Naufrages - Akira Yoshimura

Publié le par Papillon

 

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Dans un Japon complètement intemporel, un village de pêcheurs très pauvres, où la vie est rythmée par le passage des saisons. Pour permettre à leurs familles de survivre, les hommes les plus solides vont se louer dans les villages voisins. C’est ainsi qu’Isaku, âgé seulement de neuf ans, se retrouve chef de famille, après le départ du père. A lui de prendre en charge la pêche pour nourrir sa mère et ses frère et sœurs. Tant bien que mal, Isaku s’initie à la pêche au poulpe, aux encornets et au maquereau. En guise d’initiation, le jeune Isaku se voit révéler le secret ancestral du village. Les soirs de tempête, de grands feux sont allumés sur la plage, dans l’espoir d’attirer sur les rochers un navire chargé de riz. Ces pauvres pêcheurs, qui meurent de faim une année sur deux, sont des naufrageurs. Quand ils mettent la main sur une cargaison de riz, ce sont des provisions assurées pour des mois. Mais le prix à payer pour ce crime sera bien lourd à payer.

 

C’est une histoire rude et tragique que celle de ces pêcheurs, qui parle du manque et de la difficulté de survivre. C’est tellement étrange de lire une telle histoire alors que nous vivons dans une société qui croule sous l’abondance, une histoire où un bol de riz prend des allures de mets de luxe, à savourer religieusement. A aucun moment, Isaku ne se révolte. Il assume ses taches en subissant, le froid, la faim, la fatigue et la douleur. Et l’angoisse de ne pas rapporter assez de poisson pour nourrir la famille. Son seul espoir : que son père soit fier de lui quand il reviendra. Il n’y a pas de bien et de mal dans cette histoire, juste des gens simples qui luttent pour survivre.

 

Un livre que l’on referme avec des frissons dans le dos, dans larmes dans les yeux, et un grand sentiment d’humilité…


 

Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.

Actes Sud Babel, 2004. – 192 p.


Publié dans Littérature asiatique

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C

je viens de voir que j'avais deja posté un ( voir2 !) commentaire sur ce billet ! il va falloir que j'arrete ! mais a chaque vois   je redecouvre ton blog .Cette fois-ci je me suis abonnée
pour ne plus rien louper :)
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C

The livre de Akira Yoshimura pour moi ! un livre plus que Magnique
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P


Je suis d'accord !



C

Naufrage est un livre magnifique ! C'est peut etre un des livres qui m'a le plus marqué, ecriture et description des saisons sublimes, c  'est un livre qui boulverve ! à lire et relire...
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P


Absolument d'accord !



C
Naufraga est un livre qui m'as profondement marquée.Une histoire au fil des saisons , tellement bien decrite; que l'on en vois les couleurs. Une histoire dure, masi tellement belleA lire d urgence. De cet auteur j ai beaucoup aimé aussi jeunes silles suplié sur une etagere.
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B
Un roman qui nous avait laisser une très très forte impression.Une écriture vraiment superbe (sous son apparente simplicité) et une très belle histoire, âpre et sauvage comme les paysages des bords du Pacifique.Du même, on a lu également :- la guerre des jours lointains (qui se situe à la fin de la seconde guerre mondiale)- liberté conditionnelle.Deux autres registres très différents de Naufrages, mais toujours une écriture vraiment superbe. À lire aussi !!!
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P
Je note vos suggestions. J'avais quant à moi lu La jeune fille suppliciée sur une étagère, un roman très très étrange, qui m'avait laissée perplexe.
B
Faut pas hésiter entre Naufrages et La Pierre et le Sabre ! et lire les DEUX ! Que cela soit Yoshikawa ou Yoshimura, ces deux romans font partie de mes meilleurs souvenirs de literratures japonaises (dans un style très différent).
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P
Merci de ta suggestion, Black : je vais rajouter Yoshikawa à ma liste !
K
J'hésite entre celui-ci et "la pierre et le sabre" pour mon Y du challenge ABC... Ca n'a pas l'air gai tout ça, je vais attendre d'avoir un peu moins la pression au boulot pour me lancer là-dedans :-/
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T
Un livre qui semble bouleversant... peut-être vais-je attendre que le blues de l'hiver soit passé pour y revenir ! ;-) Mais après mes vacances en Ethiopie, c'est vrai que le décalage en revenant dans notre pays "riche" m'a choquée, on est vraiment dans une société de consommation qui ne fait plus la différence entre le nécessaire et le superflu.
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P
Ce genre de voyage a le don de nous remettre un epu les idées en place, ce qui n'est pas plus mal, ma foi !