Le gardien des choses perdues - Ruth Hogan

Publié le par Papillon

"Ce que les livres avaient de merveilleux, c'est que c'étaient des films qui se jouaient dans nos têtes."
 

Ce jour-là Anthony Peardew attendit sa fiancée en vain. A quelques rues de là, elle venait de succomber à une rupture d'anévrisme. Le même jour, il découvre qu'il a perdu le médaillon qu'elle lui avait offert en gage d'amour, une perte qui alourdit le deuil. Dès ce moment Anthony suspend sa vie et commence à collectionner tous les objets perdus qui croisent sa route, et ils sont nombreux. Il les étiquette soigneusement et les stocke sur les étagères de son bureau. Et comme il est écrivain, il invente des histoires qui imaginent comment et pourquoi ces objets se sont égarés. Après sa mort, sa fidèle assistante Laura découvre qu'elle a hérité de la maison (la bien nommée Padua) et de tout ce qu'elle contient, un legs bienvenu pour cette jeune femme un peu perdue, mais qui s'accompagne d'une mission : retrouver les propriétaires de tous ces objets. La tâche paraît herculéenne à Laura, d'autant qu'il lui faut également gérer un jardinier bougon, un fantôme encombrant et une voisine autiste. En parallèle, nous suivons le destin de la jeune Eunice, celle qui trouva le fameux médaillon perdu et en fit son porte-bonheur puisque sa trouvaille marqua le jour où elle décrocha le boulot de ses rêves : assistante chez un éditeur.
 
"Dans ce monde, Daisy, nous sommes minuscules. Nous ne pouvons pas toujours gagner et nous ne pouvons pas être toujours heureux. Mais la chose que nous pouvons toujours faire, c'est essayer."
 
Si l'idée de départ était plutôt sympathique et originale, le récit s'en écarte assez vite pour se concentrer sur des éléments beaucoup plus banals, comme la vie dévastée de Laura, et son désir de tourner la page. Le récit est entrecoupé des histoires qui racontent les vies des objets trouvés, parfois grinçantes, parfois tendres et parfois loufoques. On eut aimé que l'auteure creuse un peu plus cette veine, au lieu de nous perdre dans les déboires sentimentaux de Laura (d'une triste banalité). Bien sûr, il est charmant de la voir se construire une nouvelle famille, avec le jardinier pas si bougon (depuis Lady Chatterley, les Anglaises n'en finissent plus de fantasmer sur les jardiniers), et la gentille voisine aux dons de double vue. Mais, malgré un doigt de fantastique et une pincée de romantisme, le résultat est un gentil feelgood novel, dont je n'ai pas très bien saisi où l'auteure voulait en venir. Tout cela est très charmant, mais très convenu et bourré de bons sentiments.
 
C'est Brize qui m'a donné envie - et elle est plus enthousiaste que moi.
 
Traduit de l'anglais par Christine Leboeuf.
Actes Sud, 2017. - 352 p.

 

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Commenter cet article

Luocine 15/04/2017 20:23

je viens de rédiger mon billet sur ce roman et je suis entièrement d'accord avec tes réserves : un bonbon anglais trop sucré , voilà ce que j'ai éprouvé!

Papillon 15/04/2017 20:43

"un bonbon anglais trop sucré" : très bon résumé !

Aifelle 15/04/2017 13:43

Voilà qui tempère sérieusement l'avis de Brize. On verra ...

Papillon 15/04/2017 17:43

Sauf si tu as vraiment envie d'un truc gentillet.

Delphine-Olympe 15/04/2017 09:35

Ma pal te remercie, pas de nouvelle envie de lecture en vue ;-)

Papillon 15/04/2017 17:42

Celui-ci, tu peux en effet le zapper !

Sandrine 15/04/2017 07:35

Effectivement, l'idée de départ et très bonne, on imagine des bribes de vie liées aux objets, ce qui lient les propriétaires entre eux peut-être... Et la couverture est encore une fois chez Actes Sud superbe

Papillon 15/04/2017 17:42

Oui la couverure est magnifique et le roman pas vraiment à la hauteur, à mon avis.