Citation du jour :


« Les critiques de tout acabit aiment avoir l'impression de dominer l'œuvre d'art. Si elle les intrigue ou les intimide, il est plus que probable qu'ils la dénigreront. »  

Siri Hustvedt, Un monde flamboyant


Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 00:01

 

Je continue mon opération de recyclage de billets avec un auteur un peu plus connu que le précédent (mais guère plus facile à lire), puisqu'il a obtenu le Prix Nobel de littérature en 2003 : John Maxwell Coetzee, écrivain sud-africain, né en 1940, un auteur que j'ai découvert grâce au Club des rats, que Cuné évoquait il y a peu.

 

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Ce roman, dont le style est à couper le souffle, c'est Oedipe dans la brousse, l'histoire d'une tragédie presque ordinaire.

 

Dans une ferme perdue du veld sud-africain, au milieu de nulle part, vivent le maître, dur et renfrogné ; sa fille, aigrie et frustrée, enfermée dans sa solitude et sa virginité, qui remplit sa vie de fantasmes incestueux et de rêveries stériles ; et leur serviteur noir. Un jour celui-ci amène à la maison une très jeune épouse que le maître ne va pas tarder à séduire, entraînant un déchaînement de haine et de violence.

 

C'est dur, c'est noir et c'est aride comme la terre où ça se joue. Mais ça vous prend aux tripes comme un verre de cognac, ça vous remue l'âme et le coeur, et ça ne vous lâche plus. C'est la fille qui raconte dans un monologue halluciné. Chaque épisode a plusieurs versions à tel point que le lecteur finit par se demander ce qui est vrai et ce qui est faux. A-t-elle tout inventé pour meubler la vacuité et l'ennui de sa vie ? Peu importe, il est inutile de chercher à comprendre, il faut simplement se laisser emporter par ce style puissant, fou et poétique.

 

Un chef d'œuvre absolu.

 

Un extrait :

"J'ai choisi à chaque instant ma propre destinée, qui est de mourir ici, dans ce jardin pétrifié, derrière des barrières cadenassées, près des ossements de mon père, dans un espace qui vibre de l'écho d'hymnes que j'aurais pu écrire mais n'ai jamais écrits, parce que (pensais-je) c'était trop facile."

 

 

 

Traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Sophie Mayoux.

Le Serpent à plumes – 1999 – 223 pages.

 

 

 

(Billet publié pour la première fois sur ce blog le 29 juin 2006)

Par Papillon - Publié dans : Littérature anglo-saxonne - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
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