Little Bird - Craig Johnson

Publié le par Papillon



Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour une fois c'est l'été en été : on a ressorti nos jupettes, lunettes, sandalettes et on flâne à la terrasse des cafés, en sirotant un citron pressé, un oeil sur un roman, l'autre sur les beaux mecs qui passent les pigeons qui s'envolent. Bref, il y a dans Paris comme un air de vacances et je n'ai pas trop la tête à écrire des billets en ce moment...

Mais j'ai quand même eu un peu pitié de vous, des fois que vous auriez envie d'un truc bien frais... Destination le Wyoming en automne : blizzard assuré, neige à volonté, glace en option.

Shérif à Durant, comté d'Absaroka, c'est plutôt un job peinard. Il s'y passe tellement rien que l'on n'attend même pas Thanksgiving pour accrocher les décorations de Noël dans les rues... Walt Longmire, qui occupe le poste depuis un petit quart de siècle, attend le retraite avec bonhommie : "Elle avait peut-être frappé à la porte, mais je n'avais pas entendu parce que j'observais les oies. J'observe beaucoup les oies en automne, quand les jours raccourcissent et que la glace ciselle les contours rocheux de Clear Creek." Aussi quand on lui annonce le découverte d'un cadavre dans un champs à la sortie de village, il se marre, persuadé de trouver "un mouton crevé". Erreur. Il s'agit d'un corps humain, et même d'un humain connu : Cody Pritchard, impliqué trois ans plus tôt dans le viol collectif d'une jeune indienne, mentalement déficiente, Melissa Little Bird, et condamné à une peine très légère. Ils sont nombreux ceux qui révaient de l'envoyer ad patres... Au premier rang desquels Henry Standing Bear, oncle de Melissa, tireur d'élite et... meilleur ami de Walt.

Le grand charme de ce polar très classique repose avant tout sur la personnalité très attachante de Walt Longmire, sorte de gros nounours bourru, tendre, fin psychologue quoique vaguement dépressif, mais aussi sur ces beaux paysages du Wyoming, et surtout sur le duo improbable que forment Walt et Henry, dont les dialogues ressemblent à des parties de ping-pong et dont l'amitié inoxydable est née dans le jungle vietnamienne. Un roman qui sert de prétexte à nous montrer les difficultés de cohabitation entre la communauté indienne et la communauté blanche. Nous sommes au pied des Big Horn Mountains et à deux pas de Little Big Horn, où les indiens ont mis la pâtée à Custer en 1876. Depuis, les indiens ont définitivement perdu la guerre et abandonné les vastes plaines à bisons pour une réserve où les seules perspectives d'avenir sont la misère et l'alcoolisme. Walt Longmire est un trait d'union entre les deux communautés. Son respect pour les indiens et leurs traditions lui vaudra l'aide inattendue des "Vieux cheyennes" dans une scène fantasmagorique, car ce roman n'est pas exempt de fantômes...

Le roman d'une autre Amérique.


Un "petit oiseau" qui a déjà séduit InColdBlog, Amanda, Emeraude, Cathulu et Brize.

Traduit de l'américain par Sophie Aslanides,
Gallmeister, 2009. - 409 p.

 

Publié dans Polars & Co

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Brize 02/07/2009 09:39

Ton billet rend très bien compte de l'atmosphère de ce roman !

Papillon 02/07/2009 21:37


Merci !


Edelwe 01/07/2009 13:03

J'aime beaucoup les romans policiers. Je vais noter.

Papillon 01/07/2009 20:43


Tu ne seras pas déçue avec celui-ci !


In-Cold-Blog 01/07/2009 10:07

Comme toi, je suis impatient de lire la suite.

Papillon 01/07/2009 20:42


J'espère qu'il y en aura un à la rentrée, ce serait vraiment chouette !


Aifelle 30/06/2009 22:34

Oups ! je ne sais pas ce qui s'est passé, tu vas le savoir que la bibliothèque l'a acheté. Je suis même allée le chercher cet après-midi.

Papillon 01/07/2009 20:33


Super ! J'espère que tu aimeras autant que moi !


Caro[line] 30/06/2009 20:37

J'ai bien envie moi aussi de me laisser séduire par ce p'tit oiseau !

Papillon 01/07/2009 20:32


Un très bon polar !


Aifelle 30/06/2009 13:32

Il est en commande à la bibliothèque, chouette !

Alex-Mot-a-Mots 30/06/2009 09:15

Un roman qui à l'air dépaysant...

Papillon 30/06/2009 21:55


Ah oui : les grands espaces de l'Amerique...


choupynette 30/06/2009 08:36

je ne ocmprends pas, pourquoi est ce que tu barres "les beaux mecs".... moi je préfère largement regarder les mecs que les pigeons!!! :))

Papillon 30/06/2009 21:53


Ca ne m'étonne pas de toi !


amanda 30/06/2009 08:19

tout pareil !

Papillon 30/06/2009 21:53


Tu es la première àm'avoir donné envie de le lire : je t'en remercie


keisha 30/06/2009 07:59

Mais pourquoi tout le monde a-t-il mis la main dessus, sauf moi, snif, je veux le lire, j'aime trop gallmeister et sa collection nature writing!

Papillon 30/06/2009 21:52


Je dois dire que ce ne fut pas facile : j'ai fait 4 librairies avant de le trouver !!!