Au coeur de ce pays - J.M. Coetzee

Publié le par Papillon

 

Je continue mon opération de recyclage de billets avec un auteur un peu plus connu que le précédent (mais guère plus facile à lire), puisqu'il a obtenu le Prix Nobel de littérature en 2003 : John Maxwell Coetzee, écrivain sud-africain, né en 1940, un auteur que j'ai découvert grâce au Club des rats, que Cuné évoquait il y a peu.

 

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Ce roman, dont le style est à couper le souffle, c'est Oedipe dans la brousse, l'histoire d'une tragédie presque ordinaire.

 

Dans une ferme perdue du veld sud-africain, au milieu de nulle part, vivent le maître, dur et renfrogné ; sa fille, aigrie et frustrée, enfermée dans sa solitude et sa virginité, qui remplit sa vie de fantasmes incestueux et de rêveries stériles ; et leur serviteur noir. Un jour celui-ci amène à la maison une très jeune épouse que le maître ne va pas tarder à séduire, entraînant un déchaînement de haine et de violence.

 

C'est dur, c'est noir et c'est aride comme la terre où ça se joue. Mais ça vous prend aux tripes comme un verre de cognac, ça vous remue l'âme et le coeur, et ça ne vous lâche plus. C'est la fille qui raconte dans un monologue halluciné. Chaque épisode a plusieurs versions à tel point que le lecteur finit par se demander ce qui est vrai et ce qui est faux. A-t-elle tout inventé pour meubler la vacuité et l'ennui de sa vie ? Peu importe, il est inutile de chercher à comprendre, il faut simplement se laisser emporter par ce style puissant, fou et poétique.

 

Un chef d'œuvre absolu.

 

Un extrait :

"J'ai choisi à chaque instant ma propre destinée, qui est de mourir ici, dans ce jardin pétrifié, derrière des barrières cadenassées, près des ossements de mon père, dans un espace qui vibre de l'écho d'hymnes que j'aurais pu écrire mais n'ai jamais écrits, parce que (pensais-je) c'était trop facile."

 

 

 

Traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Sophie Mayoux.

Le Serpent à plumes – 1999 – 223 pages.

 

 

 

(Billet publié pour la première fois sur ce blog le 29 juin 2006)

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Joelle 30/11/2011


Je n'ai lu que Disgrace de cet auteur et le thème m'y fait un peu penser ! Je note car je suis sûre que c'est quand même différent ;)

kathel 30/11/2011


J'ai du mal à me laisser emporter par le style si je ne comprends pas tout ! Je ne suis pas sûre que j'aimerais...

Malice 01/12/2011


Un livre qui m'a beaucoup plus aussi comme toi 

Ikebukuro 03/12/2011


L'été de la vie du même auteur est dans ma PAL mais je ne connais pas encore cet écrivain. Ton billet donne vraiment envie car il me fait penser au livre de Karel Schoeman "Cette vie" qui se
passe dans le veld sud-africain et dont l'écriture et l'histoire m'avaient touché au coeur. J'avais fait un billet il y a quelques temps déjà.

Thierry Hazevoets 23/04/2012


Si l'on peut reconnaître sans peine une richesse évidente dans le langage et le style de Coetzee, il ne s'agit ici en aucun cas d'un chef d'oeuvre absolu. Les expression "à couper le souffle" et
"prend aux tripes" sont au demeurant, à mon humble avis, sans fondement et totalement inadaptées. Il s'agit d'une oeuvre aride, c'est le meilleur qualificatif que je retrouve dans le commentaire.
Elle n'est pas indispensable mais elle est fidèle à l'esprit et la lettre de l'auteur...