Lao She - Le pousse-pousse

Publié le par Papillon

Lao She est un écrivain chinois que j'aime beaucoup, pour son style limpide et élégant et pour ses histoires pleines de profondeur.
Siang-Tse a quitté sa campagne pour s’installer à Pékin. Il veut devenir tireur de pousse-pousse. C’est un jeune homme sérieux, travailleur et économe. En quelques années, il parvient à économiser suffisamment pour acquérir son premier pousse-pousse. Quel bonheur ! Quel sentiment de liberté ! Désormais, Siang-Tse n’est plus tributaire d’un patron ou d’un loueur. Il est sûr de faire rapidement fortune. Pourtant le sort va s’acharner contre lui. Au lieu d’assister à la réussite de Siang-tse, c’est sa déchéance que Lao She nous fait vivre.
C’est le Pékin des années trente que dépeint Lao She dans ce roman, dans cette période intermédiaire où la Chine, ayant réussi a mettre un terme à l’empire, n’avait pas encore succombé au communisme. C’est surtout le Pékin des petites gens : tireurs de pousse-pousse, ouvriers, prostituées, s’acharnant au labeur pour gagner les quelques fens nécessaires au bol de riz quotidien. Il y a peu d’espoir dans ce monde-là, peu de joies et beaucoup de misères. A quoi bon rêver à l’amour et à la richesse ? Qu’est-ce qui a manqué à Siang-Tse pour réussir ? Le courage ? La chance ? Un roman très pessimiste qui semble dire qu’un pauvre sera toujours un pauvre.


Trad. du chinois par Anne Cheng et François Cheng.
 
Picquier Poche – 1995 – 221 p.

Publié dans Littérature asiatique

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Chen Jie 24/12/2007 11:23

Grande figure de Pékin, Lao She est un classique  que je trouve pas assez étudié dans les écoles... J'avoue que passionnée de la Chine comme je suis, j'ai mis longtemps à me pencher enfin sur cet auteur. J'étais à l'époque en pleine dépression, ou pourrait dire que ce n'était pas le roman à conseiller dans ce genre de cas, pourtant j'ai aimé! J'ai surtout apprécier découvrir ces lieux de Pékin que je connais bien à une autre époque, cette vie que je vois encore, car le régime a beau avoir changé, le peuple ne change pas si facilement... Et surtout j'ai eu cette sensation de voir les vieilles cartes postales de l'ère colloniale se mettre à bouger... Une terrible descente aux Enfers mais avec toutes ces petites joies de la vie de tous les jours en suplément... C'est un auteur si humain, qu'encore aujourd'hui il est très adulé en Chine et sa maison est un musée à Pékin.

Papillon 24/12/2007 14:00

Lao She est un grans auteur même si ce roman m'a semblé très pessimiste.

chinook 26/10/2007 10:27

c est le premier livre de Lao she que je lis, et je pense , non je suis sur, que je vais en lire d autre.

Papillon 26/10/2007 18:40

J'ai toujours dans ma LAL Trois générations sous un même toit, qui est le plus connu de cet auteur : il faudrait bien que je me décide à le lire !

Hervé 23/08/2006 16:14

Si cela t'intéresse toujours le spectacle reprends au Studio des champs Elysées du 3/09 au 30/09.....

Papillon 23/08/2006 18:51

Merci du tuyau, Hervé !

Papillon 13/08/2006 20:09

Finalement, je ne l'ai pas vue.... Des soucis familiaux m'ont obligée à partir en province précipitamment...

Hervé 13/08/2006 18:09

Je suis d'accord avec toi sur l'importance du traducteur. Je n'y prête d'ailleurs pas assez attention.
Une petite question annexe: tu avais laissé sur mon blog un message selon lequel tu avais réservé des places pour la pièce de théâtre "Mon lit en Zinc", as tu apprécié cette pièce?

Papillon 12/08/2006 18:59

Je te remercie du tuyau pour le bouquin de François Cheng : je note !Comme je lis beaucoup de littérature étrangère,je suis très attentive aux traducteurs. Ils ont quand même un rôle essentiel, non ?

Hervé 12/08/2006 17:48

Ce livre m'avait, il y a quelques années beaucoup ému, malgré son pessimisme.Grâce à toi j'apprends que le traducteur de cet ouvrage est François Cheng ! Je ne regarde que rarement les traducteurs mais là ma surprise est grande. Si tu as l'occasion de lire de ce traducteur / auteur "L'éternité n'est pas de trop" et "le dit de Tyani" tu passeras de très bons moments