Voyage à motocyclette - Ernesto Che Guevara

Publié le par Papillon

Latinoamericana.

Au cours de mon séjour à Cuba, j’ai été vraiment surprise par la présence, à chaque coin de rue, du portrait de Che Guevara, élevé au rang d’icône de la révolution. Ce statut est dû autant à mon avis au rôle joué par Che Guevara dans la révolution cubaine qu’à sa mort brutale à l’âge de trente-neuf ans. En tout cas, il est vraiment difficile de se faire une image du personnage tant les avis divergent : héros romantique pour les uns, tueur sanguinaire pour les autres. C’est ce qui m’a donné envie de lire cette œuvre de jeunesse, récit d’un voyage à travers l’Amérique du Sud.

En 1951, Ernest Guevara est étudiant en médecine quand son ami et collègue Alberto Granado lui propose de l’accompagner dans une traversée à moto du continent latino-américain. But du voyage : les Etats-Unis. A l’époque Guevara n’est ni le Che, ni révolutionnaire. Le plus politisé des deux, c’est Alberto ; Ernesto, lui, se voit comme un aventurier, avide d’horizons nouveaux. Au début, l’épopée des deux compères ressemble beaucoup à l’équipée des pieds nickelés, riche en anecdotes cocasses et croustillantes. Mais la moto rend l’âme à Santiago du Chili et les deux hommes décident de continuer en utilisant les transports locaux. Ça va être le début de la vraie aventure, avec la rencontre du vrai peuple : indiens, mineurs, paysans. Loin des circuits touristiques, les deux amis visitent mines et léproseries et prennent conscience de la réalité politique du continent sud-américain.

La vrai bonne surprise de ce petit ouvrage, c’est de découvrir que Guevara a une vraie plume d’écrivain, et un sens aigu de l’autodérision. On rit à chaque page devant les trouvailles des deux amis pour trouver le gîte et le couvert : combines, troc et arnaques. Mais on découvre aussi la réalité de la vie en Amérique du Sud pendant les années cinquante. Pour Ernesto Guevara ce sera une révélation : le peule d’Amérique du Sud, quel que soit le pays où il habite, est pauvre et exploité. Et c’est dans les dernières pages qu’apparaît celui qui deviendra Che Guevara :

« Je savais maintenant… je savais qu’au moment où le grand esprit directeur porterait l’énorme coup qui diviserait l’humanité en à peine deux factions antagonistes, je serai du côté du peuple. Et je sais, car je le vois gravé dans la nuit, que moi, l’éclectique disséqueur de doctrines et le psychanalyste des dogmes, hurlant comme un possédé, je prendrai d’assaut les barricades ou les tranchées, je teindrai mon arme dans le sang et, fou furieux, j’égorgerai tous les vaincus qui tomberont entre mes mains. »


Les billets de : Nicolas - Vi


Traduit de l’espagnol (Argentine) par Martine Thomas.
Mille et une nuits, 2001. – 218 p.

 

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Turquoise 09/04/2009 23:39

Aaaah, ça à l'air bien plus intéressant que Barbara Constantine ! Et l'extrait que tu cites me plaît beaucoup ! Je note !

Brize 07/04/2009 13:30

J'ignorais l'existence de ce livre : merci pour ce billet !

Freude 06/04/2009 10:15

Voilà qui m'intéresse, j'ai vu il n'y a pas très longtemps l'adaptation cinématographique et j'ai été un peu déçue... Je n'arrive pas à faire coller l'image donné du Ché dans le film à une graine de révolutionnaire... Il faut que je découvre le livre pour voir ce qu'ilen est réellement ! Je note !