William Sutcliffe - Vacances indiennes

Publié le par Papillon

Il semble que les jeunes anglais prennent systématiquement une année sabbatique entre la fin de leurs études secondaires et le début de leurs études universitaires, année qu'ils occupent à voyager dans un de ces pays lointains qui furent pendant longtemps des pièces de l'empire britannique : Inde, Australie, Afrique australe. Le voyage est à l'adolescent anglais ce que le baccalauréat est à l'adolescent français : une épreuve initiatique qui permet d'accéder au statut de jeune adulte. Mais pour Dave, ces voyages ne présentent aucun attrait. Aussi hésite-t-il à sa lancer dans l'aventure, quitte à passer pour un couard aux yeux de ses camarades. S'il accepte finalement de partir pour trois mois en Inde, c'est uniquement pour les beaux yeux de Liz, qui est pourtant la fiancée de son meilleur ami. Et l'aventure ne va bien évidemment pas tarder à se transformer en cauchemar.

 

Ce roman très british est très drôle. L'auteur s'y moque de tous ces jeunes gens qui se prennent pour des aventuriers, alors qu’à aucun moment ils ne sortent de leur cercle de routards et n’approchent la réalité du pays dans lequel ils se trouvent. Leur snobisme n'a d'égal que la vacuité de leur esprit et leur absence de sens critique. Leur Lonely planet dans une main et un pétard dans l'autre, ils se laissent entraîner dans tous les pièges touristico-spirituels : de la visite d'une léproserie au séjour dans un ashram, en passant par le régime végétarien et la lecture du Baghavad Gita .

 

Dans cette histoire, Dave joue le rôle du Candide sincère. Il a le mérite de ne pas être dupe du tout : il voyage dans un pays où tout le terrifie : les gens, les maladies, la nourriture et il n'aspire qu'à une chose : rentrer chez lui et retrouver le confort douillet de sa petite vie bourgeoise..

 

Ce court roman sans prétention interrogera tous ceux qui (comme moi) aiment à partir au bout du monde. Que cherchons nous dans le voyage ? Et sommes nous toujours conscients que le voyage est devenu un bien de consommation comme un autre pour lequel nous éprouvons une envie compulsive ?

 

En tout cas, si vous cherchez un petit roman frais et sympathique à glisser dans votre valise pour lire au bord de la plage, ce livre est pour vous !

 
 
Trad. de l’anglais par Philippe Rouard.
10/18, 2003. – 311 p.
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