Qui suis-je ?

Citation du jour :


«  Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.  » 

 

Jack Kerouac, Sur la route.

Vendredi 28 juillet 2006 5 28 /07 /Juil /2006 00:00

Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas encore la littérature québécoise, voici un petit bijou à découvrir absolument.

Deux enfants orphelins se lient d’une très forte amitié. Hughes, le québécois aux yeux bridés, et Habéké, l’africain, ont tous les deux été adoptés. Tous les deux sont à la recherche de leurs racines, de leur « vraie vie » et tous les deux vont tâcher de réaliser leurs rêves : partir en Afrique, retrouver le grand-père, s’envoler dans le ciel, sauver une petite fille malade. Mais ils vont découvrir que les rêves des enfants ne sont pas faits pour le monde des adultes.

Ce  livre est merveilleux et fut pour moi un grand coup de cœur, notamment pour le style. Sylvain Trudel réinvente la langue, comme Céline ou Pérec ou Queneau et c’est un bonheur de lecture. Une écriture pleine de poésie, où l’on retrouve cependant les sonorités de la langue québécoise. La lecture est en facile, car les mots coulent comme des images colorées. L’histoire est très simple : deux enfants qui se reconnaissent comme étant « à part » parce que différents. L’un est noir, l’autre pas tout à fait blanc. Face aux quolibets de leurs camarades, ils font bloc et vont s’aimer d’amour. Ils échappent à la réalité de leurs vie, dans laquelle ils se sentent en exil, en s’inventant un monde rempli de rêves d’Afrique. Hélas, leurs rêves vont se briser face à la réalité du monde adulte, « l’ère adulte » et l’histoire va très mal se terminer. C’est une vision cruelle et pessimiste du monde de l’enfance que nous donne Sylvain Trudel. Accrochez-vous à vos rêves d’enfants, semble-t-il nous dire, ce sont eux qui vous maintiennent vivants.

Extrait :

« Nous voulions nous envoler avec les âmes et les oiseaux, c’était plus fort que nous : les ailes ont toujours figuré la solution rêvée des éternels insatisfaits. »

 

Les Allusifs, 2002 - 165 p.

 

Par Papillon - Publié dans : Littérature francophone - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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