Citation du jour :
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
Avant d'être l'écrivain que l'on sait, Michel Tremblay fut un lecteur, un lecteur avide, passionné et curieux, comme vous, comme moi. Et c'est son autobiographie de lecteur qu'il nous livre ici : les livres qui ont traversé son enfance et son adolescence, qui lui ont appris le monde, qui l'ont marqué d'une manière ou d'une autre. Michel Tremblay a grandi à Montréal dans une famille d'ouvriers et dans un quartier populaire. La lecture est chez les Tremblay une tradition familiale : depuis la grand-mère qui échange des livres avec sa voisine jusqu'aux fils, en passant par la mère, tout le monde lit. A travers ses lectures de jeunesse, c'est toute sa famille que Michel Tremblay fait revivre. Et à chacun des douze livres qu'il évoque est attaché un souvenir particulier : fête d'anniversaire, vacances citadines, voyage en Gaspésie…
J'ai adoré ce livre, pour plusieurs raisons. D'abord, sous la plume de Michel Tremblay, c'est le cœur du Québec qui palpite et entre le Québec et moi, c'est une longue histoire d'amour. J'ai adoré les dialogues avec sa mère où je croyais entendre l'accent québécois, j'ai adoré les évocations de sa ville qui m'ont donné la nostalgie de Montréal.
Mais surtout j'ai retrouvé toutes mes émotions de jeune lectrice : la première visite à la bibliothèque, la découverte d'un auteur, l'émotion d'ouvrir un livre convoité depuis longtemps, la fierté du premier livre possédé. J'ai été bouleversée par ce jeune garçon qui se rend malade à force d'identification à un héros ; compréhensive, quand il ne voit rien de la Gaspésie parce qu’il est trop absorbé par sa lecture de Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy ; fière, quand il se rebelle contre son professeur de lettres qui lui interdit de lire Victor Hugo sous prétexte qu'il figure à l'index catholique ; révoltée, quand il subit la censure de la bibliothécaire qui lui interdit d'emprunter un "roman homosexuel" ; émue, quand il se met à pleurer de rage en découvrant qu'en Angleterre une gamine de treize ans peut publier un mauvais livre quand il est si difficile d'en publier un bon au Québec.
Un livre qui ravira tous les lecteurs.
Actes Sud / Babel, 1994. – 285 p.
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