Alice Ferney - Grâce et dénuement

Publié le par Papillon

Alice Ferney m'avait causé une grande déception avec La conversation amoureuse, aussi ai-je abordé ce roman avec une légère suspicion, mais le sujet m'attirait beaucoup.

Une tribu de gitans s’installe sur un terrain vague, à la périphérie d’une ville. Il y a là la grand-mère, les cinq fils, les quatre belles-filles, et une bande d’enfants sauvages, qui ne fréquentent pas l’école. Car ces gens sont ignorés de tous, ils n’ont ni papiers, ni maison. Pour l’administration, ils n’existent pas ; pour le voisinage, ils représentent une vague menace. Pourtant, un jour, arrive Esther avec une pile de livres. Esther n’a pas de préjugés, elle est guidée par son amour de la littérature et son envie de partager avec ces gens qui ne savent ni lire in écrire. Et Esther commence à faire la lecture aux enfants, et revient chaque mercredi. Au début, ils la regardent avec méfiance et avec curiosité. Puis elle devient leur amie et leur confidente.

Une belle histoire, simple et émouvante. Un style épuré, des personnages attachants, un réalisme sans concession et sans voyeurisme. Et pourtant, c’est vraiment de dénuement dont il est question dans ce livre. Pas seulement le dénuement social ou culturel, mais le manque de tout : d’eau, de chaleur, de vêtements et parfois de nourriture. Mais le dénuement n’empêche pas la grâce, c'est-à-dire l’humanité, voilà ce que nous dit Alice Ferney.

Et j'aime bien cette idée que la littérature est un pont jeté entre les êtres ou entre les cultures.

Babel – 1997 – 289 pages

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L


J'ai bien aimé ce livre également.



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P


Je crois que c'est le seul d'Alice Ferney que j'ai vraiment aimé !



S
c'est le seul titre de cette auteur que j'ai lu et j'ai bien aimé aussi.
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G
Obligée de le lire pour le lycée.Obligée est bien péjoratif ... C'est vraiment un beau livre ...
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P
Comme quoi, on fait parfois de belles découvertes grace au lycée ;-)
P
Plaisant mais un peu court...
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P
Je n'ai pas eu ce sentiment. C'est une histoire cohérente avec un début, un mlieu et une fin.
Z
C'est un roman que j'avais dévoré ! J'y ai retrouvé des souvenirs et des émotions éprouvées lors de séances de Bibliothèque de Rue d'ATD Quart Monde  auxquelles j'ai participé une brève année... parfois dure... mais inoubliable.
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P
Jusqu'à présent c'est le seul roman d'Alice Ferney que j'ai aimé...
P
comme tu le dis si bien le dénuement et le manque de tout n'empèche pas la grace, ce livre nous raconte très bien l'amour, les souffrances de ses gens ignorés et exclus, il se dévore, les personnages sont attachants .
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E
J'en ai beaucoup entendu parler aussi, et ta critique me donne encore plus envie de le lire! Je l'ai dans ma pile! Il va falloir le faire remonter de quelques crans!!!
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A
"Grâce et dénuement" est un roman dont je porte encore les stigmates. De par mon métier, je suis souvent en relation avec "les gens du voyage": depuis cette lecture, il y a pourtant déjà plusieurs années, je ne les plus jamais aborder de la même façon. Et quand j'entends leur "patois" je souris...
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L
j'avais aussi beaucoup aimé ce roman. Un vrai cru d'amour à l'autre, l'humain...
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