Ailleurs - Julia Leigh

Publié le par Papillon



Rentrée littéraire 2008


Dommage que l’éditeur n’ait pas conservé le titre original de ce court et lourd roman : Disquiet, qui rend parfaitement le sentiment d’inquiétude qui saisit le lecteur dès les première lignes.

Sur le bord d’une route de campagne, une femme, une valise à la main et un bras dans la plâtre, accompagnée de deux jeunes enfants, tente de pénétrer dans une vaste propriété entourée de hauts murs. C’est presque par effraction qu’Olivia revient dans la maison familiale après des années d’absence. Elle arrive d’Australie et fuit un mari jaloux. « Je suis assassinée » dit-elle à son frère qui vit son propre drame : sa femme vient d’accoucher d’une petite fille mort-née.
Dans un huis clos surréaliste, vont s’affronter une mère bien vivante qui se sent morte et une autre qui tente de maintenir en vie un bébé bien mort. Vie impossible, deuil impossible. Au milieu, deux enfants tentent de remettre le monde à l’endroit.

D’une écriture précise et visuelle, Julia Leigh dessine au scalpel un monde instable. A quoi se raccrocher quand tout bascule ? Alcool, adultère, folie, silence, fuite. Ca nous trouble, ça nous dérange et ça nous entraîne vers cet « ailleurs » promis et trouvé de l’autre côté de la douleur. Un très beau texte, sombre et lumineux, truffé de symboles à déchiffrer, qui résonne longtemps. Un grand écrivain à découvrir absolument.

Traduit de l’anglais (Australie) par Jean Guiloineau.
Editions Christian Bourgois, 2008. – 105 p.


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L
totalement d'accord avec toi!!!!! ;o)
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P

Une lecture vraiment prenante ! Et une plume à suivre.


C
Je viens de le lire et comme toi je l'ai trouvé envoutant :-)
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P

Une plume très suggestive !


L
Je ne connaissais pas ce titre, pourtant l'auteur me dit quelque chose. Voilà encore un livre de la rentrée qui me tente diablement !
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G
Avant de la rencontrer, je ne savais pas que l'amour était un chaos. Un mauvais sort. Une expérience de la solitude Une combinaison singulière de tourments, de drogues et de désirs qui dérègle l'esprit.jean paul Enthoven
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L
ça n 'a pas l'air bien gai, mais ça me plait bien, je l'ai noté !
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P

Ce n'est pas gai, mais pas triste non plus. L'auteur maintient une distance par rapport aux évènements, comme ds un conte.


M
Je l'avais repéré aussi !
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C
Pareil que ma copine Cathulu :-D
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C
Il est sur ma LAL, je souligne!
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