Dark Island - Vita Sackville-West

Publié le par Papillon

 

 

« Sa conscience aigüe de la dureté de la vie l’amenait à penser que tous les bonheurs de la vie lui seraient arrachés si elle exposait ses sentiments profonds au grand jour. La solitude n’était pas un prix trop lourd à payer. »

« Sa philosophie personnelle l’inclinait à s’enfermer dans une forteresse imprenable en cherchant à tout prix à n’y laisser entrer personne. ».

 

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Ce qui caractérise la très belle Shirin, c’est sa personnalité secrète jusqu’au mystère. Elle fascine les hommes, qu’elle méprise, et agace les femmes, dont elle se moque. On la prend pour une séductrice superficielle, quand elle n’est qu’une femme qui dissimule sa tendance à l’exaltation. C’est sans doute sa quête d’une forteresse où se cacher qui la fait très jeune tomber amoureuse de l’île de Stern, sauvage et mystérieuse, propriété depuis des générations de la famille Le Breton. A seize ans, elle rencontre brièvement le jeune Venn Le Breton, héritier  de la propriété, et met les pieds sur l’île pour la première fois. Dix ans plus tard, Vennet Shirin se retrouvent par hasard dans un salon londonien. Elle vient de divorcer, il est subjugué par sa beauté et son assurance. Il lui offre le mariage, elle accepte par amour pour Stern.

 

Quatre époques dans la vie d’une femme, étalées sur une période trente ans, racontent le destin de ce mariage tragique entre deux êtres qui ne se comprennent pas. Il est amoureux fou, mais n’ose l’avouer. Elle est incapable d'aimer, refuse toute intimité et lui échappe sans cesse. Elle fait surgir tout ce qu’il y a de plus pervers en lui : un goût pour la violence et la destruction, une jalousie forcenée, une méchanceté gratuite. Quand elle demande à son amie Christine de la rejoindre sur l’île, il devient fou de rage et de frustration.

 

L’idée de départ du roman était plutôt bonne : deux personnalités complexes et fascinantes qui s’affrontent dans un lieu isolé et inquiétant. Malheureusement, le livre ne tient pas ses promesses. C’est creux, répétitif et sans consistance. L’auteur essaie d’installer une atmosphère angoissante, sans jamais y parvenir. Elle évoque sans cesse l’image d’une île belle et funeste sans réussir à la faire vivre. Tout comme elle peine à faire exister ses personnages qui manquent totalement de profondeur et ne sont rien de plus que des silhouettes dans un décor de théâtre. Tout est parfaitement incrédible et superficiel et la fin est ridicule.

 

Une grosse déception, donc, surtout après avoir relu Daphné du Maurier.

 

Titine et Shelbylee ont aimé.


Lu dans le cadre du Mois anglais

mois anglais

 

Traduit de l’anglais par Micha Vermalle.

Editions Autrement, 2011 (1e éd. 1934). – 256 p.


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Commenter cet article

Shelbylee 30/06/2014 21:32


Comme tu l'as vu, j'ai beaucoup aimé Ce livre m'a profondément marqué, je m'en souviens encore bien. Mais je sais que la plupart des avis sont moins positifs que les miens. 

Papillon 01/07/2014 22:20



J'ai vu que les avis étaient contrsatés, en effet... Rien n'a marché pour moi dans ce roman.



Aifelle 26/06/2014 08:23


Ah vraiment dommage, je ne le note donc pas. Je suis en pleine lecture de "toute passion abolie" qui me plaît beaucoup.

Papillon 26/06/2014 20:12



D'autres ont mieux aimé que moi, mais je n'ai pas accroché du tout !



cathulu 26/06/2014 07:50


Je ne connaissais même aps de nom ce roman mais vu ce que tu en dis, je passe ! :)