Citation du jour :


« En allant vers l'inconnu, on limitait les chances de se tromper de route. » 

 

Guillaume Siaudeau, Tartes aux pommes et fin du monde. 


Littérature latino-américaine

Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /Fév /2007 00:00

Depuis qu’il a quitté la police, dix ans plus tôt, Mario Conde achète et vend des livres anciens. En effet, asphyxiés par le crise économique, les cubains meurent de faim et sont prêts à vendre leurs biens les plus chers (meubles, porcelaines, œuvres d’art) contre quelques dollars. C’est comme ça qu’une grande partie du patrimoine cubain quitte le pays. Mais les affaires sont difficiles : plus grand chose à acheter dans ce pays. Pourtant, un jour, le Conde se trouve nez à nez avec une bibliothèque comme en rêvent tous les bibliophiles, une bibliothèque qui dort depuis quarante-trois ans et qui contient tous les trésors de la bibliographie cubaine. Pour le Conde, c’est la richesse assurée. Mais, entre les pages de l’un de ces précieux livres, il trouve une coupure de journal avec la photo d’une très belle femme, chanteuse, qui annonce la fin de sa carrière. Hypnotisé par cette femme, l’ancien policier s’interroge : qui est-elle, pourquoi a-t-elle mis fin si brusquement à sa carrière ? quel rapport avec cette merveilleuse bibliothèque ? Mario Conde commence son enquête.

Si vous rêvez de découvrir Cuba, ses plages, sa musique, ses cigares et son rhum, ne lisez pas ce livre : vous seriez déçus ! Car c’est l’envers du décor que dévoile Leonardo Padura dans ce roman mélancolique et empreint de nostalgie. A travers le destin de Violetta del Rio, chanteuse de boléro à la voix troublante, il fait revivre une époque où Cuba chantait, dansait, insouciante et sensuelle. Dès lors, il ne cesse d’opposer le passé, riche d’espérance, au présent désespéré. La belle Violetta est morte, enterrée et oubliée : tous ceux qui l’ont connus ne sont que des cadavres ambulants, ridés, desséchés, amers, attendant la mort. Ainsi est devenue Cuba : une île en pleine déliquescence où l’on se bat pour survivre. D’un côté, les quinquagénaires comme Mario Condé qui ont cru à la révolution, à la promesse d’un monde nouveau, qui n’arrivent pas à digérer la ruine de leurs rêves et qui noient leur désillusion dans le rhum ; de l’autre, les jeunes qui ne croient en rien d’autre qu’au dieu dollar et sont prêts à tout pour obtenir les précieux billets verts.

Un très beau roman, amer, mais non dénué d’espoir : dans l’amitié et dans les livres, on trouve toujours son bonheur.


Traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas.
Editions Métalié, 2006. – 348 p.

Par Papillon - Publié dans : Littérature latino-américaine - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 24 juillet 2006 1 24 /07 /Juil /2006 00:00

Une jeune femme part à la recherche de sa mère. Elevée à Miami par son grand-père, réfugié cubain, elle ignore tout de ses parents et ne peut obtenir un mot de son grand-père. Plusieurs voyages à Cuba ne l’aident pas davantage à résoudre le mystère de sa naissance. Pourtant, un jour elle reçoit un paquet anonyme contenant des lettres et des photos. A travers ces mots, elle découvre l’histoire de Teresa, sa mère, jeune bourgeoise cubaine, peintre dont le vie bascule le jour où un inconnu du nom d’Ernesto Guevara entre dans son salon.

Il y a presque deux histoires dans ce roman. L’histoire d’amour de Teresa, écrite comme un série de tableaux colorés et animés qui font revivre La Havane des années 50, chaude, sensuelle et bruyante. C’est un long poème érotique, sensuel, passionné adressé au Che, dont les photos parsèment le texte. Et il y a l’histoire de la fille de Teresa qui retourne à Cuba trente ou quarante ans plus tard et qui ne trouve qu’une ville desséchée et en ruine, où règnent la misère, l’ennui et l’envie. Cette seconde partie m’a moins touchée. La jeune femme erre d’une rue à l’autre, cherchant un souvenir de sa mère et faisant des rencontres étranges. Et je me suis demandée où l’auteur voulait en venir. Et j’ai fini par comprendre que ces deux histoires ne sont que les deux aspects d’une métaphore : l’amour passionné que Cuba a voué à la Révolution et à son héros perdu, qui s’est soldé par une vaste traîtrise et a transformé l’île sensuelle en une vieille maîtresse condamnée à attendre derrière des persiennes poussiéreuses un amant qui l’a fait rêver mais ne reviendra plus…


Traduit de l'américain par Pierre Guglielmina.
Flammarion, 2004 – 245 p.
Par Papillon - Publié dans : Littérature latino-américaine - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /Juil /2006 06:49
Encore un roman qui parle de livres, de lecteurs et de bibliothèques...

Une jeune femme, professeur de littérature sud-américaine est écrasée par une voiture, alors qu‘elle est en train de lire un livre d’Emilie Dickinson. Le lendemain, parvient à son bureau un roman de Joseph Conrad pétrifié dans une gangue de ciment, en provenance d’Uruguay. Le collègue de la jeune femme, qui la remplace à son poste et qui est lui-même d’origine argentine, décide de traverser l’Atlantique pour trouver la clé de l’énigme.
 
 
 
J’ai un avis mitigé sur ce roman. Les livres sont au cœur de l’histoire et l’auteur écrit des pages magnifiques sur les bibliothèques, les bibliophiles, les lecteurs et l’acte de lire. Mais je n’aime pas l’idée sous-jacente que les livres sont dangereux, même exprimée de façon facétieuse : c’est une idée qui a fait les beaux jours de toutes les dictatures, notamment de la dictature argentine, comme l’auteur lui-même nous le rappelle. Donc, je n’aime pas la fin et le destin de ce malheureux lecteur compulsif que les livres ont rendu fou et qui saccage la bibliothèque qu’il a mis des années à constituer… Par ailleurs, le lecteur se rend compte à la fin de l’histoire que la clé de l’énigme se trouvait en fait dans l’ordinateur de la jeune femme disparue, ce qui est un peu décevant… 
 

Trad. de l'espagnol (Argentine) par Geneviève Leibrich.
Seuil, 2004. - 112 p.
 
Par Papillon - Publié dans : Littérature latino-américaine - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

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