Nouveaux Indiens - Jocelyn Bonnerave

Publié le par Papillon


Rentrée littéraire 2009

Un jeune anthropologue français débarque sur le prestigieux campus de Berkeley, en Californie,  pour y étudier un groupe de musiciens. Les tribus sauvages se faisant de plus en plus rare sur cette terre, les anthropologues en sont réduits à s'intéresser aux artistes d'avant-garde. Après quelques jours de flottement dus aux multiples décalages qu'il doit affronter (horaire, linguistique et culturel), le jeune homme s'intégre parfaitement à sa nouvelle vie, partage une colocation avec un bouddhiste, se fait des copains dans l'orchestre et tente de répondre à cete question : "Comment les musiciens communiquent-ils entre eux quand ils jouent, puisqu'ils ne peuvent pas se parler ?"

Ce roman qui peut déconcerter de prime abord, présenta au moins deux niveaux de lecture. La forme, d'abord. L'orchestre dont il est question pratique l'improvisation en jouant sur les bruits et les sons. De même, l'auteur joue avec les sonorités de la langue : la langue est musique et la musique est un langage :

« Il faudrait du temps pour que je lui dise ce que j’aime dans la langue, quelle joie ça me donne qu’on la torde, qu’on la remonte dans l’autre sens, quelle espèce de musique ça me chante. Je suis venu pour la musique, je suis peut-être venu pour la langue, ou pour autre chose encore ? »

Sur le fond, ensuite. Le jeune homme se comporte vraiment comme un anthropologue en milieu inconnu, en ce sens qu'il observe tout ce qui se passe autour de lui et s'intéresse à tout : la campagne présidentielle qui oppose John Kerry à Georges W. Bush, un nouveau plan pour réduire l'obésité, les indiens Guayaki, la culture des bambous ou la disparition d'une jeune anorexique. Il prend autant de plaisir à bavarder
avec une célèbre violoncelliste qu'avec une sans abri anonyme. J'ai adoré la curiosité et la pugnacité de ce jeune frenchie, qui vont lui permettre de résoudre une énigme insoupçonnée et de démontrer, si besoin était, que l'on trouve toujours des sauvages dans la jungle des villes.
 
Un roman dense et surprenant pour lecteurs curieux.


Cathulu a aimé, mais pas Doriane et Saxaoul a abandonné en cours de route.




Seuil, 2009. - 170 p.


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L

ah, le jeu de mot !!!


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L

... mais tout de même vraiment spécial et parfois très malsain... je n'arrive pas à dire si j'ai aimé ou pas !


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P

Malsain, je ne dirais pas ça : il parle quand même d'une réalité qui existe, même si la fin peut paraître un peu dure à avaler (si j'ose dire !) mais très spécial, oui, y'a pas à dire !


C
Après de nombreux billets de personnes déçues, c'est bien de voir que plusieurs ont quand même apprécié ce roman différent et original !
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P
Je n'ai pas du tout accroché !
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L
c'est malin, j'ai mis le mauvais nom avec un lien vers ton blog... je ne devais pas être réveillée ! Je change ça de suite :)
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P

Ce n'est pas très grave


K
Je n'arrive pas à me décider sur celui-ci... le truc concernant la forme me tente bien mais je suis moins certaine pour le fond... 
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P

Il y a une sorte d'enquête dans ce roman mais je ne peux pas en dire plus sans spoiler


D
Même si je n'ai pas aimé, j'étais persuadée qu'il plairait ! tout dépend du type de sensibilité du lecteur... Bonne lecture à tous ceux qui tenteront l'aventure
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P

En tout cas, tu n'es pas la seule à ne pas avoir aimé : les avis sont très partagés !


C
Je suis en train de le lire et je n'aime pas du tout. Je vais essayer de le terminer dans la journée pour publier le plus vite possible un article sur mon blog.
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P

Je ne suis pas surprise : c'est un livre un peu "spécial" quand même !


A
La rentrée littéraire s'annonce bonne, alors...
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P

Mais ce n'est que le début


G
Les critiques sont assez différentes d'un lecteur à l'autre.. à voir
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P

C'est un livre très original qui peut surprendre !