Richard Russo - Le déclin de l'empire Whiting

Publié le par Papillon

La petite ville d’Empire Falls, dans le Maine, a longtemps été une ville riche, sous la domination de la famille Whiting. Mais la crise économique passant par là, les usines ont fermé, les gens sont partis, et la petite ville vivote dans ses maisons lézardées. Mais la plus grande partie de la ville appartient toujours à la vieille Mrs Whiting, notamment l’Empire Grill, le restaurant tenu par Miles Roby. Le pauvre Miles traverse une période douloureuse : sa femme vient de le quitter, il se fait du souci pour sa fille adolescente et pour son avenir, d’une manière générale. Vingt ans plus tôt, il a abandonné ses études universitaires pour venir au chevet de sa mère malade et s’est retrouvé coincé dans une vie qu’il n’a pas choisi et qui lui pèse.

C’est un gros roman très agréable à lire même si le style de l’auteur m’a quelquefois paru un peu alambiqué. Il m’a fallu relire plusieurs fois certaines phrases pour en pénétrer le sens. Et j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs, de scènes excessivement détaillées. Mais Richard Russo a le mérite de nous montrer une autre version de l’Amérique, celle du chômage et de la pauvreté. Autour de Miles Roby gravite une jolie collection de personnages hauts en couleurs : son père, roublard, menteur, voleur ; la vieille dame riche et méchante ; son ex-belle-mère au franc parler. En revanche, tous les personnages secondaires m’ont paru un peu caricaturaux : le flic ripou, le futur mari de l’ex, la pauvre petite fille riche et estropiée. Et la fin m’a carrément déçue : trop rapide, presque bâclée, trop américaine. Une atroce tuerie dans le lycée fait office de catharsis et permet à tout le monde de retrouver sa place. Les méchants sont punis : la vieille dame se noie, le flic ripou perd son boulot et son fils, et un nouvel espoir de développement pour la ville apparaît presque miraculeusement…

Trad. de l’américain par Jean-Luc Piningre.

Quai Voltaire, 2002. – 522 p.

Commenter cet article

Papillon 29/06/2006 21:49

Merci du compliment...

Cuné 29/06/2006 07:23

Mais tu vois que tu fais très bien la différence toi aussi entre un jugement hâtif et une argumentation ;o))On a le droit de ne pas aimer, of course !! Ca ne veut pour autant pas dire que ceux qui aiment ont tort, et vice-versa.Bref.Joli commentaire, Madame. :-D