Lignes de vie - Graham Joyce

Publié le par Papillon

Coventry, en Angleterre, à la fin de la seconde guerre mondiale. L’auteur nous conte l’histoire de la famille Vine, une famille où dominent les figures féminines. Martha, la mère, tout d’abord, qui règne sur son petit monde avec douceur et fermeté ; ses sept filles, ensuite, dont chacune a une personnalité bien marquée, de Aida, l’aînée, à Cassie, la cadette. Qui plus est, Martha a un don, un drôle de don, qui lui fait ouvrir sa porte certains soirs à de bien étranges visiteurs. De ce don, Cassie semble avoir hérité. Cassie, c’est la fantasque, la libre, un peu folle, très indépendante, qui se sauve certains soirs pour aller rôder Dieu sait où. C’est ce qui lui vaut de vivre des aventures peu banales et de se retrouver avec un enfant. Or, toute la famille s’accorde à penser que Cassie n‘a pas la maturité nécessaire pour élever un enfant. Qu’à cela ne tienne ! Le petit garçon de Cassie sera élevé par ses sœurs à tour de rôle…

C’est ce postulat de départ qui m’a dérangée, je crois… Je n’ai pas aimé qu’on enlève cet enfant à sa mère, sans vraiment lui expliquer pourquoi. Et le petit Franck, qui passe plusieurs années heureuses dans la ferme de l’une de ses tantes, se voit ensuite enfermé dans un minuscule appartement chez deux autres tantes célibataires, qui ne connaissent rien aux enfants et s’adonnent au spiritisme. C’est ensuite dans une communauté d’intellectuels gauchistes qu’il est exilé, avant de partager la vie d’un oncle embaumeur, où il assiste à des scènes pas vraiment destinées aux enfants…

Sans compter que tout le roman est traversé par des allusions à ce fameux don qui fait de Cassie une jeune femme particulière. Franck a-t-il hérité de ce don, que va-t-il en faire, quel sera son destin ? Les réponses à ces questions seront bien décevantes et c’est en cela, je crois, que ce livre n’a pas répondu à mes attentes.


Traduit de l'anglais par Mélanie Fazi.
Editions Bragelonne – 2005 – 355 p.


La critique plus enthousiaste de Cuné.

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ChimÚre 07/02/2007 23:18

Mission 2007 : trouver un roman fantastique adapté à Papillon. :D

Cuné 07/02/2007 07:05

Ah Chimère, c'est beau de te voir monter au créneau comme ça :-D Je suis toujours épatée par ta mémoire, on dirait que tu viens juste de lire le roman, tu as toujours tous les détails en tête !! Ma lecture est un peu trop ancienne pour ça, mais je me souviens du plaisir réel que ce roman m'avait apporté, surtout sensible à son atmosphère un peu floue comme ça, nébuleuse et dans la suggestion. Ceci dit, Papillon, je crois aussi que le fantastique n'est pas vraiment ton truc :-D ... Jusqu'à ce que tu craques avec LE roman qui te correspondra mieux ! :-D

ChimÚre 06/02/2007 22:39

J'aimerai revenir sur deux trois points :
Personnellement, je n'ai pas été choqué plus que ça que l'enfant de Cassie soit élevé par ses soeurs plutôt que par elle. Un elle est considérée comme fantasque, imprévisible et irresponsable du genre à partir plusieurs jours sans prévenir personne et sans dire où elle va. On peut imaginer les conséquences désastreuses si elle se décidait à faire une de ses fugues en laissant son enfant tout seul. Deux, j'ai toujours trouvé qu'il y avait un aspect conte ou mythe dans le fait qu'il y ait sept soeurs (les sept jours de la semaine ?) et dans ce type de récit un enfant est souvent pris en charge à tour de rôle par des soeurs ou assimilées. Et puis faut pas exagérée Cassie n'est pas séparée de son fils, il arrive même qu'elle vive avec lui chez l'une des soeurs.
En réalité, on voit bien que ce partage c'est permettre à Cassie de devenir plus mature et responsable.
Et puis le fantastique ce n'est pas ça le plus important. Lignes de vie est une chronique familiale sauf que la famille en question présente une particularité : un don surnaturel partagé par quelques membres de la famille.

Papillon 06/02/2007 23:17

Ce qui m'a mise mal à l'aise, c'est que cet enfant passe d'un foyer à l'autre, d'un univers à l'autre... C'est à lui que je me suis identifiée pendant ma lecture. Et pendant toute l'histoire je me suis demandée si oui ou non il aurait le don ou pas et ce qu'il en ferait... Je pense que le roman m'aurait davantage plu s'il n'y avait eu que la chronique familiale, parce que cette famille est vraiment sympa et originale... Décidément, le fantastique, ce n'est pas mon truc, je crois ;-)))

Tamara 06/02/2007 12:43

Bon, je suis sceptique, à présent ! Pourtant, j'avais bien aimé "En attendant l'orage" du même auteur... toujours entre la psychologie et le paranormal...

Papillon 06/02/2007 22:12

Cuné a beaucoup aimé, sa critique contrebalance complètement la mienne ;-)