De Paris à Pékin par le Transsibérien - Frédéric Hermann & Fabienne Tisserand

Publié le par Papillon

 

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Il est bien connu que l’un des meilleurs moments du voyage, c’est sa préparation. Raison pour laquelle je suis actuellement plongée dans des romans russes ou chinois, des guides, dictionnaires et récits de voyage.

 

Cet album, déniché à la bibliothèque, combine deux genres : le récit de voyage et l’album de photos. Je me dois tout d’abord de relever une petite inexactitude dans le titre. S’il est effectivement possible de se rendre de Paris à Pékin par le train, la ligne du Transsibérien proprement dite relie Moscou à Vladivostok, à l’extrémité orientale de la Sibérie. Pour continuer jusqu’à Pékin, il faut soit emprunter le Transmandchourien via Harbin (choix des auteurs), soit traverser la Mongolie par le Transmongolien (mon propre voyage).

 

Les auteurs ont donc décidé d’atteindre Moscou par le train pour s’offrir une transition ferroviaire avant le début de la grande aventure. Parce que c’est bien une aventure que d’embarquer dans le mythique Transsibérien, sur la plus longue voie ferrée du monde, pour traverser de part en part le continent russe, et cette aventure commence à Moscou, gare Yaroslav ou gare Kazanski. Car le Transsibérien n’est pas un, mais multiple, desservant en rapide ou en omnibus toutes les gares du parcours. Des noms qui me font rêver : Ekaterinenboug (où fut assassinée la famille du dernier tsar et dernière ville de la Russie occidentale), Novossibirsk (plus grande ville de Sibérie, qui a grandi grâce au train), Krasnoïark (ville cosaque sur le fleuve Iénisséi), Irkoutsk (capitale de la déportation, sur les bords du fleuve Baïkal), Khabarovsk (ville asiatique sur le fleuve Amour) et, enfin, Vladisvostok, grand port sur l’Océan Pacifique.

 

Les auteurs ont effectué leur voyage au mois de mars, quand la majeure partie de la Russie est encore sous la neige, et nous offrent une ballade hivernale aux paysages glacés, sans négliger pour autant les rencontres et les visages. Car s’est aussi une aventure humaine que de voyager plusieurs jours, manger, dormir, se laver, dans un espace confiné, avec des inconnus, qui ne le restent pas longtemps. Et il faut tuer le temps, aussi, entre deux escales : deux jours, trois parfois, sans arrêt. On boit, on chante, on discute, on joue aux cartes, on lit ou on somnole. Le Transsibérien, qui fut construit pour coloniser la Sibérie et fut utilisé longtemps pour exiler les opposants à l’autre bout du pays, reste encore aujourd’hui le meilleur moyen pour les russes de traverser leur immense pays.

 

Et puis, à Vladivostok, changement de direction, cap au Sud pour rejoindre en quelques jours supplémentaires, Pékin, la capitale chinoise. Autre pays, autre peuple, autre langue, autre culture, qui m’était moins insolite puisque j’ai visité la Chine en 2005.

 

Très beau voyage, donc, même si j’ai été un peu frustrée par la partie « récit de voyage », un peu trop journalistique à mon goût, pas assez personnelle, tout ce qui m’avait enchantée dans le récit de Dominique Fernandez.


 

La Renaissance du Livre, 2001. – 223 p.

Publié dans Essais - Documents

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Minou 20/05/2012 19:58


A défaut de voyager aussi loin, je me contente de rêver, notamment grâce à ton article et à de tels livres : tous ces noms de ville (que j'écorche très certainement en tentant de les prononcer)
que tu as cités y participent.


Merci pour la découverte !

Papillon 27/05/2012 22:34



C'est pour ça que j'aime les récits de voyage : ils me font rêver !



Allie 20/05/2012 15:12


Très bon billet qui donne envie de voyager! J'avais déjà lu un livre sur le Transsibérien, "Seule sur le Transsibérien" de Geraldine Dunbar. J'avais bien aimé. Je note celui-ci car l'aspect
"hiver" m'avait manqué dans le premier. Et il semble présent dans l'autre!

Papillon 27/05/2012 22:33



Oui, l'aspect "neige et glace" est ce qui le différencie de bien d'autres récits du même genre.



Flo 28/04/2012 21:36


Ca donne envie de se remettre au russe ! Mais je garde à l'esprit le Fernandez.


(excellent ton post-it, au fait ;) )

Papillon 30/04/2012 17:31



Je confirme : Fernandez vaut vraiment le coup !



keisha 27/04/2012 11:45


Tu sais ce que je pense!


Tiens, en juillet je retourne à Moscou, j'espère qu'on ira trainer sur les quais de la gare... Rêver... (mais pas possible de jouer les clandestins, les provodnitsa veillent au grain!)

Papillon 28/04/2012 09:36



Tu seras à Moscou en juillet ? ça alors ! ce serait marrant que l'on s'y croise  J'y reste du 5 au 8 avant
d'embarquer pour la grande aventure.