l’intrigue ourdie par son patrimoine héréditaire… »
Avec une intelligence rare, et d'une plume dense et caustique, Richard Powers mène une réflexion sur le bonheur et analyse le monde moderne. Chacune de ses phrases est une lame tranchante qui dissèque notre société malade de sa science, malade de ses media et malade de sa justice. Une société où la biologie et l'industrie pharmaceutique se donnent la main pour faire de chaque être humain un robot programmé par son ADN, dont chaque pièce défaillante puisse être remplacée par une petite manipulation génétique ou une petite pilule bleue, une société où le cirque médiatique a remplacé le cirque romain, une société où tout s'achète et tout se vend, à condition que la justice puisse déterminer qui est propriétaire de quoi.
Et, en toile de fond, Richard Powers nous pousse à nous interroger sur les limites entre la réalité et la fiction. Où s'achève le récit, où commence la création ? Il va jusqu'à instiller le doute dans l'esprit du lecteur, en faisant de subreptices apparitions dans son texte, des clins d'œil à la Hitchcock, pour finalement nous rouler dans la farine. Tout est fiction, même à l'heure où le je n'en finit plus d'envahir l'espace public.
Un roman exigeant, mais extrêmement brillant, qui donne au lecteur le sentiment d'être plus intelligent.
« Les livres sur le bonheur sont formels : nous sommes conçus pour croire que ce que nous désirons nous rendra heureux, mais conçus de telle sorte que la possession nous procure un bien maigre frisson. Vouloir est ce qu’avoir aspire à retrouver. »
Un grand merci à Solène pour ces trois jours de bonheur (je doute beaucoup que le bonheur soit dans les gènes mais je suis sûre qu'il est dans les livres !)
Traduit de l’américain par Jean-Yves Pellegrin.
Le Cherche midi, 2011. – 471 p.
JE LIS :
Encore un billet qui confirme ma première pensée : il faut que je lise ce roman !!
J'avais déjà eu un coup de coeur pour La chambre aux échos, j'ai l'impression que celui-ci est encore meilleur !
Et j'aime beaucoup ta dernière parenthèse ! =)
Bien meilleur que La chambre aux échos, pour moi.
Je l'avais noté chez Cuné car je n'ai jamais lu cet auteur mais ce titre m'a l'air vraiment bien et c'est probablement celui qui m'attire le plus de cet auteur (sans compter le fait que je suis rarement déçue par les livres publiés dans cette collection !)
Très juste : un très chouette collection.
très bon billet miss, auquel je plussoie ardemment :)
Je ne vois que des avis enthousiastes sur ce roman et j'en suis ravie !
Un livre sublime et magistral !
Nous sommes d'accord !
Ta manière de présenter ce roman me donne vraiment envie de le lire, les thèmes évoqués sont bien dans l'actualité, et puis je ne connais pas la plume de l'auteur, ce serait l'occasion.
C'est une lecture un epu exigeante mais ça vaut vraiment le coup !
Egalement repéré chez Cuné et je pense être incapable de résister. Par contre, Le Temps où nous chantions traine encore dans ma PAL et le temps que je le lise et que j'arrive à ce nouvelle opus, il sera sûrement sorti en poche, pour le plus grand bonheur de mes petits poignets ;-)
Le temps où nous chantions ne devrait pas te décevoir : quel roman fantastique !
j'aime beaucoup ta dernière parenthèse.. ^_^
J'avais réussi à résister à la proposition de Solène. Vous ne m'aidez pas toutes, hein !
il ne faut jamais résister à Richard Powers !
Si vous vous liguez toutes dans l'enthousiasme, je dois le noter...
même si je suis à peine remise de ma déception
concernant L'ombre en fuite !
L'ombre en fuite est le seul que je n'ai pas lu (le thème ne me plaisait qu'à moitié) mais celui-ci est fantastique !
J'ai moi aussi adoré ce nouveau Powers même si mon préféré reste "La Chambre aux échos". Je te prépare un autre paquet au départ aujourd'hui pour une nouvelle plongée dans l'inconnu...
J'ai moi aussi adoré ce nouveau Powers même si mon préféré reste "La Chambre aux échos". Je te prépare un autre paquet au départ aujourd'hui pour une nouvelle plongée dans l'inconnu...
Super ! Je me régale d'avance...
Il fait partie de mes prochaines lectures. J'attends d'être d'attaque pour bien en profiter!
Tu vas te régaler !
entièrement d'accord avec votre analyse de ce roman époustouflant... comme les autres, bien que mon préféré reste "le temps où nous chantions" et ne pas oublier "Les trois fermiers s'en vont au bal"