Nuée d'oiseaux blancs - Yasunari Kawabata

Publié le par Papillon

Encore une fois, je suis complètement tombée sous le charme de Kawabata. S’immerger dans l’une de ses histoires, c’est comme entrer dans une estampe japonaise où chaque élément a son importance : le nuage dans le ciel, le prunier en fleurs, le pot à thé ou le foulard rouge de la jeune fille sont autant de symboles. Et la couleur qui domine dans cette peinture-ci est le blanc, blanc comme la pureté : pureté des jeunes filles, pureté de l’amour, pureté d’une céramique, pureté toujours rêvée et jamais atteinte…

Autour du jeune Kikuji, tournent quatre femmes dont chacune représente une image de la féminité : Chikako, la vieille fille, qui porte sur le sein une tâche qui la condamne à la méchanceté ; Yukiko, la jeune fille à marier ; Mme Ota, qui incarne le désir, et Fumiko qui aspire à la pureté. Au milieu de ces « oiseaux blancs », Kikuji va éprouver successivement tout une gamme de sentiments, mais dans cette histoire désir rime avec culpabilité, et amour avec mort.

Encore une histoire fortement teintée d’esthétique et de sensualité : de l’odeur des fleurs au bruissement de la pluie, de la couleur d’un foulard à la forme d’une cruche à eau, et du chant des cigales aux larmes d’une femme, Kawabata joue sur nos cinq sens pour nous laisser apercevoir une certaine idée de la perfection : par la voie de la beauté, la pureté nous devient accessible.


Traduit du japonais par Bunkichi Fujimori et Armel Guerne.
10/18, 1986. – 206 p.

Publié dans Littérature asiatique

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Flo 24/02/2007 18:03

Merci beaucoup pour la suggestion Papillon ; je prends note ! :)

Papillon 24/02/2007 19:43

Celui que je lis Le musée du silence te plairait sans doute : une histoire hors du temps où il est beaucoup de mémoire et de conservation...

katell BOUALI 23/02/2007 18:27

Je suis subjuguée par ton article sur Kawabata. J'aime beaucoup ce qu'il écrit et je n'ai pas encore lu ce titre que je note de suite sur ma LAL. Merci pour ces instants de voyage au Japon.

Papillon 23/02/2007 21:24

Moi j'ai été subjuguée par ce roman, le deuxième de Kawabata que je lis, mais certainement pas le dernier.

fantasio 23/02/2007 01:13

J'ai toujours accroché à Kawabata... je ne connais pas ce titre mais il me fait penser qu'il y trop longtemps que je n'ai pas retrouvé cet auteur :-)

Papillon 23/02/2007 21:08

Pour moi Kawabata, c'est la quintesscence du Japon (ce que j'en imagine en tout cas..)

ChimÚre 22/02/2007 23:44

Et en plus le livre est beau ! Je prend note de celui-là.

Papillon 23/02/2007 21:07

Je suis très curieuse de savoir si ce genre d'atmosphère te plaira :-))A suivre...

Flo 21/02/2007 23:00

Je n'avais pas pu aller au bout de ce livre. J'avais bien aimé tout ce qui concernait le cha-no-yu mais stylistiquement, ce n'est pas mon truc (les romans japonais en général. Si j'accroche à Murakami c''est bien parce que son style est occidentalisé ;-)Ce qui est sûr, c'est que l'on sent que tu prends plaisir à lire cette littérature et c'est bien agréable te lire tes compte-rendus !

Papillon 22/02/2007 21:07

Je ne suis pas étonnée : il y a une atmosphère si particulière dans les romans de Kawabata, que soit on adhère soit on zappe... Moi, j'aime vraiment beaucoup et je me régale vraiment bien avec tous ces auteurs japonais. Je suis en train de lire Yoko Ogawa et je crois que ça te plairait...

Florinette 21/02/2007 09:57

Grâce à toi j'ai plein d'auteurs japonais inscrits sur mon petit carnet à découvrir ! ;-)

Papillon 21/02/2007 20:33

En tous cas, Kawabata est un incontournable !Je vais peut-être bientôt lire des critiques de romans japonais sur ton blog :-))