Un dieu un animal - Jérôme Ferrari

Publié le par Papillon


« Bien sûr, les choses tournent mal, pourtant, tu serais parti et, quand l’étreinte du monde serait devenue trop puissante, tu serais rentré chez toi. Mais ça ne s’est pas passé comme ça, car les choses tournent mal à leur manière mystérieuse et cruelle de choses et font se briser contre elles toutes les illusions de lucidité. »

Un jeune homme revient dans son village natal. Il arrive d'un pays en guerre où il s'est battu pour une cause qui lui était parfaitement indifférente. Longtemps il a cru que la guerre serait l'ultime remède au vide de la vie, il a vécu les combats, la violence et la haine et a vu mourir son meilleur ami. Il revient chez lui mais ce n'est plus chez lui. Le passé est mort, l'avenir n'existe pas. Par nostalgie de son enfance et du temps de l'innocence, il essaie de retrouver la jeune fille qu'il a aimé à l'adolescence. Mais elle n'existe plus, elle est devenue une femme engagée dans une autre forme de guerre en se consacrant corps et âme à son entreprise et à sa carrière.

« [Ils] fouilleront sans répit leur propre chair jusqu'à ce qu'ils en extirpent la dernière parcelle d'invidualisme pour la jeter sur la pierre du sacrifice. Ils ne sont déjà plus des individus, ils sont les organes provisoires d'un être supérieur. Magali ne l'oublie pas, et ils ne seront jamais rien d'autre, même s'ils essaient de s'échapper, car un organe coupé est un déchet, pas un individu. »

C'est un texte magnifique et dur, le roman d'une génération perdue, entièrement écrit à la deuxième personne, comme si l'auteur tenait à s'adresser personellement à chacun de ses lecteurs. C'est un bloc sans respiration et sans chapitres, jeté à la face d'un monde sans espoir, sans illusion et sans âme. 

« Si durement qu'on juge le monde, on n'en est jamais qu'une partie et il faut l'accepter car, hors du monde, il n'y a rien, nul repos, nulle bonté, nulle échappatoire, et on ne peut pas s'enfuir hors du monde. »

Il n'est pas possible de ne pas être touché par un tel texte, de ne pas se sentir concerné, et pourtant j'ai du mal à adhérer à une telle désespérance.

Les avis de Lily - Sylire - Yv - Cathulu - Fashion



Actes Sud, 2009. - 110 p.


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yueyin 12/06/2009 22:46

Très beau texte apparemment mais sans doute un peu trop noir pour moi :-)

yueyin 12/06/2009 22:45

Très beau texte apparemment mais sans doute un peu trop noir pour moi :-)

Theoma 31/05/2009 17:42

je passe mon tour pour celui-ci, ma LAL t'en remercie ;-)

Papillon 01/06/2009 09:07


Un très beau texte mais qui flanque le cafard !


Karine:) 30/05/2009 15:27

C'est particulier... les billets sont généralement positifs et je n'arrive pas à être vraiment tentée...

Papillon 30/05/2009 20:27


C'est de la belle littérature mais l'histoire est très dure.


Isa 26/05/2009 13:46

Ce livre ne m'a bcp plu. Seul, le personnage féminin m'a intéressée. On ne peut pas tout aimé !!!

Papillon 26/05/2009 20:20


je comprends que l'on aime pas : c'est vraiment noir et écrit sans aucune respiration, ça fait un roman spécial !


gambadou 25/05/2009 20:48

je trouve qu'il y a trop de livres plein de désespérance... je passe

Papillon 25/05/2009 22:56


Les romans sont les reflets de l'époque et l'époque n'est pas très gaie ces derniers temps...


Alex-Couassous 25/05/2009 19:20

Comme je te comprends... je passe.

Papillon 25/05/2009 22:54


Un beau livre, en même temps...


fashion 25/05/2009 08:06

Je suis d'accord, la sélection est très noire. Et que de romans autour de la guerre! Un peu plombant quand même, surtout que j'essaie de les enchaîner...

Papillon 25/05/2009 22:52


Moi aussi je les ai enchainés et là j'ai vraiment besoin d'un truc plus léger


kathel 24/05/2009 17:43

Vraiment trop dur, je pense ne pas le lire malgré tous les avis très élogieux...

Papillon 24/05/2009 21:00


Mais c'est très court et très bien écrit.


katell 24/05/2009 17:07

Roman lu mais pas encore chroniqué....noir très noir à en avoir des frissons!

Papillon 24/05/2009 20:58


J'ai hâte de lire ton avis.