Citation du jour :
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
« Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans
un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route.
Alors qu'il était lycéen à Kobé, Watanabé a fait l'expérience douloureuse de la mort avec le suicide son meilleur ami, Kizuki. Il a décidé de partir faire ses études à Tokyo pour tourner la page. Mais un jour, par hasard, il rencontre Naoko, la petite amie de Kizuki. Les deux gens vont prendre l'habitude de passer leurs dimanche ensemble et Watanabe ne va pas tarder à tomber amoureux de Naoko. Mais la jeune fille, qui n'a jamais vraiment surmonté la mort de son ami, est bientôt obligée de partir en maison de repos. En son absence, Watanabé fait la connaissance d'une étudiante fantasque, Midori, qui a, elle aussi, été confrontée à la mort. « Au fur et à mesure qu'on avançait dans la saison, je sentais mon coeur trembler et osciller de plus en plus. Ce tremblement venait en général vers le soir. Dans la pénombre où flottait légèrement le parfum des magnolias, mon coeur se gonflait sans raison et se mettait à trembler, à s'ébranler avant d'être atteint par la douleur. Dans ces moments-là, je fermais les yeux, immobile, les dents serrés. Et j'attendais que ça se calme. Cela durait longtemps avant de passer, laissant persister une violente douleur. »
Décidément, les auteurs japonais m’étonneront toujours ! Non seulement, il règne dans leurs romans une atmosphère très
particulière, mais ils ont le don d’inventer des histoires vraiment originales. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Le personnage
principal en est un professeur de mathématiques, qui a une passion pour les nombres premiers. Mais ce professeur souffre d’une curieuse maladie.
Suite à un accident de voiture survenu bien des années plus tôt, sa mémoire ne dure que 80 minutes. Pour se souvenir des choses essentielles, il accroche à sa veste des petits morceaux de papier.
Arrive chez lui une nouvelle aide-ménagère. Chaque matin, elle est obligée de se présenter à nouveau au professeur. Pourtant, elle va parvenir à l’apprivoiser et à partager son intérêt pour les
chiffres. Puis elle lui présentera son fils de dix ans. Le vieil homme et l’enfant vont se trouver une passion commune : le base-ball et l’équipe des Tigers.
Une très belle histoire, très émouvante. J’ai eu bien souvent les larmes aux yeux, tellement ce vieux professeur est attachant. Pour lui, les chiffres ne sont pas des entités abstraites, mais de véritables amis qui l’ont accompagné toute sa vie. Mais ils n’ont pas fait de lui un être déshumanisé, bien au contraire ! Il aime expliquer les mathématiques et c’est grâce aux mathématiques qu’il va créer un lien avec cette jeune femme et son fils. Et puis, on apprend plein de choses sur les nombres : pourquoi 28 est un nombre parfait, comment 220 et 284 sont des nombres amis, ce que sont les nombres triangulaires. Si vous ignorez combien il y a de poésie et de mystère dans les mathématiques, lisez ce livre pour vous en convaincre !
« Faire ainsi irruption alors que je suis dans une relation d’amour avec les chiffres est aussi inconvenant que si vous me surpreniez aux toilettes, savez-vous ? » (p. 23)
Trad. du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle.
Actes Sud, 2005. – 247 p.
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