La pension Eva - Andrea Camilleri

Publié le par Papillon



undefinedLa troisième rencontre du Club des théières avait pour thème l’Italie et j’ai choisi de découvrir un auteur que je ne connaissais pas encore mais dont le dernier roman avait reçu un avis très favorable de Cathe.

 

Nous sommes dans un petit village de Sicile quelques années avant la Seconde Guerre mondiale. Le jeune narrateur, Néné (dix ans), est intrigué par ce bâtiment baptisé « Pension Eva » qui trône à deux pas du port. Alors de temps en temps il se permet de jeter un œil par la porte ouverte. Qui sont ces jolies jeunes femmes qui y résident ? Et pourquoi tant d’hommes leur rendent-ils visite ? Toutes ces questions trouveront un début de réponse lorsque Néné sera initié aux jeux érotiques par sa cousine Angela, dans le grenier de la maison. Plus tard encore, Néné devenu adolescent, découvrira les charmes du corps féminin dans la bibliothèque de son père, grâce à une édition illustrée de l’Orlando furioso de l’Arioste. Mais ce n’est qu’à l’âge de dix-sept ans qu’il parviendra enfin, grâce à un ami du collège, à pénétrer dans ce lieu de tous les fantasmes qu’est la Pension Eva. Car, vous l’aurez compris, la Pension Eva est un bordel. Alors que la guerre éclate et que le village est régulièrement bombardé, le jeune Néné passe ses soirées en compagnie des jolies pensionnaires de ce lieu secret, qui changent tous les quinze jours et qui ont beaucoup d’anecdotes croustillantes à raconter…

 

Ce court roman est un petit délice. A travers l’initiation érotique d’un jeune adolescent, c’est la vie quotidienne dans un lieu de plaisir que nous expose l’auteur, avec beaucoup de délicatesse et de poésie. D’un côté, il nous montre une société italienne pieuse et puritaine qui exclut toute idée de plaisir et de l’autre une micro-société fermée entièrement dédiée au plaisir. Les aventures des pensionnaires sont tantôt cocasses et tantôt tragiques, tantôt romantiques et tantôt burlesques, mêlant politique, histoire et religion. Le tout nous est raconté dans une langue qui mêle avec bonheur le patois sicilien à la poésie de l’Arioste, les douceurs de la vie érotique aux barbaries de la guerre.

 

L’auteur confie qu’il a écrit ce court roman comme une « gourmandise » de son vieil âge et c’est comme une gourmandise, à la fois sucrée et épicée, qu’il faut le déguster.


Traduit de l'italien (Sicile) par Serge Quadruppani.
Editions Métailié, 2007. - 133 p.


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sylvie 15/03/2008 17:13

je viens de le lire et je suis d'accord avectoi, une lecture vraiment plaisante!

yueyin 21/01/2008 12:52

Voilà qui est fort tentant, une gourmandise ça ne se refuse pas :-)

Papillon 21/01/2008 21:17

@ Gachucha, YueYin : un délicieux petit roman !

Gachucha 20/01/2008 17:24

Je l'ai noté chez Cathe, merci pour le rappel !

Essel 20/01/2008 10:55

Bonjour,J'ai moi-même aussi lu ce roman l'an passé : un rafraîchissement !

Papillon 21/01/2008 21:16

...avec tout le charme de l'Italie !

Florinette 15/01/2008 11:25

Comment résister à cette gourmandise, j'en prends note ! ;-)

Papillon 15/01/2008 21:52

Un très joli petit roman !

la nymphette 15/01/2008 10:33

Je me laisserais bien tenter... est-il sorti en poche?

Papillon 15/01/2008 21:51

Pas encore , hélas !Il est de 2007.

Cathe 15/01/2008 09:29

Tu as raison, c'est un délice ! Et je suis ravie que tu aies aimé ! (mais c'est presque obligé...)

Papillon 15/01/2008 21:50

tu as raison: je ne vois pas comment on pourrait ne pas aimer !

cathulu 15/01/2008 07:07

Si c'est une gourmandise,on ne peut que craquer !

Papillon 15/01/2008 21:50

A découvrir !