Carlitos qui êtes aux cieux – Fernando Vallejo

Publié le par Papillon

vallejo.gifFernando Vallejo, romancier colombien et homosexuel, né en 1942 à Medellin (la ville du quartel des drogues) est considéré comme le mauvais garçon de la littérature colombienne. Il a choqué la bourgeoisie catholique de Bogota en révélant son amour des jeunes garçons et sa haine du président Uribe. La plupart de ses romans, très autobiographiques, ont pour sujet l’homosexualité, la violence et la situation politique actuelle de la Colombie.
 
« Aujourd’hui, la Colombie n’est plus que ruines mendiantes que nous entretenons, nous qui en sommes partis. »
 
Dans Carlitos qui êtes aux cieux, Fernando Vallejo entreprend de raconter les mésaventures de son frère Carlos, grand utopiste, qui décide un jour de se présenter aux élections municipales de la petite ville de Tamesis. La campagne électorale tourne vite à la foire, avec promesses, menaces, pots-de-vin. Carlos réussit néanmoins à se faire élire en faisant voter « les bonnes sœurs, les putes et les morts ». Le voilà parti pour un mandat de trois ans qui ne sera pas une sinécure. Carlos est une sorte de roi baroque, qui fait ses discours en latin, se déplace sur un brancard porté par quatre beaux garçons et règne sur la ville avec son amant Memo. C’est pourtant un humaniste qui rêve de faire le bonheur de ses concitoyens en leur offrant des écoles et de leur apporter la richesse en construisant une centrale hydroélectrique. Hélas, il est sans cesse en butte aux obstructions de ses opposants, ne parvient pas à obliger ses administrés à payer leurs impôts et doit faire face à la violence et à la pauvreté du pays.
 
Entrer dans le monde de Fernando Vallejo, c’est mettre le pied dans la quatrième dimension, où l’on est emporté par un vent violent, tantôt brûlant et tantôt glacial. Son style est baroque et truculent, dans son langage cru et fougueux, il déverse en vrac sur son lecteur un tombereau d’émotions, d’images fortes, il déclame tout haut ce que personne n’ose penser tout bas. Au cours de ma lecture, je fus parfois au bord de la nausée… A travers les aventures tragiques et burlesques de Carlos, il nous dévoile une vision cauchemardesque de la Colombie, pays rongé par la violence et la corruption, en voie d’effondrement, gouverné par des politiciens véreux assoiffés de richesses et de pouvoir.
 
Vous dire si j’ai aimé, je ne sais pas trop, mais ça m’a retournée, c’est sûr !
 
 
 
Traduit de l’espagnol (Colombie) par Jean-Marie Saint-Lu.
Belfond, 2007. — 159 p.

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Hécate 16/01/2009 12:28

Bonjour, j'ai lu votre texte sur Fernando Vallejo; j'ai été fascinée par l''incandescence des deux romans de lui "La vierge des tueurs" et "Le feu secret" que je commente sur mon blog. J'espère vous donner le désir de poursuivre la découverte de cet écrivain qui ne ressemble à aucun autre, c'est mon humble avis bien évidemment. Je n'ai jamais pu oublier les deux romans que je cite malgré que cela remonte à quelques années maintenant, les relisant je retrouve intacte l'émotion d'alors. Merci de vous être exprimée sur cet auteur, c'est agréable de lire un autre avis que le sien et je vous félicite de cette volonté de partage que témoigne votre blog. Avec vous dans l'amour des livres.

Pierre 26/11/2007 23:16

Je découvre ce blog qui semble vraiment très riche

Papillon 27/11/2007 13:42

Merci Pierre ! Reviens quand tu veux :-)))

Joelle 13/11/2007 09:27

Ce ne doit pas être très facile à lire comme roman, vu l'histoire et l'ambiance !

In Cold Blog 30/10/2007 14:35

Je n'ai encore jamais oser lire cet auteur (qui est aussi, si je ne me trompe, l'auteur de La Vierge des tueurs, non?). Son univers glauque et désespéré m'a toujours un peu effrayé.

Papillon 30/10/2007 22:12

Fernando Vallejo est souvent comparé à Céline, et cette comparaison est assez juste. Dons, si vous aimez Céline, lancez vous dans l'aventure !@ICB : oui c'est lui l'auteur de La vierge des tueurs, mais je ne le décrirairai pas comme "glauque et désespéré". Il a une vision très pessimiste de la nature humaine en général et de ses compatriotes en particulier et son discours est à l'opposé du politiquement correct.

yueyin 28/10/2007 23:31

brrr à la limite ça fait quand même un peu peur...

Gambadou 28/10/2007 21:27

J'ai bien envi d'essayer...

lamousme 27/10/2007 23:25

j'ai déjà beaucoup entendu parlerde cet auteur mais je n'ai encore rien lu de lui...et là tu me tente!!! ;o)

BelleSahi 27/10/2007 18:03

Je passe aussi mon tour ! Bon week-end !

Florinette 27/10/2007 12:30

Pour l'instant je ne recherche pas ce genre de lecture, cela dit le sujet semble intéressant !!

Emeraude 27/10/2007 11:41

j'allais dire la même chose que Tamara!! D'ailleurs, ça me donne envie de le découvrir ce Fernando Vallejo...