Le syndrome d'Ulysse - Santiago Gamboa

Publié le par Papillon


gamboa.jpgEsteban est venu à Paris pour étudier la littérature. Il vit dans une petite chambre de bonne, crève de faim et ses études l’ennuient. Heureusement Esteban fait beaucoup de rencontres, pour la plupart des immigrés comme lui, venus à Paris pour fuir la pauvreté ou la dictature. Tous mènent une vie de galère et trouvent leur seule consolation dans une vie sexuelle débridée.

C’est bien d’immigration dont il est question dans ce roman. La vie de bohême que mènent Esteban et ses amis n’a rien de romantique : c’est la misère noire, le manque d’argent, la solitude, la peur de se faire arrêter par la police. Tous ceux que croise Esteban, coréens, sénégalais, roumains, marocains, latino-américains, ont rêvé de la France comme d’une terre promise et découvrent la réalité cruelle d’un pays qui ne veut pas d’eux. Gamboa nous montre un Paris qui est bien loin de la carte postale touristique que l’on connaît : le Paris des chambres de bonnes, des ruelles glauques, des restaurants crasseux, une ville battue par les vents et noyée sous la pluie.

Mais il y a quand même beaucoup d’espoir dans cette histoire. Une immense solidarité unit tous ces damnés de la terre. Santiago Gamboa a une grande tendresse pour ses personnages et beaucoup d’humour, pour que même les situations les plus tragiques n’apparaissent jamais comme complètement désespérées. Son roman, au style très fluide, se dévore comme une sarabande érotique et littéraire car le lecteur s’attache à Esteban et le suit dans toutes ses errances dans cette ville inhumaine où les gens sont susceptibles de disparaître du jour au lendemain.


Merci à Cuné pour cette découverte !

Traduit de l’espagnol (Colombie) par Claude Bleton. – Métailié, 2007. – 359 p.

 

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S
J'avais adoré "Esteban le héros" et me réjouissais donc de le retrouver dans ce roman-ci...Mais, grosse déception, je n'ai pas du tout retrouvé le climat et l'esprit du premier livre. On dirait qu'Esteban a perdu son innocence et une grande part (pas toute heureusement) de son idéal
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P

Je n'ai pas lu Esteban le héros, mais du coup je vais le rajouter à ma liste !


E
J'ai lu ce roman à sa sortie. Tu en fais une excellente critique.
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P
J'ai raté ta critique ! Je vais eayer de rattraper ça ;-)
E
effectivement, l'image que tu en donnes est un peu glauque je trouve, même si ton enthousiasme se ressent bien! Ceci dit, je passe...
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P
Zut ! J'ai échoué dans ma tentative à vouloir faire mieux connaître gamboa ... Snif
L
La note que j'ai rédigé a été publiée hier sur mon blog... si ca te tente!c'était vraiment une belle lecture!
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P
Je vais aller voir ça !
L
A lire pê pour faire suite à "Comment peut-on être français?" sur l'intégration en terre d'asile...
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P
Je ne connais pas ce titre mais je le note.
S
Tiens une idée à feuilleter! Merci
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P
Un très bon roman à dévorer !
C
Celui-là je l'avais ramené à la maison mais en fait c'est mon mari qui l'a lu. Il a bien aimé et m'a dit que ça lui avait fait penser à Henry Miller.
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P
Gamboa est souvent comparé à henry Miller en effet, mais comme je n'ai pas lu Miller j'ai beaucoup pensé à John Fante.
C
(Psst Papillon je te l'envoie dans la semaine le Yalom, je vais grouper mes passages à la poste, ne t'impatiente pas ! :-D)
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P
Pas de problème : prends ton temps ;-)Et merci beaucoup !
C
On te pardonne, Cathulu, mais tu rates quand même un sacré bon roman ;o))Aaaaaah, Papillon, que je suis contente de lire ton bel avis !! Faut que je parle de Santiago Gamboa sur Cunéipage aussi, j'ai même envie de le relire.
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P
Un bon roman et un grans auteur ! Je vais essayer de trouver ses autres livres.
C
Malgré votre talent à toutes les deux, je passe ! :)
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P
J'espère que je n'ai pas doné l'impresion que c'était un roman noir parce que ce n'est pas le cas... Je pense qu'il y a une grande part d'autobiographie dans ce roman.